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Incroyable ! Sept ans avant le "Jour J", l'armée française s'entraîne à un débarquement... en Normandie. Sous le regards d'observateurs allemands.

Il pleuvait. Bloqué entre Vernon et Le Havre, le "camp rouge" venait d'effectuer trois débarquement sur la côte normande entre Granville et Cherbourg. Surpris, le "camp bleu" lui avait abandonné une large tête de pont. Où? Autour de Caen, de Cabourg à Lisieux, bases de départ en direction de Falaise, d'Argentan et d'Alençon... Somme-nous en 1944 ? Non, en septembre 1937. Américains et Britanniques contre soldats de la Wehrmacht ? Non... Français contre Français !

Dans le cadre des grandes manoeuvres annuelles qui se déroulent du 14 au 17 septembre 1937, sous l'oeil de nombreux attachés militaires étrangers, dont ceux des ambassades d'Allemagne, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis d'Amérique, l'armée française étale sa force. Des observateurs qui n'imaginaient pas que, sur le même terrain, leurs troupes, sept ans plus tard, s'affronteraient pour de vrai, en de furieux et sanglants combats. Mais avec quelle immense disproportion, par rapport à 1937, dans les moyens mis en oeuvre !

Jacques Nobécourt, qui évoque, dans "Une histoire politique de l'armée", ces grandes manoeuvres, écrit que <<parti rouge>> et <<parti bleu>> s'étaient partagés 45 000 hommes, 3 500 véhicules et 6 000 chevaux. Mais quelle pauvreté du côté des blindés ! Les deux divisions du <<parti rouge>> ne disposent chacune que d'un bataillon de chars R35 (11 tonnes, 1 canon de 37, plus 1 mitrailleuse) et, << faute d'avoir reçu son matériel à temps, la division blindée n'avait pas été mise à l'épreuve >>.

Le 14 septembre 1937, à la fin de la première journée des grandes manoeuvres, le général Gamelin, le même qui commandera les armées françaises en mai 1940, eut un mot étonnant. Comme on lui rapportait qu'une section de parachutistes avait capturé l'état-major de la division motorisée du <<camp rouge>>, il se contenta de répliquer devant les journalistes et attachés militaires: << Eliminons tout de suite cette histoire de parachutistes. C'est une plaisanterie ! >>

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, 18 000 parachutistes américains, canadiens et britanniques tombaient en Normandie sur les arrières des positions allemandes. Et ce n'était pas une plaisanterie... Leur action allait en effet gêner considérablement, sinon interdire, l'arrivée des renforts en direction des plages du débarquement.

 

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