Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par François Gervais


Suite et fin de l'article sur le témoignages de cinq Bagnoletais au cours de la Libération de Paris et de sa banlieue.

Georges Valbon, jeune Bagnoletais a participé aux combats de la Libération. Il fut plus tard maire de Bobigny et Président du Conseil général de Seine-Saint-Denis.

J'avais vingt ans. Membre du Front national* de la Libération, je venais d'adhérer au PCF lorsque l'on me demanda de passer à l'action en créant un groupe de combat FTP (les Bataillons de la jeunesse, commandés par A. Ouzoulias).

Le 16 août au soir, je me prépare à protéger la mise en place d'un comité local de Libération. Dans la nuit, il m'est précisé de me trouver avec mon groupe FTP aux Lilas pour chasser de la mairie la délégation spéciale de Pétain. Les choses se passent assez bien sans accrochage. Le 17, un ordre nous demande d'aller à Montreuil pour occuper deux points de la ville, avec l'objectif de protéger la mise en place du comité de Libération. Un court combat stoppe les Allemands... et la mairie reste occupée par le comité de Libération.

Alors des milliers de personnes, beaucoup de jeunes, se rassemblent, voulant <<faire quelque chose>>. Peu de temps après, deux chars "Tigre" allemands arrivent enjoignant de quitter les rues. Ils tirent à la mitrailleuse et des hommes tombent devant la mairie. Des soldats pénètrent dans l'hôtel de ville, puis sont obligés de se retirer.

C'est ensuite l'appel à l'insurrection du colonel Rol-Tanguy et celui d'André Tollet pour lancer les opérations de la Libération totale de la capitale. Mon groupe FTP a participé à l'investissement de la place de la République pour contraindre les unités allemandes à quitter la caserne, que les chefs nazis avaient baptisée <<Prinz Eugen>>. Mais, nous avons aussi monté des barricades Porte de Bagnolet et Porte de Montreuil, et investi les forts de Romainville et de Rosny.

* Cette organisation de résistance au nazisme n'a évidemment aucun rapport avec la formation politique que nous connaissons aujourd'hui.

André Carrel, est à 27 ans, vice-président du Comité parisien de la Libération (constitué en 1943), au côté d'André Tollet son président.

Il est évident que le Débarquement du 6 Juin 1944 a été un évènement considérable, de même que Stalingrad. Je l'ai appris dans un café à Paris. Les gens disaient: << la guerre est finie !! >>.

Un mouvement de confiance est né, mais avec toujours la crainte d'arrestations. Au Comité parisien de la Libération (CPL), s'est posée la question de <<comment intervenir>>. Il était nécessaire de libérer Paris, d'accueillir le gouvernement provisoire et son chef, le général de Gaulle, alors que les Américains avaient décidé de contourner la capitale.

Aussi, au CPL nous avons discuté des initiatives à engager et d'une date éventuelle pour lancer l'insurrection, tenant compte de l'avancée des Alliés. Rol-Tanguy (chef des FFI) était présent, comme toute les composantes de la Résistance. Et, des appels ont été lancés.

Avec sont allées très vite: André Tollet nous avons voulu tester l'opinion de la population. On a pris nos vélos pour aller à notre "planque" de Montfermeil et on a assisté à tout un tas de manifestations. Les choses sont allées très vite: manifestations du 14 Juillet, grève des cheminots... De mon côté, j'étais responsable de la liaison avec les groupes de la police parisienne et un contact m'a dit << il faut lancer l'insurrection >>.

Ils ont engagé la grève qui s'est vite répercutée. D'un autre côté, Léo Hamon, vice-président du CPL, était chargé d'occuper l'hôtel de ville de Paris. En banlieue, des localités ont été vite libérées. Et puis on a lancé le mot d'ordre d'ériger des barricades. Malgré l'épisode de la trêve demandée par certains, sans consultation du CPL, ça a été un véritable soulèvement populaire.

Rol-Tanguy a compris qu'il fallait imposer que la 2e DB de Leclerc arrive sur Paris et a pris les contacts nécessaires. Vous connaissez la suite... Avec le Comité national de la Résistance, nous avons organisé l'accueil du général de Gaulle à l'hôtel de ville, ainsi que le fonctionnement des institutions parisiennes. 

Tous ces témoignages ont été recueillis par Jean-Pierre Gast et Jean-Louis Beau.

"A Bagnolet" Magazine municipal d'information n°13 / Septembre 2004

Commenter cet article