Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 21:41

estiennesNé le 5 juin 1901 à Verrières-le-Buisson (Essonne), après des études à Saint-Louis de Gonzague et Louis-le-Grand, il prépare le concours d'entrée à l'Ecole Polytechnique qu'il réussit en 1921. Sorti de Polytechnique en 1923, il intègre l'Ecole navale.

Enseigne de vaisseau de 2e classe en octobre 1923, il embarque comme élève sur la Jeanne d'Arc, est ensuite affecté au cuirassé Provence puis à différents bâtiments de la Royale.

Lieutenant de vaisseau en 1930, chevalier de la Légion d'Honneur en 1935, il entre à l'Ecole de Guerre navale pour un an en décembre 1936.

A la déclaration de guerre en 1939, Honoré d'Estiennes d'Orves sert à bord du Jaguar comme sous-chef d'Etat-major de la 2e Flotille de torpilleurs en Méditerranée. En décembre 1939, il est officier d'ordonnance à bord du Duquesne, dans la Force "X" de l'Amiral Godfroy.

L'Armistice de juin 1940 le surprend à Alexandrie. Ne pouvant se faire à l'idée que sa patrie vaincue accepte la défaite, il constitue un groupe de marins et d'officiers déterminés comme lui à continuer la lutte, prend le nom de "Chateauvieux" (du nom de l'une de ses aïeules) et entre en contact avec les autorités de la France Libre.

Il quitte Aden avec son groupe et après un voyage de deux mois autour de l'Afrique, rejoint le Général de Gaulle à Londres le 27 septembre 1940.

Sur place, il rencontre l'amiral Muselier mais ne trouve pas d'emploi convenant à l'activité dont il déborde. Capitaine de corvette le 1er octobre 1940, le poste de chef du 2e Bureau de l'Etat-major des Forces Navales Françaises Libres (FNFL) lui est offert; il accepte et remplace le commandant Passy à la tête du SR de la France Libre, mais ne tarde pas à solliciter la faveur de passer en France pour y organiser un réseau de renseignements.

Ayant convaincu le Général de Gaulle de monter une liaison avec la France et de développer et coordonner le réseau embryonnaire qui a pour nom de code "Nemrod" (née sur l'initiative de Jan Doornik et Maurice Barlierdès), il est affecté dans ce but à l'Amirauté britannique à partir du 15 décembre 1940.

Il embarque à Newlyn le 21 décembre 1940, sous le pseudonyme de "Jean-Pierre Girard", avec un radio télégraphiste, Georges Marty, sur un bateau de pêche, la Marie-Louise, à destination de Plogoff. Installé chez les Clément, à Chantenay-sur-Loire près de Nantes, parfaitement aidé dans ses déplacements par Maurice Barlier, il rayonne à travers toute la Bretagne et ne tarde pas à mettre sur pied l'organisation précise du réseau. Il transmet des renseignements capitaux sur les défenses côtières allemandes en construction, les sous-marins, les aérodromes et les dépôts d'essence de la région nantaise.

afficheDu 6 au 19 janvier 1941, il se rend à Paris pour organiser un second réseau, rencontre Jan Doornik et de nombreuses personnalités. De retour à Nantes le 20 janvier, il se réinstalle chez les Clément. Ceux-ci ont mis leur maison à son entière disposition et lui font part de leur inquiétude au sujet du comportement suspect de Marty. Honoré d'Estiennes d'Orves décide alors de renvoyer son radio à l'occasion du prochain voyage à Londres. Il est déjà trop tard. Le 22, les Allemands envahissent la ferme. Après avoir résisté, d'Estienne d'Orves, le visage en sang, est menotté et conduit avec ses compagnons à Angers.

La trahison de Marty permet aux Allemands d'arrêter également Barlier, Doornik et l'ensemble du réseau, au total 26 personnes. Le 24 janvier, les inculpés sont dirigés sur Berlin puis ramenés à Paris, à la prison du Cherche-Midi. D'estienne d'Orves, mis au cachot, est soumis à un régime particulièrement rigoureux. Son moral ne s'en ressent pas. Il trouve même le moyen de galvaniser l'énergie de ses compagnons.

