Mouilleron-en-Pareds est un village aux frontières de la plaine et du bocage, trait d'union granitique de la dualité géographique et de l'histoire du département de Vendée. Catholiques et protestants, républicains et royalistes, Vendée blanche et Vendée bleue, ont vécu et combattu ici. La mémoire du lieu est à l'image du département et de la France déchirée.
Ce village a vu naître deux hommes célèbres de l'Histoire de France. Hommes célèbres, mais également diamétralement opposés. L'un, Georges Clemenceau, dit "Le Tigre", qui assura la direction du pays durant la Première Guerre mondiale. Classé à gauche politiquement, il sut galvaniser le pays jusqu'à la victoire.
L'autre, Jean de Lattre de Tassigny, commandant la 1re Armée Française, qu'il amena du Débarquement de Provence le 15 août 1944, jusqu'au repaire d'Adolf Hitler à Berchestgaden. Il fut commandant en chef en Indochine où il eut la douleur de perdre son fils Bernard. C'était un monarchiste convaincu. Dans le bourg, face à face, les maisons natales de ces deux célébrités ont été transformées en musées.
Ces deux fils issus des deux traditions de ce département ont rêvé et oeuvré à leur manière à la réconciliation et à l'unité nationale. Naître ici y était peut-être pour quelque chose.
Le vieux président et le jeune capitaine se sont rencontrés pour la première fois sur la place de Mouilleron-en-Pareds, le 9 octobre 1921, jour de l'inauguration du
monument aux morts.
Ce jour là, Jean de Lattre -blessé à cinq reprises et huit fois cité lors du conflit- offre un bouquet au "Père la Victoire". Roger de Lattre, le maire du village, invite Clemenceau dans la maison de famille située à l'angle de la rue du Temple et de la rue Plante Choux.
Ce même jour, Clemenceau est solennellement reçu au village: la Grande Guerre était passée en estompant les antagonismes. Georges Clemenceau prononçe deux courtes allocutions improvisées, l'une face au monuments aux morts érigé sur la place, la seconde à la mairie.
Elles sont de véritables appels à l'union de tous les Français: << Nous avons des motifs supérieurs de nous aimer et de nous unir... Il n'y a rien de supérieur au sentiment de fraternité nationale de tous les Français >>.
Créé en 1959, le musée-mémorial (1) établit un parallèle entre les deux hommes célèbres en rapprochant leurs points communs: leur lieu de naissance, leur rôle dans les deux guerres mondiales, le fait qu'ils aient signé au nom de la France lors des "deux victoires" mettant fin aux deux conflits mondiaux.
Les extraits des discours de Clemenceau et de De Lattre, diffusés lors de la visite du musée, permettent de mieux comprendre ce mémorial qui est devenu en cinquante
ans l'un des lieux symboliques et actifs de l'unité nationale.
Par ailleurs, géré par "l'Institut Vendéen Clemenceau-De Lattre", le centre de documentation est une bibliothèque et une médiathèque de consultation à la disposition du public. Le centre est interessé par tous documents concernant la période de 1840 à 1952, Clemenceau-De Lattre.
La maison natale du maréchal de Lattre de Tassigny est ouverte au public depuis 1975.
Au milieu du bourg de Mouilleron-en-Pareds, la maison de famille et son jardin constituent un bel exemple de maison de notable vendéen du XIXe siècle.
Jean de Lattre passa sa prime enfance dans cette solide bâtisse qui n'a guère changé depuis 1889.
Au fil de la visite, des objets et des documents témoignent de sa brillante carrière militaire, de Saint-Cyr à l'Indochine.
Les Chemins de la Mémoire / n° 114 / 02-02
(1) Page réalisée avec le concours de Jacques Perot, conservateur général du patrimoine, directeur du musée national des "deux victoires", et de son équipe.
Musée National des "Deux Victoires" Clemenceau-De Lattre
1 rue Plante Choux
85390 MOUILLERON-EN-PAREDS
Tél. 02.51.00.31.49
Courriel: musee-2victoires@culture.gouv.fr
Site internet: www.musee-deux-victoires.fr
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Ce ruban n'est autre que celui de la médaille de
Sainte-Hélène, créée en 1857 par Napoléon III pour les derniers vétérans de la Grande Armée. De ce fait, on associe à ce nouvel insigne, << les souvenirs glorieux des grandes guerres
d'autrefois à la grande guerre d'aujourd'hui >> (3).
La Croix de Guerre peut aussi être décernée aux civils, à des étrangers, à
des institutions, des bâtiments de la Marine nationale, des collectivités, voire même à des animaux (6).
Pour ne pas être en reste et faire passer sa propre idéologie, Vichy lance à son tour une politique de propagande cinématographique.
Afin d'asseoir leur monoparole, les Allemands interdisent les
prises de vues et la distribution des actualités françaises dans la zone occupée, où ils imposent la diffusion d'un journal unique d'actualités allemandes Die Deutsche Wochenschau
(5).
Derrière ces << valeurs >>, une morale simple: rien n'est acquis d'avance et il faut mériter son bonheur. Mais au sein de quelle
société?
Bien qu'ils aient appartenu à des organisations collaborationnistes (très peu), ou qu'ils aient contribué à des mouvements de résistance (plus nombreux)
(8), les auteurs de cinéma français se sont abstenus d'exprimer directement dans leurs oeuvres leur choix idéologique.
Elle attache la plus grande importance aux questions de morale et d'esthétique. En matière d'idéologie, elle est particulièrement attentive à interdire toutes les références
anglo-saxonnes et les références nationalistes trop explicites (2). Les films tournés avec des acteurs ou/et des techniciens juifs sont interdits (3). Méfiants
envers les films produits avant l'Armistice, les Allemands interdisent, en mai 1941, tout ce qui a été tourné avant le 1er octobre 1937.
A Vichy, le Secrétaire général à l'Information et à la Propagande, Philippe Henriot, est responsable du contrôle des films, des projections et des visas d'exploitation. Pour le
contrôle et la censure, il est assisté d'une Commission de Consultation (4) qui s'intéresse avant tout à la << moralité publique >>, au respect de l'idéologie du
régime - Travail, Famille, Patrie - et à la << défense >> de la jeunesse.
Voyons... La première phrase, c'était quelque chose du genre << Eh bien ça y
est! Mon Dieu, j'y suis! >> ou un truc comme << La France! Enfin! >> Je ne m'étais pas cassé la tête pour trouver une phrase d'accroche et chercher à tout prix à
être original.
Il y a soixante-douze heures, j'étais encore à Londres, jeune recrue canadienne pour la
vieille agence Reuters, attendant un jour ou l'autre d'être appelé pour le grand départ. Où? Je n'en avais aucune idée. France, Norvège, Hollande... Il y avait déjà eu un faux départ, un mois
avant, pour tromper les espions qui pullulaient dans le milieu des correspondants de guerre.

