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A 17 h 12 l'amiral Sommerville fit cessez le feu. Le tir des bâtiments français d'abord trop court, s'était rapproché des navires britanniques. De la côte du Santon, le tir de la batterie devenait de plus en plus précis. La Force H, après la trente-sixième salve de 380, gagna une position d'où elle pourrait reprendre son tir tout en étant moins exposée.

Le massacre était suspendu. La Bretagne, coulée. La Provence échouée. Le Dunkerque, gravement avarié, le Mogador, la proue arrachée. Lorsque le parlementaire anglais avait quitté son bord, à 16 h 30, l'amiral Gensoul s'était écrié: <<J'ai tout fait pour gagner du temps. Maintenant c'est fini.>>

La flotte française qu'il commandait n'existait plus trois quarts d'heure après... A 17 h 15, il fit envoyer par radio à Sommerville: <<Vous demande de cesser le feu.>>

L'amiral anglais était préoccupé par les nouvelles que l'on venait de lui apprendre. En effet, un cuirassé du type Dunkerque était sorti du port et faisait route à l'Est. Les bombardiers de l'Ark Royal furent aussitôt envoyés dans cette direction, tandis que la Force H se lançait à la poursuite, abandonnant toute action sur Mers-el-Kebir. A 20 h 30, il y eut encore une communication de Gensoul à son heureux adversaire: <<Bâtiments de combat à Mers-el-Kebir hors de combat - stop - Je fais évacuer les bâtiments par leur personnel - stop.>>

Pour toute réponse, il reçut, à 20 h 53, cette injonction de l'Amirauté française: <<Cessez de parlementer avec l'ennemi !>>

La Force H abandonna la poursuite du Strasbourg à 19 h 20. Deux bombardier et un chasseur de l'Ark Royal avaient été abattus par la D.C.A. du navire. Le 4 juillet, à 20 h 10, le Strasbourg et les contre-torpilleurs qui l'avaient escorté, entraient dans la rade de Toulon. Les sept torpilleurs du port d'Oran: Bordelais, Trombe, Tramontane, Tornade, Typhon, Brestois et Boulonnais avaient pu gagner Alger.

La Poursuivante gagnait Toulon. Les avisos Chamois, Batailleuse, Impétueuse et le Rigault-de-Genouilly appareillèrent encore d'Oran. Le Rigault fut torpillé par un sous-marin anglais le 4 juillet. Les autres trouvèrent refuge à Bizerte.

Les forces navales d'Alger, partie intégrante de la flotte de l'Atlantique, placées sous les ordres du contre-amiral Marquis, comprenaient deux divisions de croiseurs: Marseillaise, La Galissonnière, Jean-de-Vienne, Georges-Clémenceau et Gloire et deux divisions de contre-torpilleurs: Indomptable, Malin, Fantasque et Audacieux. L'appareillage d'Alger eut lieu au début de l'après midi puis vint l'ordre de concentration sur Toulon.

Le Commandant-Teste appareilla de Mers-el-Kebir pour Bizerte le 4 juillet au matin, et arriva dans ce port le 7 au soir.

L'escadre anglaise était rentrée à Gibraltar le 4 juillet, vers 18 heures. Et l'on pouvait penser qu'on resterait là. Mais pas du tout...

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