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Publié par François Gervais


L'exposition estivale du Musée de l'Armée permet d'évoquer quelques trajectoires d'exception à l'aide de souvenirs et effets personnels de nombres de Saint-Cyriens célèbres, aussi bien grâce à leur carrière militaire qu'en littérature ou en politique. 

Créée par Bonaparte le 1er Mai 1802, elle est d'abord basée à Fontainebleau, puis s'installe à Saint-Cyr en 1808. Jusque sous le Second Empire, l'Ecole ne forme qu'une minorité des officiers de l'armée française, ceux sortis du rang restant largement majoritaires. Le drapeau, orné de la couronne royale surmontée de fleurs de lys, a été donné par Louis XVIII à l'Ecole et conservé dans la famille du commandant, le prince de Broglie, et sera présenté pour la première fois au public. L'usage de baptiser la promotion devient une tradition en 1835.

La défaite de 1871 constitue un tournant décisif. Sous la République, l'enseignement est totalement repensé et Saint-Syr devient un élément clé dans la formation des officiers C'est ainsi que les promotions de la Grande Guerre y perdent la moitié des leurs. 

Sous le gouvernement de Vichy, l'Ecole spéciale militaire est repliée à Aix-en-Provence pendant deux ans avant d'être dissoute lors de l'invasion de la zone libre. En même temps, apparaît à Londres dès 1940, une Ecole Militaire des Cadets de la France Libre. En décembre 1942, le Centre d'Instructions d'Elèves Aspirants est fondé à Cherchell (Algérie), qui deviendra l'Ecole Militaire Interarmes en 1944 avant d'être tranféré à Coëtquidan en 1945.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, on s'aperçoit que sortir de Saint-Cyr ne garantit pas la fortune des armes: on y trouve en effet Gamelin et Weygand, puis de Lattre, Leclerc et Juin, mais également Béthouard (seul général français de la Seconde Guerre mondiale à avoir commandé les forces de quatre pays: français, anglais, polonais et norvégiens), Touzet du Vigier, Montsabert et Guillaume. Notons que Juin est le seul de cette époque à avoir été nommé Maréchal de son vivant.

Parmi les 1 921 Saint-Cyriens tombés lors de cette guerre, plus de 200 l'ont été dans la Résistance ou en déportation: le général Frère, chef de l'ORA et ancien commandant de l'Ecole de 1931 à 1935, le général Delestraint, chef de l'Armée Secrète, Tom Morel, chef du maquis des Glières. N'oublions pas le Lieutenant-Colonel Amilakvari, commandant de la 1re brigade des FFL dès le 10 août 1940 et tombé à El Alamein en 1942. Egalement Tulasne, commandant de l'escadrille Normandie-Niémen, tué à Orel en 1943.

Gloire à eux ainsi qu'aux anonymes de cette prestigieuse Ecole qui ont donné leur vie pour la Libération de la France.

Histoire de guerre n° 27 / 07-02

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