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Madame Delavois


<< Mon père a été arrêté dès 1940, comme la plupart des élus du parti communiste. Je venais d'avoir 17 ans. Après un séjour à la prison de Clairvaux, il a été transféré au camp de Châteaubriant.

A Bagnolet, on rencontrait des copains qui ne nous disaient plus bonjour, on ne comprenait pas pourquoi. C'est plus tard qu'on a réalisé qu'ils étaient engagés dans la Résistance et qu'il fallait qu'ils évitent de nous parler.

La vie était dure pour tout le monde et il fallait survivre. Avec nos tickets de rationnement, le dimanche matin, on allait faire la queue chez le boucher pendant deux ou trois heures, pour un simple beefteak. Il faut dire que les Allemands nous prenaient tout.

Alors que pendant la guerre le mot d'ordre c'était le sabotage, dès 1944, il y a eu un appel pour produire. "Retroussez vos manches", des affiches immenses étaient placardées partout.

Lors d'une permission, mon père accompagné d'un policier avait obtenu l'autorisation de rendre visite à ma mère hospitalisée. Il n'est pas retourné au camp. Il s'est planqué. J'ai dû alors quitter la maison et me cacher chez des copines.

A partir de la Libération, la production française restait en France. Il commençait à y avoir des commerçants qui vendaient des légumes et des oeufs.

Le 8 mai, on s'est retrouvés sur les grands boulevards. Il y avait une telle foule qu'on ne pouvait plus bouger. On attendait ce jour avec impatience car on suivait les évènements dans la presse. Pour les parisiens, la Libération avait été le moment le plus important. Mais pour le nord de la France, l'Alsace... Il y avait des poches de résistance où la guerre continuait.

Les gens n'en avaient pas vraiment conscience. Sauf ceux qui avaient un des leurs prisonniers de guerre ou militaire >>.

 

Fin de la troisième partie.... A suivre, le témoignage de Madame Heitzman 

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