Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 08:21

alexandrie

L'attrait de l'Histoire procure bien des surprises; On croit savoir l'essentiel et voilà que l'on découvre quelque évènement tout à fait significatif, lequel est passé inaperçu. C'est ainsi qu'il y a bien failli y avoir un "second Mers-el-Kébir" ou tout au moins un autre drame comparable. Voici essentiellement des extraits de l'article << La Force X à Alexandrie >> paru dans le "Miroir de l'Histoire" de janvier 1956, sous la signature de Jacques Mordal.

 

GodfroyEn mai 1940, les opérations alliées en Mediterranée sont confiées à l'amiral Cunningham, dont la force a été rejointe en rade d'Alexandrie par une escadre française, dite "Force X", sous les ordres de l'amiral Godfroy. Cette flotte est composée du cuirassé "Lorraine", des croiseurs "Duquesne", "Suffren", "Tourville", "Duguay-Trouin", et enfin, des torpilleurs "Basque", "Forbin", "Le Fortuné".

Une opération commune est programmée pour le 23 juin en Mediterranée orientale. Le soir du 22, les marins français ont la surprise de voir les cuirassées anglais, qui avaient déjà appareillés, retourner dans la rade... L'Amirauté britannique avait reçu de son gouvernement, l'ordre formel d'empêcher la "Force X" de rallier un port français lorsque l'armistice interviendrait.

Dans la nuit du 24 juin, l'amiral Godfroy fait informer l'amiral Cunningham qu'il vient de recevoir l'ordre de quitter Alexandrie sans retard, et se dispose à appareiller le 25 à 8 heures du matin pour Beyrouth. Par retour, l'amiral anglais le prie de ne rien faire, les consignes de son Amirauté s'opposant formellement à ce qu'il appareillât d'Alexandrie pour l'instant. Godfroy s'incline. Il espère encore que l'accord avec l'Italie n'aboutira pas et que la guerre continuera contre la flotte du Duce en Méditerranée...

Aux pressions des Allemands on répond: force majeure, nous multiplions les interventions par la voie diplomatique... (Alexandrie était en Egypte pays neutre !)

cunninghamSir Andrew Cunningham est un officier d'une classe exceptionnelle. Il allie à ses qualités de marin, le sens inné du compromis qui caractérise les Anglais. L'amiral René Godfroy ne cache pas ses sympathies britanniques. N'a-t-il d'ailleurs pas contracté mariage avec une anglaise ? En rapport journellement avec Cunningham, il connait bien son interlocuteur.

Les affaires se corsent: le 2 juillet (le drame de Mers-el-Kébir aura lieu le lendemain), l'amiral Cunningham fait demander à Godfroy de passer le voir, et lui expose l'ultimatum reçu de l'Amirauté britannique, qu'il juge d'ailleurs << utterly repugnant >>.

L'ultimatum anglais comporte trois hypothèses:

1. Mettre à la disposition des Britanniques la "Force X" armée par des volontaires.

Réponse: incompatible avec mon devoir militaire.

2. Accepter de la désarmer sous surveillance britannique.

Réponse: c'est celle que je préfèrerait si mes chefs m'y autorisent.

3. La couler.

Réponse: ce serait malheureusement la seule à envisager, si la seconde n'est pas possible... faudrait-il encore appareiller pour se saborder au large.

Cunningham comprend que rien ne presse pour ce geste fatal et décision est reportée au 6 juillet.

warspiteA l'annonce du drame de Mers-el-Kébir, l'amiral Godfroy bondit sur la << Warspite >> (navire amiral de Cunningham), crie son indignation et proclame que toutes ses promesses antérieures deviennent nulles.

 De retour sur son navire amiral, il sait que Cunningham, encore plus torturé que lui, va passer la nuit à chercher une solution. Oui mais, il y a des pressions de Londres, hâté d'en finir, et de Vichy, où l'outrage de Mers-el-Kébir a fait sursauter les plus raisonnables...

Au matin, la "Force X" se réveille au centre d'un cercle de canons et de tubes lance-torpilles dirigés contre elle. Mais son chef va marquer un point sur le plan psychologique. Sur tous les navires de la "Force X", le clairon << envoie >> aux postes de lavage, et sous la menace des canons anglais, pantalons retroussés, pieds nus et fauberts en mains, les matelots s'activent à la propreté. A trois encablures des 380 du "Warspite", un gabier arrose conciencieusement la plage avant du "Duquesne"; ailleurs un << ratier >> rectifie la ligne de flottaison. Ailleurs encore, un << sans-spé >> brique au Naol les tapes de bouches de ses canons ou les lettres du nom de son bâtiment.

