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Publié par François GERVAIS

En cette année de 90e Anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, il est bien de rappeler le rôle important qu'a joué Louise de Bettignies dans les services secrets. D'une efficacité remarquable et d'un courage indomptable, elle demeure une des plus belle figure de cette époque.

Rien ne pouvait faire prévoir son destin particulier. D'excellente famille, mais ruinée, elle part seule à 18 ans dans un couvent en Angleterre pour être en parfaite possession de la langue. Particulièrement douée, elle parle, après un stage en Autriche, un allemand excellent, puis l'italien et le néerlandais. Longue, mince, les yeux bleus et les cheveaux châtains, rien dans son aspect assez neutre, ne laisse deviner sa personnalité affirmée.

A la déclaration de guerre, Louise, à l'époque en Hollande, veut rejoindre sa mère à Amiens. Mais, étant arrivée à Lille, elle ne peut continuer en raison de l'avance allemande. Au bout d'un certain temps elle est convaincue que le seul moyen de regagner la France est de passer par l'Angleterre. Elle y débarque. La police filtre les réfugiés. Non seulement elle répond aux interrogatoires sans aucun accent, mais encore donne des renseignements sur les forces de l'invasion, les détails d'armement qu'elle a pu recueillir, les noeuds ferroviaires français qu'il serait capital de faire sauter... Elle est introduite auprès du représentant local du Deuxième Bureau anglais: l'Intelligence Service: <<Mademoiselle, vous aller retourner en France et nous tenir très précisément au courant de la mobilité des troupes allemandes, de leurs effectifs et de leur rayon d'action...>>

Louise de Bettignies accepte. Elle doit préalablement effectuer un stage à Folkestone pendant lequel elle sera initiée aux techniques de l'espionnage: encres sympathiques, code secret... Elle apprend également à relever des plans, à reconnaître les plus grosses pièces d'artillerie, à identifier au bruit de leur moteur les premiers avions...

De retour en France, la voilà à pied d'oeuvre à Lille, munie de faux papiers que lui a fournis son frère, curé d'Orsinval. Elle recrute une équipière et peu à peu monte tout un réseau d'hommes et de femmes de toutes conditions vivants dans tous les milieux. Prêtres, agents de police, lingères, cheminots, sages-femmes recueillent et lui transmettent ce qui paraît intéressant pour la défense du pays.

Louise passe la frontière belge en carriole, jouant le rôle de fermière avec oeufs et volailles. Déguisée en Hollandaise, chaussée de sabots et portant bonnet, son jupon blanc est riches de documents et de messages écrits au jus de citron qu'un réacteur rendra visible à l'arrivée. A moins que le talon de sa chaussure, ou le ruban de son chapeau de paille ne cachent un papier de soie roulé avec les plans des tranchées allemandes. Rien ne l'arrête: elle se glisse sous les barbelés, traverse les ruisseaux.

Son "coup" le plus incroyablement audacieux fut d'endosser l'uniforme allemand, pour se mélanger dans une brasserie de Bruxelles aux officiers qui jouaient au billard. Leur conversation dûment aiguillée lui fournit un faisceau d'indications, de mouvements dans les unités. C'est grâce à cette audace que le G.Q.G. anglais connut les routes et les ponts empruntés par les convois et put stopper une avance redoutable.

Tant de volonté et de courage, ainsi que de méthode et de décision, font-ils de Louise de Bettignies un être tendu, crispé, sur ses gardes? Même pas! Tous les récits s'accordent pour la décrire comme une jeune fille gaie, d'un rayonnement et d'une vitalité étonnante.

Hélas, elle est arrêtée pour un détail stupide: voyageant avec une amie, elle tente de lui faire passer la frontière avec son propre passeport. Un policier en civil l'arrête... Elle est incarcérée à la prison de Saint-Gilles à Bruxelles. Son intelligence et son adresse lui permettent de se tirer des interrogatoires successifs. Mais elle demeure suspecte aux Allemands. C'est alors qu'elle manque de perspicacité et se confie avec une franchise qu'on s'explique mal à une jeune femme introduite dans sa cellule, et qui est un "mouton".

Elle parraît devant le tribunal militaire et sera condamnée à mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité. Transférée à Cologne, malade et sans soins, elle meurt le 17 septembre 1918, sans avoir vu la Victoire des Alliés...