Le procès commence le 13 mai. Prenant sur lui toute la responsabilité, il défend ses co-inculpés. Le 23, la Cour martiale rend son jugement. Le capitaine de frégate d'Estiennes d'Orves et huit de ses camarades sont condamnés à mort et transférés à Fresnes.

Le conseiller juridique allemand Keyser prend sur lui d'aller à Berlin demander la grâce des condamnés. Vaine démarche. Le 28 août au soir arrive l'ordre de passer par les armes, dès le lendemain, les trois principaux responsables: d'Estienne d'Orves, Barlier et Doornik, les six autres bénéficiant de remises de peines.

L'exécution a lieu le lendemain, 29 août 1941 à l'aube, au Mont-Valérien. Honoré d'Estiennes d'Orves a été inhumé après la guerre à Verrières-le-Buisson.

 

Source: Ordre de la Libération.

 

Par François Gervais - Publié dans : Biogaphies - Communauté : Passion Histoire
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Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 11:01

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En début d'année 1961, se déroule l'une des embuscades les plus terribles de la guerre d'Algérie. Dans la vallée du Haut Chéliff, à proximité du barrage du Ghrib, un convoi humanitaire de l'Equipe médico-sociale itinérante et son escorte sont attaqués par des rebelles. L'embuscade fait sept morts parmi lesquels quatre jeunes femmes dont le nom figure aujourd'hui sur le Mémorial du Quai Branly à Paris.

Pour parfaire la mission de pacification et de promotion de l'Algérie, une équipe composée de personnels féminin de l'Armée de Terre (PFAT) est mise sur pieds en 1957. Elle est chargée de prendre contact dans les "douar" avec la population féminine musulmane. Cette équipe pilote, en liaison avec les services de santé des Armées, a participé aux séances d'assistance médicale gratuite et d'hygiène (AMG). Face au succès rencontré, l'état-major décida de développer l'expérience dans les différentes zones de l'Algérie. De jeunes musulmanes (Harkettes) y ont été intégrées et servaient notamment d'interprètes.

Le 19 janvier 1961 a connu l'une des plus tragiques embuscades de la guerre d'Algérie. L'attaque se tient à 35 km d'Affreville (à proximité du barrage du Ghrib), dans la vallée du Haut Chéliff. Quatre jeunes femmes de l'Equipe médico-sociale itinérante (EMSI) s'étaient rendues, dans le cadre de l'assistance médicale gratuite, prodiguer des soins auprès des populations regroupées en deux villages à la cote 749, protégés par une unité du 28e Régiment de Dragons.

sasDes anciennes des EMSI reviennent aujourd'hui sur cet épisode. << La SAS (Section Administrative Spécialisée) avait, comme à l'habitude, mis un véhicule "Dodge" à la disposition de quatre jeunes femmes avec, en plus du chauffeur, quatre hommes armés pour les protéger >>. Par ailleurs, l'aumonier militaire Paul-Joseph Seïté, accompagné de son chauffeur et d'un dragon de protection, s'était rendu auprès du détachement en poste à la cote 749. Il se joint au convoi du retour à bord de sa 2 CV personnelle, profitant ainsi de l'escorte des EMSI. Le convoi s'échelonne alors sur 1,5 km.

<< A l'approche du poste de Djellida, vers 17 h, un groupe d'une quinzaine de rebelles attendait le convoi sur le bord de la route. La première rafale blessa le chauffeur du "Dodge", tua la jeune femme qui se trouvait à côté de lui et deux Moghaznis. L'assaut du convoi s'ensuivit et tout alla très vite malgré la riposte de deux supplétifs >>.