Les Anglais en restent assis et le disent ! Il y a un bon moment qu'ils s'ennuient derrière leurs pièces lorsqu'un officier de l'état-major de Cunningham s'en vient supplier  -c'est le mot-  l'amiral Godfroy de ne rien faire d'irréparable. Ce dernier n'a aucune peine à répondre que des deux, ce n'est pas lui qui cherche des difficultés à l'autre, et l'officier français qui reconduit l'émissaire anglais à la coupée, profite de l'occasion pour lui demander innocemment, s'il n'estime pas dangereux de maintenir les canons anglais braqués sur les bateaux français.

lorraineUne bêtise est si vite arrivée Il n'y a pas une minute que l'officier anglais est de retour sur le "Warspite", que l'on voit les tourelles anglaises revenir bien sagement dans l'axe.

Sur ces entrefaites, deux avions italiens viennent bombarder l'escadre, et le "Tourville" gratifie l'assaillant d'une rafale promptement réglée. Au diable l'armistice !

Finalement Godfroy propose de faire débarquer son mazout et déposer au consulat de France les obturateurs de ses grosses pièces ainsi que les mises à feu des petites. << De ma vie, écrira Cunningham, je n'ai éprouvé une si complète impression d'apaisement et de reconnaissance qu'à la conclusion de cet arrangement >>.

La "Flotte X" devait ainsi rester << prisonnière >> à Alexandrie... ce qui n'a pas empêché de curieux arrangements avec le commandement anglais quant aux ravitaillement de la "Force X", et même à la relève et aux permissions des personnels français ! Du "Duquesne", le lieutenant de vaisseau Honoré d'Estienne d'Orves, officier d'ordonnance de l'amiral Godfroy, devait rejoindre la France Libre.

Mais ce ne sont point les épreuves qui ont manqué dans les relations franco-britanniques d'Alexandrie: l'affaire de Dakar, l'attaque de la Syrie alors que chaque matin, au lever des couleurs, la musique de l'amiral anglais jouait La Marseillaise avant le God Save The Queen, et puis surtout l'approche des troupes "Afrikakorps" à cent kilomètre d'Alexandrie, le dénouement étant suivi à Paris par Otto Abetz; associé probablement de toutes les menaces dont l'occupant est capable.

duguay-trouinLe débarquement anglo-américain en Afrique du Nord devait se transformer en épreuve à Alexandrie: un beau matin, le 8 novembre 1942, la "Force X" se réveille dans un port à nouveau désert mais autour duquel dix-huit pièces lourdes de 120 mm ont pris position durant la nuit. Certes par la suite, tout est rentré dans l'ordre. Il n'empêche que l'amiral Godfroy est très défavorablement impressionné par les procédés dont son escadre a été l'objet et écoeuré par la façon dont ont été menées les opérations de débarquement, sans aucun souci des alliés d'éviter une recontre sanglante ! Mais la nouvelle du sabordage de la Flotte à Toulon est pour lui le signal attendu. L'armistice est définitivement rompu. Réarmé en plusieurs mois, l'essentiel de l'escadre rejoint Dakar en contournant l'Afrique.

Mis à la retraite d'office le 10 décembre 1943, l'amiral Godfroy n'a pas la satisfaction de retourner au combat avec les bâtiments qu'il a su conserver. Par contre ces navires participèrent à la Bataille de l'Atlantique, le "Lorraine" est au débarquement de Provence en août 1944, le "Duguay-Trouin" sert en Indochine jusqu'en 1952, l'extrême limite de son âge.

 

Jacques Mordal

Miroir de l'Histoire / Janvier 1956

 

 

 

 

Par François Gervais - Publié dans : Récits de guerre - Communauté : 39-45
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Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 12:34

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Erigé à la fin du XIXe siècle près de Metz, le Fort de Queuleu fut transformé par les nazis, en 1943, en camp d'internement. Un musée rappelle aujourd'hui, ces heures tragiques de l'histoire.

 

F-Queuleu1Le Fort de Queuleu faisait partie de la première ceinture fortifiée commencée sous le Second Empire afin de protéger Metz. Un décret impérial du 9 novembre 1867 déclare d'utilité publique l'acquisition des terrains pour l'édification des forts à Saint-Quentin, Saint-Julien, Queuleu, Saint-Privat... La construction débute l'année suivante.

A l'entrée en guerre en 1870, le Fort de Queuleu n'existe encore qu'à l'état d'ébauche. Il est terminé entre 1872 et 1875 par les Allemands qui lui donnent le nom de "Feste Goeben", du nom d'un général allemand qui s'était distingué au cours des combats, notamment lors de l'attaque des hauteurs de Spicheren.

C'est à partir du mois d'octobre 1943 que les nazis internent des résistants et des otages (âgés de 18 à 70 ans) dans la casemate "A" du Fort de Queuleu, qui devient alors un camp où sont pratiqués des interrogatoires. Une fois cette période achevée, les détenus sont transférés vers les camps de Schirmeck pour les femmes, et du Struthof, pour les hommes. Le Fort de Queuleu fonctionne ainsi 10 mois avant d'être évacué le 17 août 1944.