Les Services de Renseignements anglais rendirent à Louise de Bettignies un vibrant hommage. La technicité du réseau qu'elle avait créé, le cloisonnement qui faisait de chaque agent une unité propre ignorant les activités des autres membres, servirent de modèles aux résistants de la Seconde Guerre mondiale. Le titre de Jeanne d'Arc du Nord qui lui fut dédié par l'Evâque de Lille est dû à son vibrant patriotisme et à son courage invincible.
S. Labbey/VDC

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Stievenard Jeanine ecrivain 22/10/2009 16:50


Bonjour, j'ai écris  en 2009 Louise de Béttignies dit Alice Dubois, qui a été publié chez Edilivre.com dans "coup de coeur" si vous voulez acheter le livre c'est Edilivre, 56, Rue de Londres,
75005 Paris Tél. 0144909110 Si vous voulez plus de renseignements: jeanine Stievenard, 59, Rue Bonte Pollet, 59000- LILLE Tél. 0320089231 ou jeanine.stievenard@wanadoo.fr
Bonne continuation à vous. J.S.


Bertin de Bettignies 03/10/2009 09:33


je suis surpris de lire cet article qui comporte malheureusement pas mal d'erreurs, d'après les documents que je posséde.
Sesparents habitérent Lille dés 1895. En 1898 , elle part effectivement faire des études en Angleterre pendant trois ans. Son père décédé en 1903, elle finit ses études à Lille en 1906 à la Faculté
des Lettres.
Ma grand tante parlait effectivement l'anglais , l'allemand , l'italien mais pas le néerlandais. A la déclaration de guerre elle habitait à Lille 166 rue d'Isly ; fin aout 14, elle conduisit sa
mère chez son frère à Bully les Mines et retrourna à Lille . Elle participa à la défense de Lille avec sa soeur Germaine  notament en allant porter du ravitaillement aux territoriaux qui
défendaient la porte de Béthune à Lille du 9 au 11 octobre 1914. Lille occupée par les allemands, elle devint une "infirmière traductrice" dans un hopital de Lille. En décembre 14 elle accepte , à
la demande de l'évêque de Lille, de transporter quelques trois cent lettres en France libre ; aprés un essai infrutueux par Valenciennes et Orsinval ( où son frère Henri , curé, lui donne
effectivement des papiers au nom d'Alice Dubois), elle repart à travers la Belgique , la Hollande et l'Angleterre pour arriver à Boulogne et rejoindre sa mère à Saint Omer . Son passage à Amiens et
Chantilly est réalisé pour rencontrer son directeur spirituel et le général de Castelnau.
Son réseau sur l'agglomération lilloise fut actif de février jusqu'à son arrestation le 20 octobre 15 à Froyennes . Enprisonnée à Tournai puis transferrée à Bruxelles le 24 octobre, elle ne sera
jugée que  le 16 mars 1916 à Bruxellesoù elle est condamnée à mort et graciée le 21mars . Elle ne sera envoyé en prison en Allemagne que le 24 avril 1915
Le "coup" de Bruxelles est une belle légende .L'efficacité de son réseau est effecivement une réalité.
Elle est décédée à Cologne le 27 septembre 1918 et non le 17( erreur bien connue provenant du livre d'A Rédier)
Ele se vit attribuer la croix de guerre avec palmes par une décision du marécal Joffre  ( alors général commandant en chef) signée le 20 avril 1916
Elle fut nommé chevalier de la légion d'honeur par un décret signé le 7 octobre 1918.
Elle fut faite "officier de l'empire britannique" en 1919 par le Roi Georges VI.
Des funérailles digne d'un officier général (cercueil sur un affut de canon , troupes anglaises et francaises en armes) lui furent faites à Cologne le 20 février 1920 et à Lille le 4 mars 1920.
Elle est inhumée dans la tombe familiale à Saint Amand les Eaux où elle était née le 15 juillet 1880 septième des neuf enfants de ses parents.
Un monument fut érigé en 1927 à Lille, après une souscription nationale , et inauguréle 13 novembre 1927 par le Maréchal FOCH et le Ministre Louis Marin en présence de sa mère ( celle ci est
décédée le 22/12/1927 à 83 ans)


TERTERRE annick 07/07/2009 22:53

Je recherche une personne demeurant à Cormeray (Loir et Cher) qui a fait la guerre d'indochine avec Guy TERTERRE (celui-ci travaillait chez  les parents de la personne recherchée). Je suis la nièce de Guy Terterre. Merci.

terterre Christophe 08/05/2015 12:14

Bonjour, je suis originaire de fougères sur bievre et possède un arbre genealogique. Je suis le petit fils de Terterre Gilbert.

terterre 28/01/2015 15:34

Bonjour, je suis originaire de Fougères sur bievre et possède un arbre généalogique sur geneanet. Contactez moi par mail pour plus d'information