Les rebelles, qui ne s'attendent pas à l'arrivée des derniers véhicules du convoi, prennent la fuite laissant derrière eux sept morts. Le père Paul-Joseph Seïté, d'origine bretonne, en Algérie depuis trois ans, est retrouvé le corps lardé de coups de couteaux dont l'un planté dans la gorge. Au sein de l'Equipe médico-sociale itinérante: Christiane Guenon, arrivée de Gironde depuiq quelques mois, est tuée. Les trois autres jeines femmes originaires de la région, Kheira-Djémila Madani, M'Barka Kedassa du Ghrib, et Saadia Chemla d'Aïn Sultan, ont été achevées à coup de mitraillettes. Deux Moghaznis de la Section administrative spécialisée, Tahar Chaouche et Ahmed Taffret, périssent également dans l'affrontement.

Il y eut cinq rescapés: le chauffeur du "Dodge" des EMSI, celui de la 2 CV du père Seïté, son Dragon accompagnateur blessé et deux Moghaznis. << Ce carnage, témoignage des risques alors encourus, nous rappelle le courage et l'abnégation des EMSI, mais aussi le cauchemar vécu par les rescapés tout au long de leur vie >>, insiste Aline, ancienne des EMSI.

Aujourd'hui, les noms des quatre jeunes femmes sont inscrits au Mémorial du Quai Branly, ainsi que celui de Germaine Kinzler, PFAT (Personnel féminin de l'Armée de Terre) ayant servi en Indochine puis volontaire pour intégrer les EMSI en Algérie en 1961. Elle a été enlevée avec son chauffeur dans le secteur de Boghari en février 1962 puis tuée par le FLN.

Il y eut bien d'autres victimes parmi les EMSI... Cinq dossiers sont actuellement en attente pour figurer sur ce mémorial.

 

A. M.

LVC / n° 1764 / 04-11

 

Nous vous recommandons la visite du site "Miages-Djebels" qui relate d'une manière plus approfondie, le rôle des EMSI pendant la guerre d'Algérie.

Par François Gervais - Publié dans : Mémoire - Communauté : Passion Histoire
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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 21:41

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Près de 300 soldats blessés en service pour la seule année 2010 et pour la seule Armée de Terre... L'aide aux militaires blessés a heureusement évolué depuis les grands conflits qui ont marqué le début du XXe siècle. Il n'en demeure pas moins que la solidarité envers ceux qui s'engagent pour servir leur pays est un devoir qui doit s'exercer au-delà des frontières de l'institution. Dans l'intérêt du monde combattant, toutes générations confondues. 

 

logo armee terre 5710On en parle peu, voire pas du tout... Et pourtant. Pour la seule années 2010, et pour la seule armée de Terre (dont les effectifs représentent 86% des hommes et femmes déployés en missions extérieures), 21 soldats sont morts en opérations, 282 autres ont été blessés en service.

Des blessés vis-à-vis desquels << l'absence d'entraide est immorale. Nous avons un devoir de solidarité, a récemment rappelé le général Elrick Irastorza, chef d'état-major de l'armée de Terre. Ma hantise est de croiser, un jour, dans le métro, un type en train de faire la manche et qui me dise: "J'ai été blessé au combat quand j'étais soldat" >>

Pour soutenir les blessés, mais également leur famille, ainsi que les familles des soldats morts en service, l'institution a déployé un dispositif d'entraide et de solidarité qui se met en place... dès les premières minutes.

Depuis plusieurs années, le service de santé des armées a en effet fortement développé la médicalisation de l'avant, l'idée étant de sauver des vies en intégrant cette problématique dès la préparation tactique des opérations. Concrètement, les militaires du service de santé des armées (auxiliaires sanitaires) sont déployés au sein des unités combattantes sur le théâtre d'opération.

blessés1Par ailleurs, tous les soldats projetés reçoivent aujourd'hui un enseignement sur le sauvetage de combat de premier niveau qui leur permet de secourir des camarades immédiatement après la blessure.

Des efforts ont également été portés sur la chirurgicalisation de l'avant, afin de permettre, notamment, le traitement des hémorragies, la stabilisation des fracture et la prévention des infections au sein d'antennes chirurgicales dites "de théâtre".

Aujourd'hui, la chaîne de soutien opérationnel permet au service de santé des armées de médicaliser très rapidement un blessé et de l'évacuer vers la France en 24h en moyenne. Les blessés sont ensuite pris en charge au sein des hôpitaux d'instruction militaire répartis sur le territoire national.

