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Publié par François Gervais

JEAN M~1
Les 18, 19 et 20 décembre 1964, par un temps glacial, les cendres de Jean Moulin sont transférées du cimetière du Père-Lachaise au Panthéon. Cette "panthéonisation" (la seconde, après celle de Félix Eboué en 1949), est l'acte final des célébrations organisées à l'occasion du 20e anniversaire de la Libération.

malraux-moulin-panthéonC'est à cette époque, dans les années soixante, que Jean Moulin, le coordinateur des réseaux de Résistance en métropole, accède au statut de symbole que nous connaissons aujourd'hui. Cette "panthéonisation", la plus haute reconnaissance accordée par la France à ses Héros, n'est pas étrangère à cette approche nouvelle du souvenir de Jean Moulin.

A l'origine, cinq noms avaient été retenus: Pierre Brossolette, Jean Cavaillès, Jacques Bingen, Berthie Albrecht et Jean Moulin, mais ce dernier était le seul à remplir l'ensemble des conditions nécessaires. Il fallait être un pionnier de la Résistance et y avoir exercé des responsabilités, mais aussi, être mort de façon héroïque.

Seuls Jean Moulin et Pierre Brossolette remplissent ces conditions, mais ce dernier avait connu quelques conflits avec le général de Gaulle, notamment durant la guerre. De plus, son parcours est par trop subversif (normalien devenu journaliste pigiste...) comparé à celui de Jean Moulin: un haut fonctionnaire fidèle dès le départ.

C'est donc Jean Moulin qui devient le Héros éponyme de la Résistance nationale. Cette "panthéonisation" permet à Jean Moulin de passer à la postérité dans la mémoire, de devenir le vecteur d'une mémoire officielle toute entière inscrite dans le gaullisme.

LE DISPOSITIF

Cette importante cérémonie est organisée conjointement par André Malraux, ministre des Affaires Culturelles et Jean Sainteny, ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (l'un des chefs du réseau résistance "Alliance").

Vendredi 18 décembre 1964 au matin.
Exhumation des cendres de Jean Moulin, reposant au columbarium du Père-Lachaise. Le ministre des Anciens Combattants fait ouvrir l'urne pour examiner son contenu (elle porte le n° 10.137 que le policier Misselwitz avait télégraphié, de mémoire, d'Allemagne). L'urne funéraire, placée dans un cercueil, est transportée en convoi automobile au Mémorial des Martyrs de la Déportation, sur l'Île de la Cité. Jusqu'à 21 heures, le public défile devant le cercueil déposé dans la crypte. Dans la soirée, il est hissé sur un engin blindé de reconnaissance, précédé des drapeaux des associations d'anciens combattants, escorté par la Garde Républicaine à cheval, gagne lentement le Panthéon, où il est placé sur un catafalque édifié sur les marches du monument pour être veillé par des Compagnons de l'Ordre de la Libération, des résistants et des anciens combattants.

Samedi 19 décembre 1964 vers midi.
Début de la cérémonie officielle présidée par le Général de Gaulle. Au milieu du peuple de Paris, un hommage grandiose est rendu à Jean Moulin en présence des membres du gouvernement, du Conseil National de la Résistance, des Compagnons de la Libération, de nombreux préfets et parlementaires, ainsi que d'innombrables représentants de la Résistance, dans un climat inoubliable de ferveur et d'union nationale. André Malraux prononce alors un discours d'éloge funèbre resté gravé dans les mémoires.

Après le discours, les Troupes de la Garnison de Paris défilent devant le catafalque. Puis le cercueil est porté par huit militaires à l'intérieur du Panthéon pendant que sont joués "La Marche lugubre" de Gossec, et "Le Chant des Partisans" de M. Druon, G. Kessel et A. Marly. Le Général de Gaulle, accompagné du Premier Ministre, Georges Pompidou, d'André Malraux et de Jean Sainteny, pénètre à l'intérieur du Panthéon pour s'incliner une dernière fois devant le cercueil de Jean Moulin.

Dimanche 20 décembre 1964.
Le cercueil est définitivement placé dans un sarcophage de pierre identique à celui des autres hôtes du Panthéon, avec une simple inscrition: JEAN MOULIN 1899-1943

Aude Vassallo
charles-de-gaulle.org

Nous vous conseillons de visiter le site de la Fondation Charle De Gaulle d'où est extrait cet article.
www.charles-de-gaulle.org

Eloge funèbre de Jean Moulin, par André Malraux (extrait)



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