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Ce week-end dernier alors que je consultais mes archives, j'ai retrouvé une revue d'informations municipale fort intéressante. En effet, ce bulletin "Bagnolet mensuel " édité en 1995, nous faisait découvrir le << vécu >> de 4 bagnoletaises au cours des mois qui ont précédé la Libération.

Mesdames Delavois, Heitzman, Macé et Repettati, nous racontait les joies de la liberté retrouvée, les difficultés de se nourrir avec les tickets de rationnement, mais aussi les horreurs découvertes au moment de la Libération.

A l'heure où nous allons fêter le 64e Anniversaire de la Libération de Paris et de sa banlieue, je voudrais vous faire découvrir ou redécouvrir les propos tenus par ces témoins de l'Histoire et de la Mémoire de notre commune.


Madame Christiane Macé


<< J'étais institutrice et pendant la guerre je suis partie en Dordogne. Puis je suis remontée en région parisienne. A Bagnolet, j'ai travaillé aux cartes d'alimentation et en même temps, je travaillais avec la Résistance. J'étais sur Paris pour le Syndicat national des instituteurs clandestins.

Entre 1940 et 1943, tout le temps où j'étais à Paris, je transportais du matériel, jusqu'au jour où nous sommes partis dans le Loiret en emmenant un centre de repliement scolaire. On avait évacué avec nous plusieurs enfants bagnoletais et des enfants juifs. Quand nous sommes revenus en septembre 1944, il y a eu des coups durs dans le bas de Bagnolet, avenue Gallieni.

En 1945, on a vu revenir les premiers déportés. On ne pouvait imaginer ce qu'ils avaient enduré. Il fallait voir leur état ! Cela dépassait l'entendement humain ! Il ne fallait pas trop les nourrir. Certains sont morts, parce qu'en voulant bien faire, des gens les nourrissaient et les faisaient boire alors qu'ils n'étaient plus en état de digérer un repas normal.

En 1945, on était surtout pris par ça: l'accueil des déportés et des prisonniers. Il fallait aussi apporter une aide aux plus démunis de la ville. A Bagnolet comme ailleurs, il y avait encore les cartes d'alimentation et on faisait toujours la queue. Mais c'était déjà différent. On arrivait à avoir de nouveaux produits.

Le 8 Mai, alors là, on y était ! C'était dingue ! On est allé à Paris. Un autre monde s'ouvrait devant nous et on y a cru. Le 8 Mai, c'était la liesse populaire. Cette fois la guerre était vraiment finie, même si ce n'était pas encore tout à fait vrai >>.

 

Fin de la première partie..... à suivre le témoignage de Madame Repettati.

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