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L'année 2008 correspond au 90e anniversaire de la fin de la Grande Guerre. Une fin en quelque sorte annoncée par les opérations du Front d'Orient. Les travaux historiques portant sur la Première Guerre mondiale ont à coup sûr privilégié les combats des premiers mois, puis les fronts qui fixaient des effectifs considérables, tant à l'Ouest qu'à l'Est, ou la vie à l'arrière. Et une masse de témoignages a été publiée sur ces mêmes aspects.

Pourtant, des études solides ont été consacrées aussi à des zones géographiques plus méridionales: le front italo-autrichien, les Balkans, les Dardanelles, le Proche-Orient. Et dans ce cas, c'est souvent la ferveur de la mémoire familiale et la solidarité associative qui int permis la publication de journaux, de carnets, ou de correspondances rédigés par des combattants. Un bon exemple est fourni par l'ouvrage Dardanelles, Orient, Levant (1915-1921): ce que les combattants ont écrit.

 

L'espace macédonien est spécifique, car montagneux et le climat hostile (jusqu'à 50-60 degrés l'été, jusqu'à -20 degrés l'hiver). Le logement normal reste la toile de tente, très mal adaptée. Un ennemi terrible est le moustique. On estime qu'en 1916, près de 60% de l'effectif était touché par le paludisme. La prise de la quinine est systématisée tous les jours au rapport, et des inspecteurs spéciaux pratiquent à l'improviste des analyses d'urine dans les cantonnements. La quinine est détestable au goût et certains évitent de la prendre, tablant parfois sur un hypothétique rapatriement sanitaire...



Quelles furent dans leurs grandes lignes, l'évolution de la situation militaire dans le sud des Balkans, et les conditions de la rupture du front bulgare en septembre 1918 ? L'armistice immédiatement conclu à Salonique a bien marqué le premier échec patent des Empires centraux.

Après l'échec des Dardanelles, opération censée viser le "ventre mou" de l'Europe du Sud, l'idée d'un repli sur la côte grecque est défendue par Briand. Dès octobre 1915, un corps expéditionnaire débarque à Salonique, que rallient les unités quittant les Dardanelles. Parallèlement, la Bulgarie du roi Ferdinand 1er s'est jointe au camp de l'Allemagne, la Grèce  -et à sa tête le roi Constantin-  est largement hostile aux Alliés: la situation demeure donc précaire. D'autant plus que les conditions d'alimentation et de soins sont médiocres dans les camps entourant Salonique. Dans certains journaux français, une ironie facile vise les <<Jardiniers de Salonique>>; en réalité, les salades plantées, cueillies puis consommées par les soldats ne sont qu'un pauvre moyen de lutter contre le scorbut. En France, le Haut commandement semble se désintéresser de cette zone; c'est ce qui expliquerait la nomination du général Sarrail à l'Armée d'Orient, alors qu'il a été sanctionné par Joffre.

En 1917, la révolution en Russie ne peut que tout compliquer. Une offensive lancée au moment où échoue celle du Chemin des Dames, n'entraîne que pertes et désillusions. Pourtant la Grèce, après le départ du roi Constantin, retrouve un gouvernement formé par Venizelos et rejoint le camp allié. Sarrail cède la place à Guillaumat qui bientôt, est remplacé par Franchet d'Espèrey à la tête des Armées Alliées d'Orient (18 juin 1918). Petit à petit, la coordination a été améliorée entre les différentes armées nationales, malgré certaines dissensions, surtout entre Serbes, Grecs et Italiens.

Ils mènent une guerre dure, méconnue de l'opinion française, bien résumée dans ces lignes du capitaine Deygas: La vie des poilus en Orient ne ressemble en rien à la vie des poilus sur le front de France. Les unités y ont souffert à un degré à peine croyable du manque d'effectifs; les évacuations, les permissions, les emplois multiples à l'arrière ont fait des coupes sombres dans les rangs des compagnies, des batteries et des escadrons. Leur effectif dépassait rarement la moitié et même le tiers de leur effectif réglementaire. Bien souvent, il n'y avait qu'un officier pour deux compagnies [...]

L'espace macédonien est spécifique, car montagneux et de climat hostile (jusqu'à 50-60 degrés l'été, jusqu'à -20 degrés l'hiver). Le logement normal reste la toile de tente, très mal adaptée. Un ennemi terrible est le moustique. On estime qu'en 1916, près de la moitié de l'effectif était touché par le paludisme. La prise de la quinine est systématisée tous les jours au rapport, et des inspecteurs spéciaux pratiquent à l'improviste des analyses d'urine dans les cantonnements. La quinine est détestable au goût et certains évitent de la prendre, tablant parfois sur un hypothétique rapatriement sanitaire...

Fin de la première partie. A suivre: l'offensive décisive du 15 septembre 1918

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