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Publié par François Gervais

C'est au 5 novembre 1908 que l'on peut faire remonter l'origine des Goums marocains. Ce jour-là, le général d'Amade, commandant le corps d'occupation, décide de mettre sur pied six goums pour assurer la garde de la Chaouia, bastion avancé de la Mauritanie Tingitane tenue pendant plusieurs siècles par les Romains.

Les éléments qui forment alors les forces supplétives marocaines vont comprendre:

1) des unités permanentes (makhzens, goums) qui assurent le maintient de l'ordre et la sécurité des tribus.

2) des unités levées temporairement (fezzaa, guichs, mehallas, harkas) pour participer à des opérations de police à l'intérieur du territoire marocain.

Le nombre des goums ainsi levés va s'accroître progressivement: ils sont 15 en 1914, 21 en 1918, 27 en 1924. A la fin des opérations de pacification du Maroc (1934), on en compte 51. A leur tête sont placés des officiers du service des affaires "indigènes".

En 1937, on crée des goums auxilliaires effectuant des périodes d'instruction annuelles de 21 jours. Leur numéro est celui du goum d'active majoré de 100, puis de 200 et 300 lorsqu'il en existe déjà un.

LA CAMPAGNE 1939-1940
En juillet 1939, il existe 57 goums actifs et 64 auxilliaires. Après la mobilisation en avril 1940, on obtient 121 goums, réunis en 16 groupements (bataillons) de 4 à 5 goums (compagnies) chacun. Chaque goum possède un peloton à cheval, ceux du Sud ont un peloton méhariste. Trois de ces groupements, réunis au camp d'El Hajeb, partent en juin pour le sud-tunisien et harcèlent les forces italiennes sur la frontière de TRipolitaine. Ils retournent au Maroc après le cessez-le-feu.

DANS L'ARMEE D'ARMISTICE
Pour tromper la surveillance des commissions d'armistice, le colonel Guillaume, directeur des affaires politique à la Résidence du Maroc, change l'appellation des goums en " Méhallas chérifiennes", unités de police chargées d'assurer la police et la sécurité des tribus, mais entretenues sur le budget du Protectorat. La dissolution de plusieurs régiments de tirailleurs marocains permet d'augmenter les effecrifs des goums-dépôts qui deviennent <<goums de secteur>>.

A la suite de nouvelles réductions d'effectifs imposées, on crée des <<travailleurs auxilliaires>> qui ne sont, en fait, que des goums déguisés. Enfin, d'autres goums sont groupés en <<Tabors>>. Chaque Tabor compte un goum hors-rang et quatre goums d'infanterie, effectifs qui lui donnent la force d'un gros bataillon. Fin 1941, le général Guillaume organise quatre <<groupes de Tabors Marocains>> (régiments) à trois Tabors chacun. Dix autres Tabors sont mis sur pied et leur instruction se fait au coeur de la montagne marocaine où de l'armement et du matériel ont été dissimulés. Après le débarquement américain au Maroc, le 8 novembre 1942, 102 goums sont prêts à entrer en campagne.

LA REPRISE DES COMBATS (1942-1943)
En décembre 1942, les 1er et 2e GTM montent en ligne en Tunisie, suivis par un Tabor (le 4e) et un Makhzen mobile de marche. Médiocrement armés et équipés (mousquetons et fusils Berthier, FM 1924/29, mitrailleuses Hotchkiss), dotés d'un matériel hétéroclite, ils vont combattre pendant six mois les forces allemendes d'Afrique, faisant l'admiration de nos alliés anglais et américains par leur endurance, leur mobilité, leur rusticité et leur audace. Ce n'est qu'au printemps 1943 qu'ils commencent à percevoir du matériel moderne américain (PM Thompson, carabines M1, Jeeps). Après avoir tenu tout l'hiver sur la dorsale tunisienne, vers OUsseltia puis Maktar, ils participent, en mai 1943, à l'offensive finale vers le djebel Zaghouan.

A la fin de cette campagne, les goumiers retournent au Maroc et, en juin, le général Guillaume prend le commandement des <<Goums Mixtes Marocains>>, ensemble à l'effectif d'une division légère, soit quatre GTM (régiments) à trois Tabors. Chaque Tabor compte un goum de commandement et d'engins et trois goum de combat.

EN MEDITERRANEE (1943-1944)
Après l'Afrique, les forces alliées s'élancent vers l'Europe et c'est le débarquement en Sicile (opération "Husky"). Le général Patton demande la présence d'un Tabor aux côtés de ses troupes. Le 4e Tabor  -qui a combattu en Tunisie-  sera ainsi rattaché succissivement aux 3e, 1re et 9e Divisions d'infanterie US, représentant brillamment l'armée française pendant la conquête de l'île, du 14 juillet au 18 août 1943.

A la même époque, les quatre GTM se rassemblent en Algérie, dans la région de Tlemcen. Le 2e GTM quitte le premier la terre d'Afrique pour participer avec le Bataillon de Choc et les éléments de la 4e DMM, à la libération de la Corse (opération "Vésuve") en septembre-octobre 1943. Débarqué à Ajaccio, il remonte l'île jusqu'à Bastia, après s'être illustré notamment au col de Teghime. Plus tard, il participe aux combats de l'île d'Elbe (17-19 juin 1944, opération "Brassard") qui s'achèvent par la prise de Porto-Longone.