La lutte armée est au centre des discussions et, dans la pratique, prend désormais autant de
place que les activités de renseignements et de propagande. Plusieurs grands maquis se sont constitués dans l'ancienne << zone Sud >> et en
Bretagne.
Par les nuits sans lune, le trafic aérien entre l'Angleterre et la France s'est
renforcé. Il s'agit de parachutages mais aussi de passages clandestins à bord d'avions légers du type "Lysander". Sur le littoral, les embarquements et débarquements clandestins de
résistants, parfois de commandos, se multiplient.
La France résistante s'est dotée, parrallèlement, d'un autre "Gouvernement". Celui-ci
semble même posséder une grande légitimité puisqu'il émane des mouvements "de l'intérieur" directement aux prises avec l'occupant allemand, les forces du maintien de l'ordre de Vichy et la
cruauté de la répression.

Nous y sommes avant les Américains qui devaient la prendre et au moment où
Leclerc va décider de foncer dans le trou et d'envoyer Billotte tout doit sur Argentan, arrive sur la grand-place le premier détachement de la 5e DB U.S., qui s'étonne de nous trouver là où il
pensait avoir à faire à des Allemands, s'indigne de constater que nous avons coupé leur voie et que nous nous préparons à continuer à les devancer.
La nasse de Chambois.
Le 11 août, pour aller plus
vite et pour écraser plus fort, les artilleurs passent à l'avant-garde. L'ennemi commence à être bousculé. Les canons antichars tractés ou automoteurs qui nous attendent aux tournants sont
cassés plus rapidement que la veille, à plusieurs reprises, l'ennemi est pris de vitesse et perd des chars pendant sa retraite; les points d'appui qui protègent Alençon et les passages de la
Sarthe sont conquis à la tombée de la nuit. Nos éléments avancés sont à 7 kilomètres de la rivière.

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