Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par François GERVAIS

La Poche de Saint-Nazaire est une zone de résistance allemande à la fin de la Seconde Guerre mondiale et le port, une importante base pour la marine allemande. Après la bataille de Normandie et la percée d'Avranches, les Alliés libèrent tout l'ouest de la France. Une poche de résistance se forme alors autour de Saint-Nazaire facilitée par les fortifications que les Allemands avaient construites autour des principaux ports de la façade atlantique.

Après le Débarquement du 6 Juin 1944, les troupes américaines mettent deux mois pour arriver des plages jusqu'à Avranches. Elles y percent le front allemand et commencent ainsi à libérer la Bretagne le 1er août 1944. Près de 100 000 soldats allemands, qui ne peuvent plus contenir l'avance foudroyante des blindés américains, se réfugient vers les ports autour de Saint-Malo, Brest, Lorient et Saint-Nazaire. Ceux de Lorient et Saint-Nazaire, transformés par les Allemands en véritables forteresses (festung) et dont les ports sont minés, ne présentent plus d'intérêt stratégique pour les Alliés qui vont se contenter de les encercler. Autour de Saint-Nazaire, à partir du 15 août 1944, la population civile d'un tiers du département se retrouve "empochée" dans une enclave d'environ 1 500 km2. La poche de Saint-Nazaire est née, 130 000 civils français sont pris au piège par 28 000 soldats allemands. Les chars américains, après avoir libéré Nantes le 12 août, partent vers Chartres puis Paris...

Des milliers de Français rejoignent les Forces Françaises de l'Intérieur (F.F.I.) qui vont avoir la tâche commune, avec les Américains, de contenir la "poche". Les volontaires du département sont les premiers à se porter sur le front de la forteresse où ils constituent six bataillons FFI. Ils doivent tenir seuls jusqu'à l'arrivée de renforts des autres départements. Les volontaires viennent du Morbihan, des Côtes du Nord (Armor), de l'Ille et Vilaine, du Maine-et-Loire, de la Vienne, de la Sarthe avec un détachement de Parisiens, de la Vendée, du Loir-et-Cher, de l'Indre, du Limousin avec quelques Alsaciens-Lorrains, de la Normandie, de l'Oise, du Nord et des Ardennes... Les forces françaises sur la Poche comptent même une unité blindée FFI qui a récupéré des chars allemands en Normandie !

En novembre 1944, l'armée régulière française vient prendre position sur le front pour aider les FFI. La brigade Charles Martel, composée des 27e et 32e régiments d'infanterie, du 17e bataillon de chasseurs à pied et du 8e Cuirassiers, est commandée par le colonel Chomel. Il sera passé général pour prendre le commandement de toutes les unités françaises sur le front de la Poche et constituer la 25e Division d'Infanterie à partir de ces 16 500 soldats. L'armée américaine participe aussi à l'encerclement en défendant le secteur Est avec la 94e Division d'Infanterie à partir du 17 septembre. Cette unité sera remplacée debut janvier 1945 par la 66e Division d'Infanterie commandée par le major-général Hermann Kramer. Son insigne, une tête de panthère noire, vaut à ses hommes le surnom de "Black Panthers".

Les civils français qui se retrouvent enfermés dans cette enclave manquent de tout, et d'abord d'électricité. Ils sont privés de ravitaillement extérieur et aussi de charbon alors que l'hiver va être très froid. La Croix Rouge organise des équipes de secours qui se chargent de transporter les malades... sur un tandem ! Parmi les encerclés se trouvent de nombreux Résistants qui commencent à s'organiser. Leur chef départemental, Chombard de Lauwe, encourage les plus actifs à s'échapper de la Poche pour s'engager dans les forces armées qui tiennent le Front.  L'administration française reste en place, avec mairies et gendarmes... sous les ordres du sous-préfet Benedetti. S'il a autrefois été nommé par Vichy, il est cependant reconnu par le nouveau gouvernement du général de Gaulle à Paris car c'est en fait un agent de la Résistance ! Les civils apprennent en octobre 1944 qu'il existe une possibilité de quitter l'enclave: des trains d'évacuation sont mis en place, sur un commun accord entre les Allemands et les Alliés. Près de 20 000 personnes pourront sortir de la Poche. Afin d'estimer les besoins alimentaires de la population restée sur place, deux Suisses, membres de la Croix Rouge internationale de Genève, pénètre dans la Poche. De retour à l'extérieur, ils organisent la constitution de trains de ravitaillement. Ces trains sont accueillis comme une bénédiction par une population qui crève littéralement de faim.

Le siège de la poche dure 9 mois. Le 8 Mai 1945 à Cordemais, le chef d'état-major du général Junck signe la capitulation des troupes allemandes de la festung de Saint-Nazaire. Une cérémonie est prévue pour le 11 mai, ce délai devant permettre aux Allemands de déminer les principaux accès à la poche, ainsi que les superstructures du port en lui-même. Le 11 mai à Bouvron, en présence du général français Chomel, le général Junck remet son arme au général américain Kramer, en signe de reddition de ses troupes. Les troupes françaises et américaines traversent alors les anciennes lignes et libèrent tous les villages sous les acclamations de la population civile, la Poche n'est plus qu'un souvenir...

Le 23 juillet 1945, l'avion du général de Gaulle atterrit à Escoublac. Le Général, qui a incarné l'espoir pendant les années sombres de l'Occupation, traverse la presqu'île en voiture et se rend dans les ruines de Saint-Nazaire pour prononcer un vibrant discours; il écrira dans le livre d'or de la municipalité: <<A Saint-Nazaire qui est un exemple et un espoir>>.
Luc Braeuer (VDC 2008)


Pour un développement plus poussé sur "La Poche de Saint-Nazaire" je vous conseille d'aller visiter les pages suivantes:

Le Musée de la poche de Saint-Nazaire: link

Le site d'Aremors: link

Commenter cet article