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Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'Europe est dévastée, tant sur le plan humain que sur le plan matériel. Le 28 juin 1919 un traité entre l'Allemagne et les Alliés (France, Grande Bretagne, Etats-Unis et Italie) règle le conflit déjà appellé "La Grande Guerre" et qui avait débuté cinq ans plus tôt par l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand d'Autriche à Sarajevo.

La conférence de la Paix, tenue dans la galerie des Glaces du Château de Versailles, est investie d'une double mission: la création de la Société des Nations (S.D.N.) et l'élaboration du traité de paix à soumettre aux vaincus. Cette conférence est dominée par les chefs de délégation des quatre principaux vainqueurs: le président américain, Thomas W. Wilson; le premier ministre britannique, David Lloyd George; le chef du gouvernement italien, Vittorio Orlando, et Georges Clémenceau, président du Conseil, représentant la France.

Ils doivent élaborer le traité de paix destiné à mettre fin définitivement à une guerre qui fut une véritable boucherie (8 millions de morts, dont 1 400 000 pour la France). Beaucoup veulent croire qu'elle va être la "der des ders", ouvrant la voie à une "paix juste et éternelle". A l'issue de cette conférence, la carte du continent européen en sort complètement transformée avec la disparition des empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman.

Les différents points de vues des Alliés

Dès son ouverture le 18 janvier 1919, l'occasion est donnée aux représentants des principaux pays vainqueurs d'exposer leur point de vue respectif.

. le point de vue français: Clemenceau rappelle les trois invasions subies par la France (1814-1815, 1870-1871, 1914-1918) et souhaite ardemment la plus grande fermeté à l'égard de l'Allemagne, afin de lui enlever une bonne fois pour toutes l'envie de recommencer. De même, il considère comme juste de faire payer à l'Allemagne le prix de la guerre et des dévastations, sous forme de "réparations". En résumé, le point de vue français se décline ainsi: Sécurité d'abord - l'Allemagne doit payer - l'Allemagne paiera.

. le point de vue britannique: Lloyd George est soucieux de ne pas trop affaiblir l'Allemagne afin de faire contrepoids à la puissance française sur le continent. Pour les Britanniques l'Allemagne, redevenue rapidement un partenaire commercial, doit pouvoir servir aussi de rempart face au bolchévisme qui a pris le pouvoir en Russie.

. le point de vue italien: la position d'Orlando se limite au respect des promesses secrètes signées avec la France et le Royaume-Uni, qui concernent la revendication italienne des "Terres irrédentes" (Trentin, Trieste, Istrie et la côte dalmate).

. le point de vue américain exposé par Wilson, est taxé "d'idéalisme Wilsonien", car il se contente de l'énoncé de grands principes, de bons sentiments et de belles idées généreuses. L'Amérique, qui n'a pas subi de destructions sur son territoire, peut se le permettre, d'autant que face à une Europe ruinée, elle est devenue son créancier.

Le traité finalement signé à l'issue de cette conférence, le 28 juin 1919, comprend des clauses territoriales, militaires et financières.

Les clauses territoriales

Cette partie du traité définit les frontières de l'Allemagne, mais dans plusieurs régions, le tracé définitif est remis à plus tard. L'indépendance des nouveaux états de Pologne et de Tchécoslovaquie est affirmée. L'indépendance de l'Autriche est également protégée. L'Allemagne se voit amputée de 15% de son territoire et de 10% de sa population au profit de la France (qui récupère l'Alsace et la Lorraine), de la Belgique, du Danemark et surtout de la Pologne qui se voit attribuer d'importants territoires se trouvant dans l'Est de l'Allemagne. Dantzig devient une ville libre, ce qui garantit l'accès de la Pologne à la mer, mais a aussi pour effet de séparer la Prusse orientale du reste de l'Allemagne.

Les clauses militaires

De nombreuses mesures sont prises pour limiter le potentiel militaire de l'Allemagne. Celle-ci doit livrer 5 000 canons, 25 000 avions, ses blindés et toute sa flotte. Son réarmement est strictement réduit. Elle n'a plus droit aux chars, à l'artillerie ni à l'aviation militaire. Son armée est limitée à un effectif de 100 000 hommes et le service militaire est aboli.

Les clauses financières

Suite aux dommages de guerre causés par le conflit, les clauses financières prévoient le versement de réparations par l'Allemagne. C'est le fameux "l'Allemagne paiera" de Georges Clemenceau. L'article 231 du Traité de Versailles déclare l'Allemagne << responsable, pour les avoir causés, de tous les dommages subis par les gouvernements alliés, par suite de la guerre qui leur avait été imposée par son agression >>. Le montant à payer s'élève à 132 milliards de marks or, somme considérée comme réellement élevée, bien que le montant des dommages causés par la guerre aux alliés s'élève à 150 milliards de marks or. Pour garantir l'application du traité on décide que la rive gauche du Rhin sera occupée par les forces alliées pendant une période de 15 ans. Dans la quatrième partie du traité, l'Allemagne est sommée de renoncer à son empire colonial à titre de compensation.

Les suites du Traité

Le paiement des réparations représente une très lourde charge pour l'Allemagne de Weimar, qui se révèle vite incapable d'y faire face. Les alliés lui demandent alors des livraisons en nature. Le paiement des réparations doit s'échelonner jusqu'en 1988, mais avec la "grande dépression" les versements sont interrompus. En 1933 les Nazis arrivent au pouvoir et rejettent toute idée de paiement des réparations. On connait malheureusement la suite...

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Actualités GSF Juillet 2009 N° 194

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Clovis Simard 22/08/2012 13:42


Blog(fermaton.over-blog.com), No-16, THÉORÈME DE KONDRATIEFF --La crise finie ??