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L'amiral Sommerville, ayant rendu compte de son brillant exploit à l'amirauté britannique, fit savoir ques les reconnaissances aériennes ne permettaient pas de connaître exactement les avaries du Dunkerque, mais ce dernier était incontestablement échoué.

L'amirauté lui fit connaître que, s'il n'avait pas la certitude que le Dunkerque ne pouvait être remis à flot et réparé en plus d'un an, il devait être soumis à un autre bombardement. Cette décision faisait peut-être suite à un communiqué assez stupide - propagande ? - diffusé depuis Bizerte par l'amiral Esteva, qui disait que l'on avait bien exagéré les avaries subies par la flotte de Mers-el-Kebir, et que celle-ci n'était pas en si mauvais état que le prétendait les Anglais.

Une nouvelle opération fut donc préparée pour être exécutée le 6 juillet au matin. Cependant, l'amiral Sommerville en avait assez de jouer à l'exécuteur des <<hautes oeuvres>>. En appareillant de Gibraltar, le 5, à 19 heures, il précisa à l'Amirauté que, par suite de la position du Dunkerque, un bombardement par mer entraînerait des pertes importantes dans la population et causerait de graves dégâts dans les habitations. Ce n'était peut-être pas tellement utile pour redonner confiance à la nation anglaise ? Dans la nuit du 5 au 6, il reçut la réponse: le bombardement par mer sera remplacé par une attaque aérienne...

Le 6 juillet au matin, le Dunkerque était donc échoué devant le port de Saint-André, à 200 m de la pêtite jetée. Il n'y avait que 300 hommes à bord. En cas d'attaque aérienne, l'intention du commandant était d'ordonner aussitôt l'évacuation. On avait suffisamment perdu d'hommes. La Provence était échouée à 300 m à l'Ouest de la bouée des fonds de 12 m, avec 120 hommes à bord. Le Mogador était accosté à l'extrémité Ouest de la grande jetée?

Le porte-avions britannique Ark Royal lança ses bombardiers à 90 milles d'Oran. A 5 h 30 du matin, une première vague de 6 Swordfish arrivèrent sur site. Comme prévu, le Dunkerque fut aussitôt évacué. Une torpille frappa le patrouilleur Terre-Neuve. Deuxième vague à 5 h 40; 3 Swordfish et 5 chasseurs, accueillis par une D.C.A. déchaînée. Le Terre-Neuve fut achevé. Troisième vague, même composition, à 6 h 04. Le remorqueur Esterel fut coulé, les grenades du Terre-Neuve explosèrent qui contribuèrent à causer des avaries nouvelles et graves au Dunkerque. Les Anglais avaient lancé onze torpilles. La chasse française intervint, un chasseur britannique fut abattu. Le Dunkerque était hors de service pour longtemps.

Les pertes françaises des journées des 3 et 6 juillet se soldaient par 1 297 morts, dont 47 officiers et 351 blessés. La Bretagne, en coulant, avait entraîné avec elle 1 012 de ses marins. Il y avait eu 210 morts sur le Dunkerque.

L'opération "Catapult", on le sait, ne s'était pas bornée à mettre hors de cause la flotte de Mers-el-Kebir, la plus puissante de la Marine française. Dans tous les ports anglais, les bâtiments français réfugiés furent pris, sans autre forme de procès, par des forces armées britanniques. Un certain tonnage immédiatement utilisable passa donc entre les mains de nos alliés de la veille. 


Telles furent les conséquence purement matérielles. Du point de vue moral, l'affaire de Mers-el-Kebir profita en premier lieu aux Allemands qui n'en espéraient pas tant...

(Fin de la huitème partie du "Drame de Mers-el-Kebir").

Le dernier opus  sera consacré aux réflexions, commentaires et mémoires des différents protagonistes.

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