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C'est souvent un simple nom aperçu sur une plaque de rue, un lycée ou un centre de santé. Parfois une ligne précise "fusillé par les nazis". Mais la plupart du temps, rien n'indique que cet homme ou cette femme fut un résistant lors de la Seconde Guerre mondiale et s'est battu pour la liberté au péril de sa vie.

Ils sont quatre cent soixante à avoir ainsi donné leur nom à une voie ou à un lieu public, certains célèbres  -De Gaulle, Leclerc, Fabien, Manouchian...-  , mais la majorité inconnus. Le livre passionnant "Résistantes et Résistants en Seine-Saint-Denis" recense ces héros ville par ville. << Nous voulions les sortir de l'anonymat, leur redonner une image >>, précise l'auteur Monique Houssin. << Beaucoup étaient des gens ordinaires, parfois très jeunes. Ils ont simplement agi parcequ'ils ne supportaient pas cette situation d'occupation.>>

Pour reconstituer ces destins émouvants et tragiques, il a fallut des années de recherches menées par les membres des Amis de la Résistance de la Seine-Saint-Denis auprès des archives départementales et municipales, des témoins et des familles. Des dizaines de photos noir et blanc ont été retrouvées et intégrées à l'ouvrage, qu'ils s'agissent de portraits, comme dans cette double page intitulée <<Ils sont morts à 20 ans >>, ou de documents, tel ce cliché terrible du massacre de onze otages au fort de Romainville, juste avant la retraite allemande.

Les trois quarts des personnages étaient des syndicalistes, commerçants, instituteurs, élus, médecins, étudiants... originaires des communes de Seine-Saint-Denis, qui constituaient alors la banlieue ouvrière du département de la Seine. Les biographies sont quelquefois très courtes, << lorsque nous n'avons pas réussi à recueillir beaucoup d'informations >>. D'Albert Ballet et de Gaston Chauvin, membres des FFI, par exemple, on apprend seulement qu'ils ont été tués à Aulnay-sous-Bois le 24 août 1944, jour de la libération de la ville.

Pour d'autres, les récits sont plus détaillés et enrichis de témoignages à vous arracher des larmes. << Chaque histoire révèle une part d'humanité. >> Ainsi Hélène Cochenec, d'Aubervilliers, déportée à Ravensbrück avec le dernier convoi. Elle meurt de son dévouement en 1945, lorsqu'elle accompagne une camarade épuisée vers la soi-disant "infirmerie", qui était en fait une chambre à gaz.

L'ouvrage, disponible dans les librairies du département est préfacé par Louis Blésy-Granville, Compagnon de la Libération, et décédé en 2004 (une dizaine de jours avant la sortie officielle du livre), à l'âge de 93 ans.

Blandine Seigle

"Résistantes et Résistants en Seine-Saint-Denis. Un nom, une rue, une histoire" de Monique Houssin et les Amis du Musée de la Résistance.
Editions de l'Atelier / 272 pages / 30 euros.

 

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Jacques Sigot 01/11/2008 23:35

Bonjour,Je viens de lire ce que vous dites du camp de Montreuil-Bellay que j'ai sauvé de l'oubli il y a bientôt trente ans. j'ai noté quelques erreurs historiques, comment fair pour qu'elles soient corrigées ?CordialementJacques Sigot

François GERVAIS 02/11/2008 08:06


Bonjour M. Sigot,
C'est un très grand honneur que vous me faîtes en déposant une remarque sur l'article concernant le camp de Montreuil-Bellay. Je suis bien évidemment d'accord pour que vous apportiez -en tant que
personne interessée au premier degré- toutes corrections, remarques et anecdotes, sur ce camp d'internement.
Je vous propose donc de me faire parvenir vos remarques et vérités historiques sur le sujet, et je m'emploierais à apporter ces rectifications à la suite de l'article concerné, et qui seront bien
sûr lisibles de tous.
Recevez M. Sigot, l'expression de ma plus grande considération pour le travail de mémoire que vous apportez en sauvant de l'oubli ces tristes et sombres moments de notre Histoire, et veuillez
acceptez mes respectueuses salutations.

François GERVAIS
secétaire de l'ULAC de Bagnolet