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3. LA FERMETURE DE LA NASSE

 

Cette fermeture est l'oeuvre conjointe d'éléments venus des trois grandes directions d'offensive. L'histoire privilégie le rôle que les deux divisions issues des Forces Françaises Libres ont tenu dans cette action. Il serait cependant injuste de négliger ou d'oublier les autres acteurs. Schématiquement, on peut résumer la fermeture de la nasse en deux temps: Autun du 7 au 9 septembre et Châtillon, ou plus précisément Maison-le-Duc, du 9 au 11.

 

Le 7 septembre, le groupement Demetz reçoit une mission précise: <<Assurer la flanc-garde du 2e Corps d'Armée sur l'axe Paray-le-Monial - Digoin - Autun - Saulieu - Montbard - Châtillon, en surveillant particulièrement les routes venant de Moulins et de Nevers aboutissants à Autun et Digoin, et en attaquant tout ennemi se repliant du sud-ouest vers le nord-est par Autun et Saulieu>>. Au reçu de cette mission, le lieutenant-colonel Demetz décide de s'emparer au plus vite d'Autun car, il n'était pas question de laisser aux Allemands la possibilité de faire les pleins de carburant à Autun. Apprenant le 8 au matin que les maquis de Saône-et-Loire ont subi des pertes sévères en tentant de libérer cette ville, il accélère son mouvement. Dans l'après-midi, Autun est investi.

 

Au cours de la nuit, la garnison tente une sortie. Une petite partie réussit à s'échapper; poursuivie, elle sera capturée à Sombernon par une unité de fusiliers marins. Le 9 au matin, le groupement Demetz libère Autun. Les deux jours suivants, il arrête et détruit les éléments allemands qui tentent de forcer le passage. Le 10, la 1re DFL récupère les unités qu'elle a mis à la disposition du groupement Demetz et prend à son compte la mission de flanc-garde de Saulieu à Châtillon-sur-Seine. Elle poursuit sa progression vers le nord sans bien savoir ce qui s'y passe. Elle semble encore l'ignorer lors des différentes jonctions qui marquent la journée du 12.

 

De son côté, le commandant des FFI du nord de la Côte-d'Or n'a pas établi de liaison avec l'état-major du général Patton, comme l'a fait le colonel de Grouchy, commandant les FFI de la Haute-Marne: ce dernier a reçu la mission de couvrir la 3e Armée face au sud. Aussi, est-ce de sa propre initiative que le commandant des FFI du nord de la Côte-d'Or concentre ses maquis, soit environ six cent hommes, auxquels il faut ajouter les Américains parachutés à Avol et une compagnie de Russes ralliés à la Résistance. Les Allemands ne leur laissent pas le temps de libérer Châtillon. Ils évacuent la ville dans la nuit du 8 au 9 avec un convoi d'une cinquantaine de véhicules transportant cinq cent hommes.

 

La route qu'ils empruntent est barrée à la hauteur de Maisey-le-Duc. Les combats durent deux jours sans que les Allemands faiblissent. Dans la matinée du 11 septembre, l'intervention d'un peloton de chars de la 2e DB (GTD: Groupement Tactique Dio) contraint l'occupant à se rendre après avoir subi des pertes sévères. Le matériel est récupéré. La nasse est fermée. La jonction est terminée.

 

Henri Dutailly

LVDC / n° 1698

 

Fin de la troisième et dernière partie.

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