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En hommage à Pierre Piedalu déporté au camp d'Oranienburg-Sachsenhausen, et en mémoire de tous ceux qui vécurent l'asservissement.

Combien sont-ils, en ce lieu de misère,
En troupeau, rassemblés dans le petit matin ?
Sur eux s'étend un nuage de poussière
Soulevé par les pas de milliers de pantins.

Car pantins ils le sont, visages impassibles
Ils vont, travaillent sous les coups lentement,
Et vivent; mais vivre devient impossible !
Alors ils disparaissent silencieusement.

De nouveaux damnés viennent combler les vides,
De tous les horizons arrivant tristement;
Ils peinent au sein de cet enfer aride,
Et souffrent, et meurent, inexorablement.

Pendant qu'alentour toute la soldatesque
Verte, grise ou bien bleue, hurle sa fureur,
Au milieu du camp, en vision dantesque,
Des milliers d'humains survivent dans la peur.

Combien disparaîtront d'une mort sans gloire ?
N'ayant, en ce moment, qu'une larme d'ami.
O ! triste, sombre fumée du crématoire
Qui monte vers le ciel et puis s'évanouit !

Mais la vie continue... destinée cruelle
Faite de maladie, de peines et de mort,
Chacun de nous à chaque aube nouvelle
Pense tenir encore et revenir au port.

Déporté, mes amis, qui êtes de retour
Qui avez souffert dans vos corps et vos âmes,
Faites qu'on ne voit plus ces lieux infâmes,
Faites que la Terre soit un monde d'Amour.

N° 66.416 à Oranienburg
Pierre Piedalu (déporté-résistant)

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