Selon le SS Anton Dunckem, << les arrestations de communistes se sont multipliées et, en raison de l'organisation de leurs troupes, il devint nécessaire, pour faciliter les enquêtes, de les regrouper dans une prison spéciale; c'est la raison pour laquelle, à la demande de Schmidt, chef de la Gestapo de Metz, et avec l'avis de Gauleiter, j'ai demandé à l'autorité militaire de mettre à notre disposition le Fort de Queuleu. Le personnel de surveillance de ce camp fut fourni par une unité de Waffen SS de Metz >>.

Les prisons étant pleines, le général commandant la place de Metz met la casemate "A" du Fort à la disposition de la Gestapo, afin de rassembler, dans l'attente d'un procès, tous les résistants arrêtés. Les premiers détenus arrivent à Queuleu le 12 octobre 1943. Jusqu'à son évacuation, 1 800 hommes et femmes y sont internés. 36 prisonniers meurent dans d'atroces circonstances, battues à mort; environ 400 ne reviendront pas de déportation.

porteDepuis leur arrestation jusqu'à leur transfert vers les camps de concentration, les détenus ont pendant leur séjour à Queuleu les yeux bandés, les pieds et les maiens liés. Dès leur arrivée, ils perdent leur identité qui est remplacée par un numéro.

Au Fort Queuleu, chaque jour est identique. Debout vers 6 heures, le détenu doit immédiatement s'asseoir sur un banc. Toute la journée, il demeure immobile, les mains sur les genoux, la tête tournée vers la porte afin que le SS de garde puisse contrôler qu'il n'y a aucun échange de paroles; il est interdit de bouger, de s'appuyer contre le mur. Le prisonnier reste dans cette position durant des semaines et pour certains des mois. Le non respect des consignes est immédiatement sanctionné par des coups de crosses, ou des sévices corporels...

Deux ou trois fois par jour, selon l'humeur du commandant, une nourriture liquide est servie dans des bols que les détenus se passent de main en main. Les conditions d'hygiène sont épouvantables, les détenus ne pouvant se laver qu'une fois, à leur arrivée et quelle que soit la durée de leur détention. Matin et soir, à heure fixe, ils doivent se rendre sur la lessiveuse commune de la cellule qui sert de WC. Les paillasses ne sont jamais changées; les puces et les poux y prolifèrent aggravant la situation des prisonniers auxquels on interdit, de surcroit, de se gratter.

Le silence dans les cellules est total, seulement troublé quand un agent de la Gestapo vient chercher des détenus pour les interrogatoires, ou quand des cris et des bousculades venant du couloir signalent l'arrivée de nouveaux détenus. Vers 21 heures, tous doivent regagner leur châlit, la tête tournée vers la porte, immobiles toute la nuit dans cette position.

mémorialL'officier SS Georg Hempen règne en sadique sur cette casemate. Il est secondé par une équipe de 24 jeunes SS de 18 à 20 ans. L'entretien de la casemate est assuré par quelques détenus affectés selon leur profession (électricien, menuisier, serrurier...) à diverses tâches, et les corvées intérieures de la casemate incombent à de jeunes détenus appartenant au << Straf-Kommando >> qui sont à disposition de 4 h du matin à minuit. C'est au cours de l'une de ces corvées (transport des lessiveuses WC des cellules vers les latrines) que quatre détenus réussissent, le 19 avril 1944, à s'évader par une cheminée d'aération. Cet exploit est resté unique.

Le 17 août 1944, devant l'avancée des troupes américaines, le fort est évacué. La majorité des détenus est transférée à Schirmeck et au Struthof et quelques-uns au camp tout proche de Woippy. Le commandant Hempen n'est retrouvé qu'en 1960. Jugé à partir de 1963 lors de procès successifs, le bourreau de Queuleu ne serâ pas condamné.

En 1971, les anciens déportés du Fort de Queuleu se regroupent au sein d'una amicale. Ils élèvent un Mémorial inauguré le 20 novembre 1977. Dans la crypte, sont conservées les cendres des martyrs de camps de concentration.

La visite du Fort permet de voir les salles d'interrogatoire, les dortoirs, les cellules... ainsi qu'un musée présentant des documents et notamment une liste, non exhaustive, des internés. Une plaque commémore le non des 36 martyrs morts dans le cul de basse-fosse du Fort.

 

Les Chemins de la Mémoire / n° 145 / 12-04

 

Amicale des Anciens déportés du Fort de Queuleu et leurs familles.

ONAC, cité administrative, 1 rue du Chanoine Collin. 57036 METZ CEDEX.

Tél: 03.87.34.78.94.

Visites gratuites le 1er dimanche du mois, d'avril à octobre. (Le reste de l'année sur rendez-vous).

