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Le 8 février 1943, avenue de la Porte de Sèvres, dans un stand de tir transformé en lieu d'exécution, cinq très jeunes gens étaient fusillés par la Gestapo. Connus sous le nom des "cinq martyrs du lycée Buffon", ils s'appelaient: Jean Arthus, Jacques Baudry, Pierre Benoît, Pierre Grelot et Lucien Legros.

Le 10 mai 1942, à 2 heures de l'après-midi, au croisement de la rue d'Armorique et du Cotentin (Paris XV), un officier allemand (Ragge) est l'objet d'un attentat. Les deux auteurs n'ont pas été identifiés. Tireurs novices, aucun de ces jeunes ne tua en réalité son adversaire. Ils essayaient à leur manière de lutter contre l'oppression des envahisseurs, et commirent plusieurs attentats de la sorte.

Le Sonderkommando IV B de la "Geheime Feld Polizei" (police militaire secrète) qui avait pour siège l'hôtel Bradford, charge la Brigade Spéciale II des RG de l'enquête. Une enquête qui part de zéro si ce n'est la douille d'une balle trouvée sur la chaussée.

Intervient alors un fait qui permet aux policiers de s'engager sur une piste les conduisant vers le groupe de résistance du lycée Buffon. Un étudiant en Sciences, Tibor Berger, d'origine hongroise, est victime d'une agression par arme le 20 mai 1942 à son domicile du Quartier Latin. La police, alertée par Berger lui-même, trouve chez lui quelques balles qui ont pénétré dans le mur ainsi que des tracts communistes. Elles sont du même calibre que celles ayant servi à l'attentat contre l'officier Ragge. Tibor Berger déclara ne pas connaître l'agresseur mais aurait indiqué que les tracts ont été déposés chez lui par un élève du lycée Buffon.

La surveillance et les filatures aboutissent les 3 et 4 juin à l'arrestation de Baudry, Legros, Arthus et Grelot. Deux mois plus tard, en août 1942, Benoît sera arrêté à son tour.

Ils seront internés à la prison de Fresnes après les interrogatoires  -dont on connaît la brutalité-  dans les locaux des BS (brigades spéciales) à la Préfecture de police. Ils gardent jusqu'à la fin l'espoir d'être libérés: << Nous sentons la liberté proche comme on sent la mer avant d'arriver au rivage >> (Pierre Benoît).

Condamnés à mort par un tribunal militaire allemand le 15 octobre 1942, les cinq lycéens seront fusillés quatre mois plus tard, le 8 février 1943 à 11 heures du matin, au stand de tir d'Issy-les-Moulineaux. Pierre Benoît avait 15 ans; Lucien Legros 16 ans; Pierre Grelot 17 ans; Jean Arthus et Jacques Baudry 18 ans.

Après la guerre, le pont qui prolonge le boulevard Pasteur ainsi qu'une place qu 14e arrondissement de Paris, porteront le nom des "Cinq martyrs du lycée Buffon".


Leurs noms figurent également parmi ceux des 160 fusillés, sur une plaque commémorative scellée sur un muret, avenue de la¨Porte de Sèvres.

Adam Rayski
Notre Musée/Revue de l'Association du Musée de la Résistance nationale

Pour un récit précis et plus fouillé, je vous recommande vivement l'histoire de ces cinq adolescents sur le site de l'ONAC "Mémoire 78". http://pagesperso-orange.fr/memoire78/pages/bu.html

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