Mais la problématique purement sanitaire n'est pas le seul aspect à envisager, comme l'explique le lieutenant-colonel Thierry Maloux, chef de la CABAT (Cellule d'aide aux blessés de l'armée de Terre): << Le durcissement des opérations ne fait aucun doute, et la prise en charge du blessé et de son environnement familial revêt une importance toute particulière. La blessure, qu'elle soit physique ou celle du coeur pour les familles de décédés, engendre une prise en charge immédiate par le commandement militaire, les partenaires médicaux et sociaux, et les différentes associations d'entraide >>.

blessés2Véritable "tour de contrôle" du dispositif de soutien aux blessés en opérations, la CABAT a vu en 2010 son effectif doubler. Sa mission s'est renforcée du suivi des familles des soldats tués en opérations.

La CABAT assure le soutien des soldats blessés et des familles des soldats décédés dans quatre domaines (juridique, action sociale, réinsertion et ressources humaines). Elle coordonne la mise en oeuvre des différents niveaux de l'accompagnement, qu'il s'agisse de l'intervention du service de santé des armées, du régiment d'affectation du soldat blessé, ou du service social des armées.

C'est grâce à ces différents acteurs que la CABAT assure ainsi le soutien des soldats blessés sur le court, moyen et long terme. Car les blessures les plus vives se réveillent parfois bien longtemps après le choc: << Nous avons aussi des soldats victimes d'importants syndromes post-traumatiques, qui appellent parfois des années après avoir été blessés >>, confirme le médecin en chef Humbert Boisseaux, chef de service psychiatrique à l'hôpital du Val-de-Grâce.

Pour mener à bien son action, la CABAT, clef de voûte institutionnelle du système, peut compter sur la fraternité qui anime le milieu et qui a donné naissance à des associations "satellite" dont l'action est irremplaçable au sein de ce dispositif de la solidarité.

 

Béatrice Gendron

LVC / n° 1765 / 05-11

Par François Gervais - Publié dans : Divers - Communauté : Passion Histoire
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Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 07:32

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A Dagneux, paisible bourgade de la Dombes (Ain), la haine des Allemands persistait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La réconciliation était impensable, en particulier en raison du massacre de 21 jeunes français par les soldats allemands.

Or, en 1952, les autorités françaises aménagèrent, à environ 2 km au sud de Montluel et Dagneux, un cimetière militaire allemand qui, à partir de 1958, fut élargi et aménagé dans sa forme actuelle par le service pour l'entretien des sépultures militaires allemandes (SESMA).

Ce site fut choisi à cause de l'existence au même endroit, d'un camp de prisonniers allemands à la fin de la guerre. Le cimetière couvre environ 4,5 hectares et fut aménagé dans le cadre de la convention franco-allemande de 1954 relative aux sépultures militaires.

Il fut convenu de regrouper les morts allemands inhumés dans de nombreux lieux, principalement dans le Sud de la France. Ainsi, 19913 morts ont trouvé leur dernier repos dans le cimetière de Dagneux. Ces soldats sont pour la plupart les victimes des batailles qui eurent lieu en France méridionale après que les troupes alliées eurent débarqué le 15 août 1944 sur la côte d'Azur (Opération "Dragon").

Malgré la proximité du cimetière, les 4 000 habitants de Dagneux l'avaient toujours quasiment ignoré volontairement. C'est dans ce contexte qu'un groupe venu de Magdeburg, dans l'Est de l'Allemagne, arrive au village en juillet 1999. Ils sont une vingtaine, âgés de 17 à 23 ans, envoyés par une association oeuvrant pour la paix et la réconciliation.

Pendant leur séjour, ils partagent le temps à part égale entre l'entretien des sépultures et des visites de la région. L'objectif fixé par l'association qui les envoie est clair: construire la paix par-delà les tombes. Depuis 1999, ils reviennent chaque été!