 

Nous vous recommandons de visiter le site dédié au Fort Queuleu, en cliquant sur le lien ci-dessous. De nombreuses images de qualité, illustrent la mémoire et le recueillement de ce lieu de souffrance.

http://capmetz57.over-blog.com/article-metz---promenade-dans-le-fort-de-queuleu----37325218.html

 

 

 

Par François Gervais - Publié dans : Mémoire - Communauté : Passion Histoire
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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 06:50

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<< Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit >>. Ainsi s'exprime René Cassin, grand juriste français et l'un des pères de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Nul mieux que lui n'a compris que les droits de l'homme et la paix étaient indissolublement liés.

 

cassin3Appartenant à une vieille famille de tradition juive, René Samuel Cassin voit le jour le 5 octobre 1887 à Bayonne. Après de brillantes études au lycée Masséna de Nice, il entre à la faculté de droit d'Aix-en-Provence. Licencié ès-Lettres, premier prix au concours général des facultés de droit, il devient docteur es-Sciences juridiques, économiques et politiques et obtiendra son agrégation en droit privé en 1919.

 

René Cassin est mobilisé en 1914 comme caporal chef. Un tir de mitrailleuse le blesse grièvement le 12 octobre de la même année à Saint-Mihiel. Il reçoit la Croix de Guerre avec palme et la Médaille Militaire.

 

Réformé, il enseigne à la faculté d'Aix-en-Provence, puis à celle de Marseille, Lille et Paris. Par solidarité avec ses anciens camarades de combat, il participe dès 1917 à la création de l'une des toutes premières associations de victimes de guerre. En 1929, il devient vice-président du conseil supérieur des pupilles de la nation. Jusqu'en 1940, il consacre une partie de ses activités aux anciens combattants et fera voter plusieurs lois en faveur des victimes de guerre.

 

Militant de la paix, René Cassin veut << effacer toute frontière entre les hommes, reconnaissant à chacun d'entre eux les mêmes droits inséparables à la dignité d'être >>. En 1924, il fait partie de la délégation française à la Société des Nations. Après les accords de Munich, qu'il dénonce, il refusera de siéger à Genève. Dès le début des années 1930, averti des dangers du nazisme par des juifs allemands rencontrés lors d'un voyage en Palestine, il avait pressenti un nouveau conflit en Europe.

 

Prix Nobel de la Paix pour ce défenseur des droits de l'homme.

 

En juin 1940, il refuse l'idée d'un armistice, rejoint l'Angleterre et se présente le 29 juin au général de Gaulle. Ce dernier lui confie la mission de négocier l'accord du 7 août 1940 avec les Britanniques, accord qui fait de De Gaulle un allié à part entière, et donne un statut à la France Libre qu'il dote ensuite de structures juridiques et administratives, propres à assurer la continuité de l'Etat et de la République.

 

En 1943, à la demande du général de Gaulle, il prend la direction de l'Alliance israélite universelle qu'il dirigera jusqu'à sa mort. Secrétaire permanent du Conseil de défense de l'Empire Français, président du comité juridique de la France Combattante puis du Gouvernement provisoire de la République Française (1941-1944), il est nommé, en 1944, vice-président du Conseil d'Etat, fonction qu'il exercera jusqu'en 1960.

 

555 1074 image pantheon cassin3Délégué de la France à l'O.N.U., René Cassin a fait partie, dès 1946, du petit groupe de spécialistes chargés de rédiger la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée à Paris le 10 décembre 1948 par l'assemblée générale des Nations-Unies.

 

Aux côtés de la présidente de la commission, Eleanor Roosevelt, épouse de l'ancien président des Etats-Unis, il y joue un rôle majeur; il obtient que la Déclaration soit << universelle >> et non << internationale >>, faisant admettre que les droits économiques, sociaux et culturels soient désormais considérés comme des droits fondamentaux.

 

En janvier 1959, il est choisi par l'assemblée consultative du Conseil de l'Europe pour siéger comme juge à la Cour européenne des droits de l'homme, qu'il présidera de 1965 à 1968. Il reçoit le prix Nobel de la Paix en octobre 1968; le montant de la récompense lui permet de créer; en 1969, l'Institut international des droits de l'homme.

 

René Cassin participe par ailleurs activement à la vie institutionnelle de la France. Il préside, en 1958, le comité chargé de préparer la Constitution de la Ve République et reçoit, en 1959, en tant que vice-président du Conseil d'Etat, le serment du nouveau président de la République, le général de Gaulle. Il joue également un rôle essentiel dans la création du Conseil Constitutionnel dont il est membre de 1960 à 1971.

 

Grand Croix de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, médaillé de la Résistance, Commandeur des Palmes Académiques, René Cassin décède le 20 février 1976 à Paris. Le 5 octobre 1987, à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance, son corps est transféré au Panthéon.

 

Les Chemins de la Mémoire n° 188 / 11-08

 

 

Par François Gervais - Publié dans : UFAC - Communauté : Anciens Combattants
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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 06:41

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Lorsque la guerre éclate en 1914, le directeur d'un laboratoire de l'Institut du radium de Paris, Claudius Regaud, part organiser un centre médical militaire novateur, tandis que Marie Curie équipe des véhicules pour radiographier les blessés.

