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Publié par François GERVAIS

Lecture de l'Appel du général COCHET par M. François Gervais, Secrétaire de l'UFAC locale, à l'occasion de la cérémonie du 18 Juin 2008, commémorant l'Appel du général de Gaulle et des divers appels à la Résistance de 1940.

VEILLER, RESISTER ET S'UNIR

VEILLER.

A l'armistice, deux attitudes s'offrent à Hitler à notre égard:

1) exiger d'emblée tout ce qu'il veut;
2) temporiser, jouer au coeur tendre, prôner l'entente franco-allemande pour la construction d'une Europe nouvelle.

Il a choisi la seconde, qui lui donne le moyen de nous retourner contre l'Angleterre, et par la suite, de nous livrer pieds et poings liés et sans espoir à ses exigences finales.

L'asservissement politique étant déjà acquis par la victoire allemande, tout réarmement est désormais impossible. C'est la dépendance économique définitive de la France à l'Allemagne. Certains voient dans l'ordre européen nouveau une sorte de fédéralisme, où la France serait traitée sur le même pied d'égalité par l'Allemagne. On oublie qu'il n'est pas dans l'habitude, ni dans la manière nazie, de traiter le faible et le vaincu de la sorte. De plus, comment concevoir un fédéralisme entre deux pays aux conceptions juridiques et
sociales aux antipodes l'une de l'autre.

RESISTER.

Veillons ensuite à ne pas laisser le peuple français s'abandonner à la volonté du vainqueur et accepter la contrainte. Il faut lui faire comprendre:

a) Que la France s'est déjà trouvée dans des situations tragiques, qu'elle en est sortie, mais non sans efforts et sacrifices considérables, et en faisant preuve d'une volonté farouche de maintenir une France libre, d'une abnégation totale des intérêts et des vies des particuliers devant l'intérêt supérieur du pays.

b) Que plus nous nous montrerons conciliants, faibles en un mot, plus les Allemands qui ont le culte de la force, seront exigeants; conservons au moins ce qui est indéfectible sinon attaquable: la force morale à défaut de force matérielle, la volonté de RESISTANCE à défaut de résister.

c) Qu'une grande force de devoir et une inébranlable volonté de RESISTANCE trouveront toujours des occasions favorables de s'exercer, afin de recouvrer même une petite parcelle d'indépendance, de puissance, de prestige, de grandeur et de prospérité.

S'UNIR.

Cette unanimité qui doit conduire au rétablissement de l'unité du peuple français, peut et doit s'obtenir comme ceci:

- Sur un but commun, si lointain puisse-t-il actuellement paraître: il faut rétablir la France dans sons intégrité et son indépendance avec l'union des français de toute classe et de toute opinion.

En résumé, un seul ennemi: l'Allemand, et avec lui tous ceux qui l'aident ou l'appellent.

Il faut malheureusement reconnaître que parmi les causes nombreuses de notre déroute, l'affaiblissement du sens national, l'absence de volonté de maintenir une France puissante et, par la suite, de la défendre jusqu'au bout, ainsi que la désunion des français, voilà les principaux éléments qui découlent de notre défaite de juin dernier.
Il nous faut restaurer le sens national, l'esprit de sacrifice, l'union des français, telle doit être notre première tâche si nous voulons que la France vive et se rétablisse.

Toutefois, un obstacle capital à l'union des français: le ressentiment trop naturel de chacun envers son ennemi, qu'il accuse et sur lequel il rejette toute la responsabilité du désastre. Il est essentiel de refouler tous ces sentiments afin de pouvoir faire l'union des français sur l'idée de la Patrie d'une part, et instaurer d'autre part, une politique purement française qui ne prenne en considération, à l'extérieur comme à l'intérieur, que l'intérêt et l'avenir de la France, avec comme base les traditions, la pensée et les aspirations françaises.

Vive la France !

Général Gabriel COCHET
6 septembre 1940

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