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Publié par François Gervais

Barrage-du-GHRIB-9

En début d'année 1961, se déroule l'une des embuscades les plus terribles de la guerre d'Algérie. Dans la vallée du Haut Chéliff, à proximité du barrage du Ghrib, un convoi humanitaire de l'Equipe médico-sociale itinérante et son escorte sont attaqués par des rebelles. L'embuscade fait sept morts parmi lesquels quatre jeunes femmes dont le nom figure aujourd'hui sur le Mémorial du Quai Branly à Paris.

Pour parfaire la mission de pacification et de promotion de l'Algérie, une équipe composée de personnels féminin de l'Armée de Terre (PFAT) est mise sur pieds en 1957. Elle est chargée de prendre contact dans les "douar" avec la population féminine musulmane. Cette équipe pilote, en liaison avec les services de santé des Armées, a participé aux séances d'assistance médicale gratuite et d'hygiène (AMG). Face au succès rencontré, l'état-major décida de développer l'expérience dans les différentes zones de l'Algérie. De jeunes musulmanes (Harkettes) y ont été intégrées et servaient notamment d'interprètes.

Le 19 janvier 1961 a connu l'une des plus tragiques embuscades de la guerre d'Algérie. L'attaque se tient à 35 km d'Affreville (à proximité du barrage du Ghrib), dans la vallée du Haut Chéliff. Quatre jeunes femmes de l'Equipe médico-sociale itinérante (EMSI) s'étaient rendues, dans le cadre de l'assistance médicale gratuite, prodiguer des soins auprès des populations regroupées en deux villages à la cote 749, protégés par une unité du 28e Régiment de Dragons.

sasDes anciennes des EMSI reviennent aujourd'hui sur cet épisode. << La SAS (Section Administrative Spécialisée) avait, comme à l'habitude, mis un véhicule "Dodge" à la disposition de quatre jeunes femmes avec, en plus du chauffeur, quatre hommes armés pour les protéger >>. Par ailleurs, l'aumonier militaire Paul-Joseph Seïté, accompagné de son chauffeur et d'un dragon de protection, s'était rendu auprès du détachement en poste à la cote 749. Il se joint au convoi du retour à bord de sa 2 CV personnelle, profitant ainsi de l'escorte des EMSI. Le convoi s'échelonne alors sur 1,5 km.

<< A l'approche du poste de Djellida, vers 17 h, un groupe d'une quinzaine de rebelles attendait le convoi sur le bord de la route. La première rafale blessa le chauffeur du "Dodge", tua la jeune femme qui se trouvait à côté de lui et deux Moghaznis. L'assaut du convoi s'ensuivit et tout alla très vite malgré la riposte de deux supplétifs >>.

Les rebelles, qui ne s'attendent pas à l'arrivée des derniers véhicules du convoi, prennent la fuite laissant derrière eux sept morts. Le père Paul-Joseph Seïté, d'origine bretonne, en Algérie depuis trois ans, est retrouvé le corps lardé de coups de couteaux dont l'un planté dans la gorge. Au sein de l'Equipe médico-sociale itinérante: Christiane Guenon, arrivée de Gironde depuiq quelques mois, est tuée. Les trois autres jeines femmes originaires de la région, Kheira-Djémila Madani, M'Barka Kedassa du Ghrib, et Saadia Chemla d'Aïn Sultan, ont été achevées à coup de mitraillettes. Deux Moghaznis de la Section administrative spécialisée, Tahar Chaouche et Ahmed Taffret, périssent également dans l'affrontement.

Il y eut cinq rescapés: le chauffeur du "Dodge" des EMSI, celui de la 2 CV du père Seïté, son Dragon accompagnateur blessé et deux Moghaznis. << Ce carnage, témoignage des risques alors encourus, nous rappelle le courage et l'abnégation des EMSI, mais aussi le cauchemar vécu par les rescapés tout au long de leur vie >>, insiste Aline, ancienne des EMSI.

Aujourd'hui, les noms des quatre jeunes femmes sont inscrits au Mémorial du Quai Branly, ainsi que celui de Germaine Kinzler, PFAT (Personnel féminin de l'Armée de Terre) ayant servi en Indochine puis volontaire pour intégrer les EMSI en Algérie en 1961. Elle a été enlevée avec son chauffeur dans le secteur de Boghari en février 1962 puis tuée par le FLN.

Il y eut bien d'autres victimes parmi les EMSI... Cinq dossiers sont actuellement en attente pour figurer sur ce mémorial.

 

A. M.

LVC / n° 1764 / 04-11

 

Nous vous recommandons la visite du site "Miages-Djebels" qui relate d'une manière plus approfondie, le rôle des EMSI pendant la guerre d'Algérie.

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Hannachi NESSAL 16/09/2014 05:07

Bonjour,
mon père Nessal Benabdelhouaed (Madani) faisait partie des suppletifs du 28 eme régiment de Dragons, je suis d'ailleurs moi même né à la SAS du barrage de Ghrib le 5 février donc peu de temps aprés , et je me souviens qu'il m'avait relaté ces faits tragiques. Je ne pense pas qu'il soit un des rescapés mais je sais que cela l'avait très lourdement affecté, tout autant que l'absurdité de cette guerre et de toutes les autres. Puisse chacun trouver désormais la paix intérieure.

boehm robert 17/08/2014 21:15

j'ai vécu 12 mois à 749 comme s/officier et souvent responsable de la section et j'ai aussi vécu ces choses là et d'autres (en 1959/60)