 

Source: site internet de la Dombes et la revue "Le Jour du Seigneur" n° 152

Par François Gervais - Publié dans : Petite chronique de l'Histoire - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 08:10

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Conquérir la Russie d'Europe, jusqu'à l'Oural et la Mer Caspienne... Pour Hitler en quête d'espace vital, l'enjeu est double: idéologique d'une part, mais surtout économique. Occuper la Russie, c'est assurer la survie à long terme du Reich, tant par l'exploitation des ressources (pétrole et minerai) que celles des hommes.

L'offensive "Barbarossa" est lancée le 22 juin 1941.

 

barberousse

Dès la fin de l'année 1940, l'état-major allemand prépare l'opération "Barbarossa". Après la chute de la France, l'Empire britannique résiste de façon inattendue. Dans le même temps, Staline a profité du pacte de non-agression germano-soviétique pour avancer ses pions en Europe. Dans ce contexte, le Führer souhaite lancer une grande offensive décisive afin de conjurer le spectre d'une guerre sur deux fronts, en privant Londres de son dernier allié potentiel sur le continent.

Hitler dispose alors du soutien de la Finlande, de la Hongrie, de la Roumanie et la Slovaquie. L'opération, qui doit être terminée avant l'hiver 1941-1942, commence avec cinq semaines de retard sur les prévisions de l'état-major, à cause de l'invasion de la Grèce et de la Yougoslavie.

"Barbarossa" est déclenchée le 22 juin 1941 sur quatre fronts. Plus de 5,5 millions de soldats sont répartis dans les quatre corps d'armées que rien ne semble pouvoir arrêter.

Sur la frontière finno-soviétique, le maréchal finlandais Mannerheim commande un groupe d'armée de 21 divisions soutenu par la 4e flotte aérienne allemande et l'aviation finlandaise. Le groupe d'armée du nord, dirigé par le maréchal von Leeb, compte 26 divisions dont huit blindées et est appuyée par la 1ere flotte aérienne forte d'un millier d'appareils. Von Leeb s'empare des Pays Baltes et du nord-ouest de l'URSS et, dès la mi-septembre 1941, arrive à Leningrad. Le groupe d'armée du sud, commandé par le maréchal von Rundstedt (59 divisions, dont 18 roumaines et hongroises, et 14 blindées), remporte une grande bataille d'encerclement, s'empare de Kiev le 19 septembre, et envahit la région industrielle du Donetz.

barberousse2Le groupe d'armée du centre est le plus important. Commandé par le maréchal von Bock, il comporte 51 divisions dont 26 blindées et motorisées, et est appuyé par la 2e flotte aérienne (1 670 appareils). Il est chargé de mener l'assaut principal en Biélorussie, en direction de Minsk, Smolensk et Moscou. Il parvient dans la banlieue de Moscou à la mi-octobre.

Epuisée par son effort, gênée par l'extension démesurée de ses lignes de ravitaillement (le front s'étend sur plus de 3 000 km de la Baltique à l'Ukraine), arrivée au bout de ses ressources, la Wehrmacht doit s'arrêter près d'un mois avant de pouvoir reprende l'offensive.

Quand elle se remet en marche, le 16 novemvre 1941, elle est surprise par l'hiver russe, particulièrement précoce et rigoureux, au moment même où l'armée rouge met en ligne des réserves considérables.

Mobilisant toute ses forces et ses ressources, l'URSS a décrété la mobilisation de tous les hommes de plus de 18 ans. Les femmes s'engagent aussi. Entre 1942 et 1945, quelque 800 000 femmes russes ont combattu comme volontaires sur le front. Dès l'automne, 2 000 groupes de partisans s'étaient déjà constitués dans les territoires occupés.

A l'arrière, dans les usines, la journée de travail monte à 12 heures. Entre juillet 1941 et janvier 1942, 17 millions de personnes participent dans des conditions exténuantes au démontage et au transfert de 1 500 grandes entreprises industrielles dans l'Oural, la Volga, ou encore en Sibérie. Au total, 2 600 usines ont été évacuées et converties dans l'industrie de guerre. Plus de dix millions d'ouvriers prennent le chemin de l'Oural.

barberousse3Cet effort de guerre titanesque porte ses fruits. Chef d'état-major général de la Wehrmacht en août 1941, Franz Halder écrira: << Nous avons largement sous-estimé le colosse russe. Chaque fois qu'une douzaine de leurs divisions était détruite, les Russes la remplaçaient par une autre douzaine >>.