LA CAMPAGNE D'ITALIE
Entre temps, le 4e GTM a été dirigé sur l'Italie, fin novembre 1943. Il sera suivi, en décembre, par le 3e GTM, puis en avril 1944, par le 1er. Après une lente et difficile progression le long de la péninsule marquée par les combats de la Mainarde et de Monna Casale, les trois GTM forment, avec la 4e DMM, le "Corps de Montagne" du général Sevez, qui prend part à l'offensive menée, à partir du 11 mai, à travers les monts Ausoni, Aurunci et Lépini, pour déboucher sur Rome et progresser ensuite jusqu'à Sienne et la Toscane.

A l'issue
 de cette campagne, les 1er et 3e GTM rejoignent le 2e en Corse, tandis que le 4e GTM rentre, en septembre, au Maroc pour s'y reconstituer.

LA CAMPAGNE DE FRANCE (1944-1945)
Le 18 août 1944, les Tabors marocains mettent le pied sur le sol de France. Après avoir libéré Marseille, le 1er GTM est dirigé sur les Alpes où il participe aux combats de libération du Briançonnais, du Queyras et de l'Ubaye, tandis que les 2e et 3e GTM, remontant la vallée du Rhône, atteignent le Jura et les Vosges où les attend un adversaire décidé à défendre avec acharnement l'accès au "Vaterland". Adieu les lumineuses opérations de Corse, d'Italie ou de l'île d'Elbe. L'Allemand s'accroche aux cols des Vosges et amène en renfort des divisions jeunes qui attaquent chaque nuit en chantant.

Les pluies d'octobre dans les tristes forêts de sapins, les neiges de décembre et le froid glacial de janvier marquent les durs combats de l'hiver 1944-1945. Après avoir conquis un par un les cols des Vosges, ce sont les combats de la vallée de la Thur et d'Orbey, puis la bataille de Strasbourg. En janvier, avec un froid atteignant parfois -25°, le Rhin est enfin atteint et les unités peuvent se reconstituer avant de participer, en mars, aux pénibles opérations de la forêt de Haguenau infestée de mines. En avril, le 4e GTM arrive pour relever le 3e qui part, à son tour, se reconstituer au Maroc.

LES CAMPAGNES D'ALLEMAGNE ET D'AUTRICHE (1945)
C'est le 1er GTM qui, au prix de lourdes pertes, perce la Ligne Siegfried. La porte de l'Allemagne est ouverte. Franchissant ensuite l'Enz, il prend Pforzheim, arrive dans la région de Stuttgart pour achever sa marche victorieuse sur le Danube. Pendant ce temps, le 2e GTM participe au nettoyage de la Forêt Noire avant d'atteindre triomphalement le Tyrol, le 5 mai 1945. Quant au nouveau 4e GTM, il est, lui aussi, engagé vers Pforzheim et lie son action à celle des deux autres groupes de Tabors poussant jusqu'à Stuttgart.

Ainsi s'achève pour les Goums marocains le deuxième conflit mondial. 67 officiers, 104 sous-officiers et 1 454 goumiers sont morts pour la France, de 1942 à 1945.

Le 14 Juillet 1945, le colonel Hogard, qui remplace depuis septembre 1944 le général Guillaume, reçoit des mains du général de Gaulle le drapeau des Goums marocains. Puis les guerriers berbères rentrent au Maroc où les quatre GTM sont dissous le 1er octobre suivant. Quatre Tabors vont cependant garder leurs traditions. Ce sont respectivement les 3e (1er GTM), 1er (2e GTM), 10e (3e GTM) et 8 Tabors (4e GTM).

Les soldats sont de retour dans leurs tribus, mais là n'allaient pas s'arrêter leurs exploits...

Jacques Sicard
Militaria Magazine N° 29 / 02-88

Bibliographie
Histoire des Goums marocains (2 tomes). Editions Public Réalisations, 1985 et 1987
La longue route des Tabors de J. Augarde. Editions France Empire, 1983
Goumier de l'Atlas de J. Weygand. Edition Flammarion, 1954
La légende du goumier Saïd de J. Peyré. Edition Flammarion, (roman), 1950


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sanchez 23/09/2012 22:31


Bonsoir


j'ai cree un site hommage a mon grand pére ancien de la legion et des goums Marocain,ceci dans un but lui rendre hommage bien sur mais aussi pour permettre a des anciens ou meme des parents
d'anciens d'y trouver une source d'information et pourquoi pas y retrouvé un proche sur une photos.Je n'ai pas fini de deposé des infos j'ai encore beaucoup de travail mais je serais asez fier si
un lien de mon site se retrouvé en reference sur le votre.Je vous invite donc a le visiter et surtous n'hesité pas a me laisser votre avis,il sera un moteur pour moi voici le lien http://goumier.jimdo.com/


amicalement


marc-antony sanchez