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2. L'AIDE PRECIEUSE DES MAQUIS

A partir de Châlon-sur-Saône se dessine la menace des forces allemandes qui se replient du sud-ouest. Un groupement à base de blindés, le groupement Demetz, est formé (2e Dragons, 8e Dragons-FFI, 1er Bataillon de la 13e DBLF, un escadron de reconnaissance du 1er RFM et une batterie du 1er RA). Il doit s'emparer d'Autun qui est un carrefour routier. La ville sera libérée le 10 septembre par le groupement Demetz en liaison avec le groupement Schneider, un groupement mobile formé par des maquis du sud-ouest. La retraite des éléments allemands venant du sud-ouest est pratiquement coupée. Les garnisons n'ont plus aucune raison de les attendre. D'où l'abandon de Chatillon, le 9 septembre.

 

Enfin, troisième direction générale d'offensive, celle qui prend son origine dans le sud-ouest. A l'exception des équipes Jedburgh, de quelques hommes du SOE, de quelques sections parachutées et des étrangers qui participent à la Résistance, elle est exclusivement française et formée par des unités issues des maquis. C'est en grande partie à cause d'elle que le général Eisenhower a estimé que l'apport de la Résistance équivalait à plusieurs divisions d'infanterie.

 

Une part non négligeable de ces maquis a bénéficié pour sa formation de conditions plus favorables que les maquis de Bourgogne, de Champagne et du Centre. Ils ont récupéré les armes cachées après l'armistice de 1940 qui avaient échappé aux recherches allemandes, après l'invasion de la zone libre. Ces maquis sont encadrés par de nombreux officiers et sous-officiers de l'Armée d'armistice. Certains de ces maquis, tels le 8e Dragons-FFI, dérivent directement d'un régiment de cette armée.

 

 Depuis le 6 juin, par des destructions de voies ferrées, des abattis et des embuscades, l'action des maquis a ralenti les mouvements des divisions qui rejoignent le front de Normandie. Aussi, vers le 15 août, l'Armée allemande qui tient le sud-ouest ressemble fort à une coquille quasiment vide. Quand le 25 août, l'évacuation du Sud-Ouest est ordonnée, il n'y reste guère que des troupes des services, des bataillons de garde et de la Marine, qu'il s'agit d'empêcher de rejoindre le gros des forces allemandes dans l'est. C'est ce à quoi s'emploient les maquis. Les uns harcèlent, les autres comme la colonne Schneider, le corps franc Pommiès ou le 8e Dragon-FFI poursuivent.

 

Toutefois, quelques éléments allemands peu importants parviennent à rejoindre les lignes de repli. L'essentiel, tels les 25 000 hommes de la "Colonne Elster", est contraint de se rendre. Cette unité commandée par le général Elster se rend le 11 septembre, parce que sa route de repli est coupée et qu'elle ne peut percer avec les moyens dont elle dispose. Elle exige de se rendre à une division américaine car elle n'a aucune confiance dans les maquis. Mais les conditions de cette reddition montrent qu'une première jonction s'est faite entre les troupes régulières venues de Normandie et les maquis. Un peu auparavant, une autre jonction s'était effectuée entre des unités de l'Armée B, la future 1re Armée française et les maquis du Massif Central. Il reste maintenant à voir comment la nasse s'est refermée entre Autun et Châtillon.

 

Henri Dutailly

LVDC / n° 1698

 

Fin de la seconde partie. A suivre: la fermeture de la nasse.

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