Car les pertes de l'armée rouge sont colossales: 1,5 million de tués, 4 millions de prisonniers dont la moitié au moins seront anéantis. Fin 1941, les Allemands estiment avoir détruit plus de 20 000 blindés et 35 000 canons. Les formations soviétiques, malgré une résistance parfois acharnée, sont encerclées par les divisions de panzers avant d'être écrasées par l'infanterie.

Au cours des six premiers mois de l'invasion, les pertes de l'Ostheer (la Wehrmacht sur le front russe), s'élèvent à 750 000 hommes.

L'offensive vers Moscou est menée dans des conditions particulièrement difficiles. Les températures atteignent -30°C, l'armée allemande est à bout de souffle. L'attaque est stoppée. Le 5 décembre 1941, les divisions sibériennes menées par le général Joukov contre-attaquent au nord et au sud de Moscou. Les 15 et 16 décembre, le proche secteur de la capitale russe est définitivement libéré.

Pour la première fois depuis le lancement de l'opération "Barbarossa", la Wehrmacht bat en retraite, reculant de 80 à 100 km. L'effet psychologique en Europe est considérable. Le front se stabilise, le saillant de Rjev ne sera repris qu'en 1943.

Le Führer est désormais contraint de mener ce qu'il s'était promis d'éviter: la guerre sur deux fronts!...

 

B.G.

LVC / n° 1765 / 05.11

 

Voici un documentaire des actualités françaises relatant l'opération "Barbarossa"  

 

 

Par François Gervais - Publié dans : Seconde Guerre mondiale - Communauté : Passion Histoire
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Dimanche 8 mai 2011 7 08 /05 /Mai /2011 18:27

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HOMMAGE A UN OFFICIER VISIONNAIRE.

 

Chaque année, l'association "Maréchal Lyautey", organise les cérémonies d'hommage au maréchal Lyautey à Paris. La date retenue est celle du 10 mai, qui correspond à l'anniversaire du transfert de ses cendres sous le dôme de l'Hôtel des Invalides en 1961.

 

lyautey1Depuis 50 ans, les cendres du maréchal Lyautey reposent sous le dôme des Invalides. Comme chaue année, l'association qui fait vivre la mémoire de cet officier visionnaire, organise des cérémonies d'hommage placées sous le haut patronage du Président de la République.

<< Aujourd'hui, tous ceux qui estiment que 50 ans après l'accueil de ses cendres aux Invalides, un hommage particulier doit être rendu au maréchal Lyautey, porteur de nombreux symboles souvent menacés, sont les bienvenus à ces cérémonies d'hommage >>, note le colonel (er) Pierre Geoffroy, président de l'Association Nationale Maréchal Lyautey.

L'année 2011 marque également le 80e anniversaire de son élévation à la dignité de maréchal de France, ainsi que le 120e anniversaire de la parution du livre "Rôle social de l'officier". << Un ouvrage qui n'a pas pris une ride, insiste le colonel Pierre Geoffroy. A l'époque, cette parution fait l'effet d'une bombe. Le capitaine Lyautey y développe le credo de sa vie, c'est un texte fondateur qui s'adresse en fait à tous ceux qui exercent des responsabilités humaines, qu'ils soient civils ou militaires >>.