 

marie-curiePendant la Première Guerre mondiale, Marie Curie déploie une grande énergie dans l'organisation du premier service de radiologie mobile, avec l'appui du Service des armées.

Directrice du laboratoire de physique de l'Institut du radium, déserté pour cause de mobilisation générale, elle réquisitionne dans les laboratoires parisiens des appareils à rayons X et en équipe une vingtaine de véhicules légers, les "Petites Curie", cédés par des familles fortunées.

Avec sa fille Irène, elle prend en charge l'enseignement et la formation pratique des équipes radiologiques, quasi exclusivement féminines, et organise des expéditions sur le front pour aider les médecins à localiser les projectiles dans le corps des blessés.

La radiographie est une toute jeune technique d'imagerie médicale; elle nécessite des connaissances en physique et, à cette époque, les chirurgiens ne sont pas toujours convaincus de son intérêt pour l'extraction des corps étrangers.

En raison de son jeune âge et sans doute également parce qu'elle est une femme, Irène Curie rencontre des difficultés à faire accepter l'intérêt de ce nouveau procédé. Mais les résultats sont là: dans un courrier à sa mère en juillet 1916, alors qu'elle s'apprête à fêter ses 19 ans, elle écrit: << M. Alexandre a raté un petit éclat d'obus qui logeait dans les gros muscles d'une épaule, et cela malgré une localisation. Il a fait transporter en hâte le blessé endormi à la radiographie et il a trouvé l'éclat. Il en a aussitôt déduit qu'il n'y a de salut que dans les opérations sous les rayons >>.

De son côté, en 1916, le médecin-biologiste Claudius Regaud crée le Groupement de services chirurgicaux et scientifiques, à Bouleuse (Marne). Conçue au départ comme une simple association de services chirurgicaux et de laboratoires, son organisation préfigure celle des centres anticancéreux, soulignant la volonté de ce pionnier de la cancérologie moderne d'associer recherche scientifique et pratique médicale dans un même lieu. Civils, militaires, chirurgiens, radiologues et biologistes y cohabitent et collaborent dans un but commun: les soins aux blessés.

Le temps est pris pour former ces spécialistes au progrès les plus récents des pratiques médicales, indispensables en temps de guerre, comme la radiolocalisation des projectiles, le diagnostic et le traitement des fractures, les infections et intoxications par les gaz de combat et même la psychiatrie. Lors de sa visite à Bouleuse en 1918, un colonel américain se montre très impressionné par cette structure unique en son genre.

De ces expériences de guerre, Marie Curie et Claudius Regaud, les deux directeurs de l'Institut du radium, tireront de nombreux enseignements qui s'avéreront très utiles pour faire de l'Institut Curie le berceau de la cancérologie mondiale, grâce à l'alliance d'une << science humaniste et d'une médecine scientifique >>.

 

Renaud Huynh (Musée Curie)

 

Le Musée Curie.

Ouvert au public en 1992, le musée Curie est installé dans un bâtiment construit spécialement pour Marie Curie entre 1911 et 1914. Musée d'histoire des sciences, il est constitué d'un espace d'exposition permanente qui propose une restitution de l'histoire de la radioactivité et ses applications, notamment en médecine. La vie et les travaux de Pierre et Marie Curie, d'Irène et Frédéric Joliot-Curie, tiennent une place centrale. Le visiteur découvre quelques uns des appareils utilisés jusque dans les années 1930. Le bureau de Marie Curie et son laboratoire personnel ont été reconstitués à l'identique. Le musée détient les archives de Marie Curie, d'Irène et Frédéric Joliot-Curie, ainsi que celles du laboratoire Pasteur et de la Fondation Curie. Il conserve également, entre autres, des journaux anciens, des photographies, des documents audiovisuels et des objets personnels.

Musée Curie. 1 rue Pierre et Marie Curie, 75005 Paris.

01.56.24.55.33 (réservations et renseignements)

www.curie.fr

 

 

 

 

Par François Gervais - Publié dans : Première Guerre mondiale - Communauté : Passion Histoire
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Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 09:49

11 novembre PlaceOpera

 

plaque 11.11Chaque année, la France commémore, le 11 Novembre, l'Armistice de la Première Guerre mondiale. Mais peu se souviennent d'un autre 11 Novembre, celui de l'année 1940. Pourtant, cet évènement est reconnu aujourd'hui comme la première réponse à l'Appel du général de Gaulle.

Ce jour-là, dans le Paris occupé par les Allemands, et malgré la publication d'un communiqué de la préfecture de Police stipulant que << aucune démonstration publique ne sera tolérée >>, des tracts circulent sous le manteau et appellent à un rassemblement sur la place de l'Etoile à 17 heures.

