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Tout débute en 1944, dans la région de Marennes. Il se forme plusieurs Corps Francs Marins dont la plupart des éléments seront recrutés dans les rangs des résistants, anciens marins, originaires de la Charente, de Dordogne, de la presqu'île d'Arvert, de Marennes ou de l'île d'Oléron. Le premier, dirigé par Camille Roudat dit "l'Amiral" sera basé à Brouage, le deuxième aux ordres d'Anthony Dubois et le troisième par le capitaine Rouby dans le secteur de Marennes. En octobre-novembre ces groupes seront intégrés au 50e RI sous le commandement du capitaine de corvette Fournier.

Après avoir libéré la Charente, Saintes, Royan, et la région de Rochefort-sur-Mer, les marins qui se trouvent dans les unités de FFI, les jeunes volontaires Oléronais expulsés avec leur famille alors qu'ils n'avaient que 15 ans ou ayant fui l'île sont regroupés. Le bataillon de fusiliers marins de Rochefort est alors constitué en novembre 1944, son commandement confié au lieutenant de vaisseau Dupin de Saint-Cyr et au lieutenant de vaisseau Fouchier, son adjoint.

En décembre 1944, ces effectifs seront portés à 440 hommes et répartis en 3 compagnies de fusiliers voltigeurs. Ils prendront position de chaque côté de l'embouchure de la Charente afin d'assurer les missions de surveillance en mer, la police de navigation, la défense de la côte et éviter les tentatives de contre-attaque allemande par un débarquement en provenance d'Oléron, de La Rochelle et de Ré par le pertuis d'Antioche.

 

Après une période de déminage aux abords de Fouras et quelques opérations de harcèlement sur le front de La Rochelle, un détachement est envoyé en avril 1945 devant la poche de Royan et subira les affres du bombardement. Lors de la libération de la presqu'île d'Arvert, ces fusiliers marins procèderont au nettoyage d'une centaine de blockaus et au déminage de la forêt de La Coubre.

Puis vient le temps des exercices de débarquement. Plusieurs dizaines de ces exercices ont lieu dans le secteur de Rochefort sur les rives de la Charente dans la vase, entre les "asperges" de Rommel et sous le couvert de tir réel de mitrailleuse. En prévision du jour de l'opération, les troupes et le matériel seront regroupés sur Marennes à partir du 20 avril.

Avant l'aube du 30 avril 1945 les 168 pièces des 10e, 12e, 32e, 196e RA, 13e Brigade d'Artillerie US, du 1er Régiment de Cannoniers Marins aux ordres du capitaine de frégate Touraille, positionnées sur le continent, déversent un déluge de feu d'une violence inouïe sur les positions fortifiées allemandes. L'aviation alliée entreprend de museler les pièces d'artillerie de défense côtière, en pilonnant les champs de mines et terminer la destruction de la citadelle du Château d'Oléron.

A 6h du matin, il gèle par -7. Après une dernière préparation très serrée d'artillerie de la French Naval Task Force composée du croiseur Duquesne avec ses pièces de 200 mm et des torpilleurs Fortuné, Basque, Alcyon, le groupe de dragueurs de l'Amiral Mouchez et la 31e flotille de dragueurs canadiens sous le commandement de l'amiral Ruë, les deux premiers éléments de la première vague d'assaut formée de trois sections de la 1ere compagnie du Bataillon de Fusiliers Marins de Rochefort et de la 5e compagnie du 50e RI, protégées par les fumigènes et avec le soutien des escorteurs Aventure, Surprise, Découverte et Hova, prennent pieds sur la plage de Gatseau près de Saint-Trojan-les-Bains.

La surprise est totale; avec retard, les Allemands vont déclencher de violents tirs de barrage. Le miaulement aigu et rapide de leurs 77 fait froid dans le dos, les fusiliers marins, les fantassins du 50e RI se terrent dans le sable froid, laissant passer l'orage. ILs reprennent alors l'offensive et consolident la tête de pont, ce qui permet aux trois éléments de vague suivants constitués de la 2e et 3e Cie du BFM, de la 6e Cie, des pionniers et des transmissions du 50e RI d'aménager la tête de pont et permettre aux 2000 hommes des deux vagues d'assaut suivantes de commencer la libération de l'île d'Oléron.

 

A 6h 45, la tête de pont est définitivement réalisée. La libération de l'île d'Oléron commence, l'ennemi réagit faiblement. La mission du Groupement Ouest aux ordres du Lt-Colonel Cezard est de conquérir le Sud de l'île et d'atteindre l'isthme des Allassins; celle du Groupement Est aux ordres du Lt-Colonel Monnet est de consolider la tête de pont, s'emparer de la Pointe de Menson, de prendre Saint-Trojan et le Château d'Oléron. La progression dans l'immense forêt de Saint-Trojan est lente du fait de la traversée des champs de mines et des tireurs embusqués.

Chaque position allemande est âprement disputée. L'aviation alliée devra intervenir à nouveau entre 16h et 17h. Trois vagues de plusieurs dizaines d'appareils vont déverser 355 tonnes de bombes et bouleverser les défenses de l'isthme des Allassins.

 

Fin de la première partie

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