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Août 1944: Quand de Gaulle faillit périr en avion...

En août 1944, le chef de la France Libre ronge son frein à Alger. Il soupçonne les Américains de vouloir l'empêcher d'être présent lors de la Libération de Paris. Pour déjouer ces intrigues, de Gaulle doit gagner au plus vite la métropole et rejoindre le général Leclerc au Mans ou à Rambouillet, afin d'entrer dans la capitale.

Les Américains accèdent à sa demande, en apparence. Ils envoient à Alger un B17 pour le ramener en France. Malheureusement, en se posant à l'aéroport de Maison-Blanche, l'avion casse son train d'atterrissage: hors d'usage ! Avec une moue ironique, de Gaulle confie à ses proches: << Vous ne pensez pas que c'est par bonté d'âme qu'ils voulaient me donner cet appareil, n'est-ce pas? >>

Cet accident n'a pas raison de sa détermination de regagner le continent. De Gaulle décide alors d'emprunter son bimoteur personnel, un "Lockheed Harpoon", acheté aux Etats-Unis en 1942.

Seuls inconvénients: d'une part, l'avion a un rayon d'action limité; d'autre part, il n'est pas armé, donc sans défense en cas d'attaque ennemie. Qu'importe, le 19 août de Gaulle quitte Alger, fait escale au Maroc, puis à Gibraltar, avant de redécoller vers le Nord.

Le 20 août au matin, l'avion, à court de carburant, est en vue des côtes anglaises. De Gaulle ordonne alors au pilote, André de Marmier, de changer de cap et de se poser à Maupertuis, près de Cherbourg. L'avion atterrit, les réservoirs vides.

Le général a pris d'énormes risques pour jouer un mauvais tour aux Américains. L'avion aurait pu s'âbimer en mer. C'eût été une catastrophe moindre à ses yeux que d'assister, de loin, à la Libération de Paris et de ne pouvoir y recevoir l'accueil triomphal que lui réservèrent les Parisiens.

Patrick Girard
Eté 1944, les lourds secrets de la Libération de la France. / Marianne n°375-376 / Juillet 2004

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