Le président de l'association est un passionné. Avec quelques amis, il rachète le mobilier du maréchal dans des conditions rocambolesques lors du règlement de la succession, après la mort du neveu et héritier du maréchal en 1976. << Nous voulions sauver le patrimoine de Lyautey. Nous avons racheter également le château de Thorey, en Lorraine. Nous avons lancé les travaux, puis mis en place un circuit de visites. Enfin, nous avons fait rééditer ses principaux ouvrages >>.

lyautey2En 1984, à l'occasion du 50e anniversaire de sa mort, les membres de l'association réalisent que nulle part en France on n'a érigé de statue à la gloire du maréchal Lyautey. L'injustice est réparée, et le 4 mai 1985, la statue est officiellement inaugurée sur la place Denys-Cochin, à Paris (7e). C'est devant cette statue que se tiendra, mardi 10 mai, la prise d'armes concluant les cérémonies d'hommage au maréchal.

<< L'hommage à rendre à Lyautey est d'autant plus important qu'évoquer Lyautey, ça n'est pas seulement évoquer un visionnaire qui avait la stature d'un homme d'Etat, un humaniste défenseur des valeurs fondamentales de notre civilisation, c'est aussi évoquer la grandeur de la France et l'oeuvre humaine et généreuse qu'elle a accomplie outre-mer. Lyautey est un symbole d'autant plus fort qu'il s'impose dans des domaines variés. Il fut tout à la fois, pacificateur, administrateur, bâtisseur et urbaniste, écrivain et protecteur des arts. Il illustrait ainsi son propos sur la nécessaire ouverture d'esprit de tous ceux qui excercent des responsabilités >>, conclut le colonel Pierre Geoffroy.

 

Béatrice Gendron

LVC n° 1765 / 05-2011

Par François Gervais - Publié dans : Patrimoine - Communauté : Passion Histoire
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 13:14

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Les six communes "mortes pour la France", (Beaumont-en-Verdunois), (Bezonveaux), (Cumières-le-Mort-Homme), (Fleury-devant-Douaumont), (Haumont-près-Samogneux) et (Louvemont-Côte-du-Poivre), ont été totalement dévastées après la bataille de Verdun en 1916 et ne furent jamais reconstruites. 

La principale raison fut la présence trop importante de munitions non-explosées et de sols bouleversés et pollués. Elles ne possèdent aucun habitant.

Pour conserver leur mémoire, l'Etat en 1919, lors des premières élections municipales organisées après la Grande Guerre, a décidé de les doter d'un Conseil Municipal restreint.

Afin de conserver leur statut de commune, bien qu'il n'y ait pas de maire à leur tête, un président de commission municipale est désigné par le préfet de la Meuse, à chaque élections municipales.

Ces "maires" sont principalement les garants de l'entité administrative. Ils ont presque les mêmes attributions que leurs collègues élus: ils portent une écharpe tricolore et tiennent leur registre d'état-civil, bloqué dans les six communes à << zéro habitant >> depuis 1918. Leur domicile personnel, de fait établi dans une autre commune, fait office de mairie.

Cependant, ils n'ont pas le statut de "grand électeur".

Sur chacune de ces communes "morte pour la France", sont édifiées une chapelle-abri et un monument aux morts.

Par François Gervais - Publié dans : Petite chronique de l'Histoire - Communauté : Passion Histoire
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Jeudi 17 février 2011 4 17 /02 /Fév /2011 06:32

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Installé près de Mourmelon dans la Marne, au nord de Chalons-en-Champagne, le cimetière militaire russe de Saint-Hilaire-le-Grand abrite les sépultures de plus de neuf cent soldats russes, parmi les 4 000 tués sur le front occidental durant la Première Guerre mondiale.

 

stèle russe1Alliée de la France entre septembre 1914 et la fin de 1917, la Russie a perdu 1 700 000 hommes sur le front de l'Est. En vertu des accords franco-russes de décembre 1915, elle a envoyé au début de 1916 quatre brigades en France et en Macédoine, soit un total de 757 officiers et de 43 5747 soldats. Deux brigades ont été dirigées sur le front français tandis que les deux autres ont rejoint le front d'Orient.

Engagée dès juin 1916 à l'est de Reims, la première brigade perd, en avril 1917, 50% de ses effectifs au Mont Sapigneul et au Mont Spin. De son côté, la troisième brigade occupe en octobre 1916 le secteur à l'est de Reims où elle reste jusqu'en mars 1917. A ce titre, elle est engagée dans de nombreux combats, et résiste notamment à une attaque aux gaz le 31 janvier 1917. En avril, elle occupe le secteur situé entre le fort de la Pompelle, près de Reims, et la ferme dite "Les Marquises".