Le recteur de l'académie de Paris juge nécessaire d'envoyer une circulaire aux proviseurs des lycées pour qu'ils empêchent leurs élèves d'aller manifester. Depuis la rentrée scolaire, en effet, tracts appelant à la lutte et inscriptions sur les murs de slogans anti-allemands sont apparus dans les facultés et les lycées parisiens. L'arrestation, le 30 octobre, de Paul Langevin, professeur au Collège de France et physicien de renommée internationale, entraîne une réaction immédiate.

Deux lycéens prennent une initiatives audacieuse et, dès 15 heures, déposent sous l'Arc de Triomphe une gerbe en forme de Croix de Lorraine. A la sortie des classes, les étudiants des grands établissements parisiens se dirigent vers les Champs-Elysées.

Le rendez-vous "secret" rassemble plus de deux mille lycéens et universitaires. Durement réprimé par les nazis, ce geste symbolique suscitera un nouvel élan dans la Résistance française.

Fondée en 1958, l'Association des résistants du 11 Novembre 1940 compte aujourd'hui une centaine de membres et multiplie les actions mémorielles, notamment auprès des lycéens. Son actuel président, Pierre-André Dufétel, a participé à la manifestation du 11 Novembre 1940 avant de s'engager dans les armées de Libération, et de servir comme pilote au sein de Groupe de reconnaissance 1/33.

 

Source: ECPAD

 

11 nov 1940

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Voir l'image dans son contexte: http://lythosav.edres74.ac-grenoble.fr/cnrd2003/man11no.htm

 

Par François Gervais - Publié dans : Petite chronique de l'Histoire - Communauté : Passion Histoire
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Samedi 30 octobre 2010 6 30 /10 /Oct /2010 18:41

Exposition 1941

Seconde partie.

 

En établissant  -avant même que l'occupant ne lui réclame-  un statut des juifs, le gouvernement de Vichy provoque la disparition de nombreux et talentueux artistes juifs. Dès lors, une véritable "chasse aux sorcières" touche toute la profession des arts et du spectacle...

Avant que les Allemands vainqueurs ne lui demandent, le gouvernement de Pétain, réfugié à Vichy, organise l'exclusion des juifs des professions de la culture.

Le 3 octobre 1940, en effet, est édictée la première loi sur le statut des juifs: il leur est interdit tout emploi dans les services étatiques culturels, et toute fonction de responsabilité dans les métiers liés aux journaux, salles de spectacles, distribution et fabrication de films, ainsi que de radiodiffusion. Elle précède la loi allemande du 18 octobre 1940 qui impose << la déclaration de toutes entreprises juives afin de les mettre en gérance et de les vendre >>.

Affiche expoAinsi, pour travailler dans le cinéma, une carte d'identité professionnelle est désormais obligatoire. Délivrée après examen d'un extrait de naissance, elle élimine les juifs et les étrangers.

Très exposés, les gens du spectacle sont la cible de dénonciations par vengeance et jalousie. Sacha Guitry devra se défendre d'avoir des parents juifs russes, tandis que Charles Trenet sera accusé d'être un fils de rabbin. Abel Gance se verra reprocher de faire appel à des producteurs juifs pour financer ses films.

Ces mesures racistes provoquent la disparition de nombre de professionnels de tous les domaines du spectacle, obligés de s'exiler: auteurs, producteurs, réalisateurs, acteurs, techniciens.

Le vide créé va profiter à certains car la demande de spectacles s'accroît après la défaite de mai 1940. Dans le cinéma notamment, l'exclusion des juifs et la fin de la concurrence américaine d'Hollywood, va créer des opportunités que saisiront les jeunes réalisateurs français (Becker, Bresson, Cayatte, Clouzot, Autan-Lara, Allegret, etc.)

Pour compléter les lois de Vichy, les Allemands publient, en octobre 1940, "Les listes Otto": ce sont des listes d'ouvrages à détruire, écrits par des réfugiés politiques ou des écrivains juifs. Ils sont accusés d'empoisonner l'opinion publique française. Sont condamnés au pilon, en vrac: De Gaulle, Aragon, Kessel, Malraux, Einstein, Marx, Freud, Blum, Zweig...

Les Allemands vont demander aux éditeurs français d'établir eux-mêmes des listes de livres à interdire et tenter ainsi de leur faire porter la responsabilité de la censure. En fait, les éditeurs doivent se plier aux ordres des services de la propagande et de l'ambassade allemande.

Le second statut des juifs de 1941, édité par Vichy, renforce les exclusions et la loi du 17 novembre 1941 interdit aux juifs l'édition et l'impression d'ouvrages quelconques. Ainsi, le monde de l'édition sera lui aussi repris en main par Vichy pour éliminer toute production "judéo-bolchéviste".

Le gouvernement de Pétain s'est donc aligné, de son plein gré, sur les positions de l'Allemagne: bannir les juifs de la culture et de sa diffusion.

