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Publié par François Gervais

Qu'ont en commun Lyautey, Weygand, Pétain, Juin, Catroux, De Gaulle, Beaufre, et Pierre 1er de Serbie ? Tous Saint-Cyriens. Parmi les 60 000 élèves passés par l'Ecole, on relève trois chefs d'Etat, onze maréchaux, des ministres, des hauts-fonctionnaires et des académiciens.


Fondée par Bonaparte, le 1er mai 1802 (11 Floréal an X), elle avait pour vocation de donner un enseignement complet: << Il sera établi, dans une des places fortes de la République, une école spéciale militaire destinée à enseigner -à une portion des élèves sortis des lycées- des éléments de l'art de la guerre. >> Les soldats y sont soumis à une discipline stricte, un programme lourd, un emploi du temps chargé.

L'éducation doit mener à la victoire comme le dit la devise " Ils s'instruisent pour vaincre ", adoptée au verso du drapeau le 30 janvier 1805. C'est la gloire de l'école, l'orgueil des élèves qui y entrent souvent par vocation militaire (Gallieni, Pétain, De Gaulle). Après 1871, l'esprit de revanche les anime: << Je suis entré à Saint-Cyr pour reprendre l'Alsace >> écrit le commandant Loustaunau-Lacau qui deviendra l'une des figures de la Résistance.

Pierre Montagnon, Saint-Cyrien, déroule les deux siècles d'histoire de la prestigieuse école. D'abord installée à Fontainebleau, elle est transférée en 1808 au collège de La Flèche puis à Saint-Cyr, l'ancien établissement fondé par Mme de Maintenon, près de Versailles.

La Seconde Guerre mondiale oblige à l'exil Les Cadets de la France Libre, établis au manoir de Ribbesford, dont l'auteur nous rappelle qu'ils ne furent reconnus officiellement comme Saint-Cyriens qu'en 1954. Et si les bombardements de juin 1944 détruisent Saint-Cyr, c'est pour mieux renaître au camp de Coëtquidan, en Bretagne.

L'histoire se lit au fil des promotions dont les noms sont chargés de symboles (La devise du drapeau adoptée par la promotion 1920-22 à laquelle appartint le général Beaufre ou encore la promotion Bir-Hakeim que De Gaulle baptise le 9 décembre 1942).

Saint-Cyr c'est aussi le caso (le casoar, fameux plumet adopté en 1855), la galette (patte d'épaule et chant traditionnel), le bahutage entre les affreux (anciens), les bazars (jeunes) et les cornichons (élèves de classe préparatoires).

Pierre Montagnon, qui fournit un lexique, des notices biographiques et une chronologie utiles en annexe, évoque tous les aspects de la Maison. Et, si l'on regrette que l'histoire s'achève aux années soixante dans le corps du texte, on lui sait gré en conclusion de donner des clefs pour l'avenir et de rendre hommage aux dix mille Saint-Cyriens tombés pour la France. Se battre pour son pays fut de tout temps l'exigence première du Saint-Cyrien...

F.S.

Saint-Cyr: deux siècles au service de la France. Auteur: Pierre MONTAGNON / Editions Pygmalion / 301 pages dont un recueil central d'une trentaine d'images. 18,50 €.

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