Prenant part aux attaques d'avril 1917, la troisième brigade subit de très lourdes pertes. A la suite du coup d'Etat bolchevik en Russie, les brigades sont dissoutes. Certains soldats, 2 000 environ, voulant poursuivre le combat, sont incorporés dans la Légion russe. En mai 1918, elle perd 85% de ses effectifs devant Soissons et se distingue jusqu'en novembre 1918. Elle est citée deux fois à l'Ordre de l'Armée.

Créé pendant la Grande Guerre, le cimetière de Saint-Hilaire-le-Grand est devenu après la fin des hostilités un lieu de regroupement des sépultures russes(1). De 1922 à 1934, près de 750 corps y sont tranférés, provenant notamment de Loivre, Hermenonville, Cormicy, Suippes, Sézanne. D'une superficie de 3 412 m2, la nécropole rassemble aujourd'hui les corps de 915 soldats russes dont 426 sont regroupés dans un ossuaire.

stèle russeAfin de perpétuer le souvenir des militaires russes tombés en France, un décret du 7 septembre 1935 a autorisé l'edification d'une chapelle orthodoxe à proximité du cimetière militaire.

Inauguré le 16 mai 1937, la chapelle a été construite par l'architecte, et peintre russe Albert Benois dans le style des églises de Novgorod et de Pskov du XVe siècle. Pour des raisons de topographie locale, l'architecte, n'ayant pu respecter l'orientation traditionnelle Est-Ouest, a dû l'orienter suivant l'axe Est/Sud-Est et Ouest/Nord-Ouest.

L'extérieur présente des murs blancs avec un toit peint en vert, symbole de la terre, et une première coupole bleue, symbole du ciel. Une seconde coupole dorée surmonte le clocher et brille au soleil tel un cierge allumé dans le ciel.

Le clocher, avec ses troix arceaux abritant des cloches, est très caractéristique de l'architecture de l'ancien Pskov. Il est l'élément le plus haut de l'ensemble et constitue en fait le Mémorial. Il a été conçu de façon à être vu de loin. Sur sa façade, une inscription "Aux soldats russes morts au champ d'honneurs, 1916-1918" est réalisée en mosaïque dorée vénitienne.

A l'intérieur de l'édifice, les parois et les voûtes sont couvertes de peintures et de motifs décoratifs dans le style du XVe siècle. C'est ainsi que près de l'entrée figurent les armoiries des quatre grandes anciennes principautés russes: Moscou, Kiev, Wladimir et Souzdal. Des plaques, portant les noms des soldats, rappellent le sacrifice des 4 000 officiers , sous-officiers et hommes de troupe tombés au champ d'honneur.

L'iconostase séparant la nef de l'abside est de type très classique et très pur. Cette église constitue un exemple unique, tant en France qu'en Europe occidentale, d'architecture mémorielle russe.

Chaque année, une cérémonie en mémoire des soldats russes tombés en France pendant la Grande Guerre, est organisée le dimanche de Pentecôte. Le ministère de la Défense assure l'entretien du cimetière, effectué par les équipes techniques de la Direction interrégionale des anciens combattants de Lorraine-Champagne-Ardennes. La nécropole a par ailleurs été entièrement restaurée en 1998.

 

Les Chemins de la Mémoire / n° 184 / 06.08

 

(1) 8 000 soldats russes sont morts en France durant les deux guerres mondiales, dont un certain nombre étaient des prisonniers de guerre de la Wehrmacht. Une partie d'entre eux repose à Saint-Hilaire, les autres dans des nécropoles nationales et des cimetières communaux.

 

CONTACT.

Association des Officiers Russes (A.O.R.)

10 square de Châtillon

75014 PARIS

 

 

 

Par François Gervais - Publié dans : Première Guerre mondiale - Communauté : Passion Histoire
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Contact: Maison des
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