 

Michel Vigourt

Seconde Guerre mondiale 1939-1945. N° 3 / 07-08 02

 

Fin de l'article.

 

Ci-dessous les actualités françaises de 1941 relatant l'exposition "Le juif et la France".

 

Par François Gervais - Publié dans : Culture - Communauté : Passion Histoire
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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 15:28

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Né catholique de parents alsaciens, Harry Baur est au sommet de la gloire quand la France est occupée. Il n'hésitera pas à tourner pour la "Continentale" et même en Allemagne. Pourtant, victime de la rumeur des journaux antisémites, il sera arrêté par la Gestapo et mourra des suites de son incarcération...

 

hbMonstre sacré du cinéma français des années 30-40, acteur puissant venu du théâtre, Harry Baur possède une énorme personnalité. Très populaire, c'est un remarquable comédien de composition. Il est inoubliable dans ses nombreux rôles: Jean Valjean, Beethoven, Maigret, Raspoutine, Tarass Boulba, Poil de carotte, Crimes et Châtiments, Premier Bal...

En 1940, Harry Baur, âgé de soixante ans, est au sommet de sa carrière lorsque la défaite de mai et l'Occupation, annulent ses projets de films.

Il accepte alors, en 1941, de tourner dans le premier film de la Continentale (firme de cinéma allemande créée à Paris): "L'assassinat du Père-Noël", de Christian Jaque. Après un second film pour la même firme, il fréquente les réceptions des occupants allemands, comme d'autres comédiens français.

Harry Baur va alors s'enfermer dans un piège. En effet, dès 1940, des journaux français antisémites l'accusent d'être juif. L'acteur s'en défend en publiant un rectificatif avec un certificat "aryen" et se croit tranquille.

Oubliant toute prudence, Harry Baur part à Berlin pour tourner la "Symphonie d'une vie". Il sera le premier parmi les vedettes françaises à tourner un film allemand au coeur de la guerre. Il rejoint donc l'Allemagne en septembre 1941 avec un contrat de six mois pour, avant le tournage, apprendre l'allemand. Comble de tout, pendant son séjour, il est photographié à Nuremberg en train d'écouter dans la foule un discours de Hitler. Cette photo sera publiée en France.

Les Allemands possédaient déjà un dossier où Harry Baur et sa femme sont soupçonnés d'être juifs. Quand il revient en France, au printemps 1942, il suffit d'une dénonciation supplémentaire pour déclencher son arrestation. Elle aura lieu le 30 mai de la même année.

La Gestapo se sent dupée et se montre furieuse: comment un acteur prétendu juif a t-il pu échapper à la censure jusqu'à aller tourner un film en Allemagne?

Harry Baur va subir une détention très dure de quatre mois: en plus des interrogatoires, il ne reçoit ni vêtement, ni colis, ni visite, et il est privé de médicaments alors qu'il est malade. Libéré en septembre 1942 après avoir perdu trente-sept kilos, il tente de se soigner chez lui. Mais trop diminué physiquement et moralement, il meurt le 8 avril 1943 à Paris.

Les nazis imposent le silence autour de sa disparition, et ainsi de nombreuses rumeurs vont circuler sur son emprisonnement et sa mort: il aurait été collaborateur, résistant, ou bien espion anglais, il serait mort en déportation, ou alors sous la torture en Allemagne...

Né à Paris de parents catholiques alsaciens, Harry Baur connaît son premier grand succès en 1930 où il joue un banquier juif dans "David Golder", de Julien Duvivier. Il joue ensuite dans "Le juif polonais". Il dira alors << après cela, il ne se trouvera personne pour croire que je suis un vieux catholique ! >>

En fait, Harry Baur n'avait connu le succès que tardivement, à partir de cinquante ans. Voulant continuer à être acteur, il s'est sans doute laissé entraîner à des fréquentations compromettantes par amour de son métier. Il n'a pas mesuré combien cette attitude était dangereuse au milieu des nazis, des antisémites et des dénonciateurs...

 

Michel Vigourt

Seconde Guerre mondiale 1939-1945. N° 3 / 07-08 02

 

Fin de la première partie. A suivre: La loi sur le statut des juifs en 1940 bouleverse la vie culturelle française.

Par François Gervais - Publié dans : Culture - Communauté : Passion Histoire
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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 14:55

40-05-08

L'opération de sauvetage par la mer du Corps Expéditionnaire britannique (225 000 hommes) et d'une partie de l'Armée française (125 000 hommes), eut lieu du 26 mai au 3 juin 1940. Elle allait préserver l'Angleterre de l'invasion nazie. La Grande-Bretagne restée seule en guerre, devint le bastion d'où les armées alliées fortes du renfort des Etats-Unis, allaient le 6 Juin 1944, engager une bataille décisive pour libérer une partie de l'Europe.

 

22 MAI 1940. Le corps d'armée blindé du général allemand Heinz Guderian traverse l'Escaut et fait route au nord pour attaquer les forces alliées qui refluent sur Dunkerque. Mais, suite à son avance foudroyante, elle est à bout de force et de carburant. Elle doit faire une pause.

Le 24 mai, Hitler ordonne l'arrêt de l'avance de ses troupes. Il est possible qu'il veuille laisser à son aviation le soin d'anéantir les alliés. Mais devant le succès de l'opération d'évacuation, les combats reprendront, encore plus furieux, maison par maison. Les Allemands jetteront tout ce qu'ils ont dans la bataille.

Le 25 mai, sur la côte sud anglaise, se forme une armada de bateaux, comprenant tout ce qui peut flotter! Navires de commerce, de pêche, remorqueurs, bateaux pompe, voiliers, bateaux à roue, plaisanciers à fond plat de la Tamise; bref, des embarcations de toutes sortes. En tout, près de 800 navires, encadrés par des destroyers de la "Royal Navy", et des petits bâtiments de guerre.

A Douvres, l'opération est dirigée par l'amiral Ramsey, et à Dunkerque par le vice-amiral Sir W.F. Wake Walker. Ce dernier, après la perte du destroyer sur lequel il avait mis sa marque, la mettra sur la vedette lance-torpille "MTB 102". Ce petit navire, grâce à sa vitesse de 40 noeuds, réussit à éviter toutes les attaques aériennes.

bourrasqueL'amiral Darlan, chef d'état-major de la Marine française, avait préconisé de donner la priorité d'embarquement aux troupes britanniques, mais Winston Churchill, alors premier ministre de Sa Majesté, ordonne qu'aucune discrimination ne soit faite. Et ce sera << Le miracle de Dunkerque >> ! Deux cent mille soldats britanniques et cent quarante mille soldats français traversèrent la Manche pour être débarqués en Angleterre. Ceci au prix de 200 navires coulés et du sacrifice de 35 000 soldats français qui réussirentà contenir l'avance allemande. (1)

Le rôle joué par les "Little Ships" sera capital. Le port de Dunkerque lui-même avait été rapidement mis hors service par l'aviation allemande. Le rembarquement avait dû se faire par les plages. Grâce à leur faible tirant d'eau, tous ces petits bateaux firent, jour et nuit, la navette entre les plages et les plus gros navires, embarquant à chaque rotation un maximum d'hommes. En exemple, une embarcation de sauvetage de la "Royal Navy", d'une quinzaine de mètres de long, sous les bombes et le mitraillage des "stukas", put sauver 2 000 hommes.

Le sauvetage de cette armée fut d'un grand secours dans la Seconde Guerre mondiale, où la Grande-Bretagne dut combattre seule pendant un an contre les forces allemandes. Ces soldats luttèrent sur tous les fronts, jusqu'à la victoire finale.

évacuationHélas, il n'en fut pas de même pour les soldats français! Ils furent, dès leur arrivée, sur ordre du grand état-major français, rembarqués à destination de Brest, pour aller défendre le << réduit breton >>. En réalité, ils furent faits prisonniers. On peut imaginer ce qui aurait pu arriver s'ils étaient restés en Angleterre et avaient rejoint les Forces Françaises Libres!

Je me dois de clarifier un point. La propagande allemande, arme très importante, se contenta de montrer l'important matériel de guerre abandonné par les Britanniques et les Français, ainsi que les files de prisonniers alliés. Mais, dès l'Armistice du 22 juin 1940 entre la France et le IIIe Reich, la propagande du gouvernement de Vichy s'empara de cette épopée, qui fut alors traînée dans la boue contre les Britanniques. En effet, << la perfide Albion était devenue l'ennemi héréditaire >>.

Rapidement, circulèrent des récits de soldats français rejetés à la mer, d'autres, reçus à Douvres baïonnettes au canon par des Anglais vindicatifs et bien d'autres avanies. Heureusement, de nos jours, la vérité peut éclater. Il n'y a qu'à considérer le nombre de Français débarqués! 125 000! On peut également consulter sur Internet les photos de cet évènement. Les casques français sont très reconnaissables et très nombreux.

A Dunkerque, un très beau musée existe, dédié à l"Opération Dynamo". Il s'agit du Mémorial du Souvenir, dont le directeur et animateur est Lucien Dayan. On peut y suivre, grâce à des maquettes, souvenirs et films, toute la bataille de Dunkerque et sa terrible violence. A découvrir donc.

Commandant Pierre Buisset

LVDC n° 1758 / 10 2010

 

(1). A terre, le contre-amiral Abrial commandait le camp retranché de Dunkerque et les combats qui permirent de retarder l'avance allemande.

 

Ci-dessous un documentaire allemand relatant les combats de Dunkerque.

 

 

 

 

 

 

Par François Gervais - Publié dans : Récits de guerre - Communauté : Passion Histoire
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