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Franz Stock est né à Neheim-Hüsten en Westphalie le 21 septembre 1904. Adolescent, il fait partie du Mouvement de Jeunesse Quickborn, relativement proche des idées du "Sillon" (1) et des Compagnons de Saint-François "La Route".

Séminariste, il est inscrit de Pâques 1928 à juillet 1929 à l'Institut Catholique de Paris et sera ordonné prêtre le 12 mars 1932 dans la cathédrale de Paderborn (Westphalie). Après un ministère en Allemagne, il est choisi pour être recteur de la paroisse allemande de Paris de 1934 à août 1939. En octobre 1940, il est de retour dans sa paroisse parisienne, évidemment fort différente de celle qu'il a quittée. Sans doute est-ce fin novembre 1940 qu'il pénètre comme aumônier volontaire dans les prisons du Cherche-Midi, de la Santé et de Fresnes. Il y rencontrera Honoré d'Estienne d'Orves, plus tard Gabriel Péri et tant d'autres très connus ou totalement anonymes.

Il ne critique jamais le régime dont sont victimes ces hommes. Il est prêtre... et cependant leur dit de ne parler en confession que de ce qui ne met pas en péril autrui. Il leur apporte des livres, assure une liaison avec les familles, ce qui est véritablement dangereux pour sa propre liberté et sa vie. Il accompagne  -tant qu'on le lui permettra-  les condamnés au Mont-Valérien ou autres lieux d'exécution. "Cet enfer" l'accable littéralement.

Après la Libération de la France, il restera prisonnier volontaire pour assister ses compatriotes prisonniers de guerre: d'abord 6 mois dans le camp de Cherbourg (sous autorité américaine), puis 6 mois aumônier au Dépôt n° 51 de prisonniers de guerre allemands à Orléans (où sont regroupés déjà 50 séminaristes).

A la suite de démarches et diverses interventions tant allemandes que françaises, il est envoyé à Chartres. Ainsi, le 17 août 1945, il rejoint le Dépôt n° 501 où sont regroupés 38 000 P.G. Ce camp, établi sur les communes de Le Coudray et de Morancez, comporte 11 blocs. Le bloc I comporte 12 bâtiments d'importance diverse dont un grand hall de 70 m sur 20 m. C'est là que, peu à peu, sont regroupés les prisonniers de guerre allemands qui étaient séminaristes, dispersés dans différents camps de France et qui vont pouvoir poursuivre leur formation. On pense que d'octobre 1945 à mai 1947, neuf cent quarante neuf théologiens, professeurs, "étudiants" passèrent ici et que six cent d'entre eux furent prêtres ensuite. On pût parler du "Séminaire des Barbelés". 

On lui avait décelé dès août 1943 de graves problèmes cardiaques. Il meurt en février 1948 à Paris. Après ses obsèques en l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas (5e arrondissement) le 24 février, il est enterré dans le carré des soldats allemands dans l'immense cimetière de Thiais (Val de Marne) sous une croix de bois. Les personnes qui ont bénéficié de sa bonté profonde ont fait célébrer une messe à sa mémoire le 3 juillet 1949 en l'église Saint-Louis des Invalides et dresser sur sa tombe, le 27 octobre 1951, une dalle de granit avec le mot "PAX".

Or deux prêtres maristes lyonnais sont envoyés dans le diocèse de Chartres et chargés de fonder une paroisse dans un quartier qui se développe au nord: Rechèvres. Lors de déplacements, ils découvrent au sud de la ville, un grand baraquement surmonté d'une croix qui les intrigue. Par nécessité financière et par tout ce que représente ce bâtiment, il est décidé de le remonter comme église provisoire au milieu du nouveau quartier.

Plus tard, le 24 septembre 1961, est célébrée la première messe dans l'église neuve Saint-Jean Baptiste de Rechèvres, mais il est d'ores et déjà prévu de ramener les restes de l'abbé Franz Stock, ce qui est réalisé les 15 et 16 juin 1963.

Sont venus de nombreux membres de sa famille, une cinquantaine des anciens "Séminaristes des Barbelés", des veuves et enfants de fusillés, des délégations de plusieurs mouvements de Résistance, de prisonniers, de déportés et la foule des chartrains. La Résistance allemande au nazisme était également représentée.

Des divers hommages rendus à cet allemand au cours des différentes démarches rappelées ici, retenons peut-être ceci:

1951. Comte Robert d'Harcourt (2)
<< Qu'il me soit permis, au nom des familles qui connurent sous l'occupation allemande, l'angoisse des arrestations, la cruauté des interrogatoires policiers, l'agonie des longs séjours dans les geôles de la Gestapo, d'adresser un hommage à l'homme qui fit tout ce que lui inspirait la charité chrétienne et la noblesse d'une âme généreuse pour apporter un peu de lumière dans les coeurs torturés >>.

1951. Révérend-père Riquet (3)
<< Puisse l'exemple de l'abbé Stock nous inspirer de chanter d'un même coeur, comme d'Estienne d'Orves montant avec lui au Mont-Valérien: " Inspire-nous les cris puissants de l'amour plus fort que la haine" >>.

D'après le livre de René Closset (prêtre)
"Franz Stock, Aumônier de l'Enfer"
UFAC informations n° 98 / 07-2009

(1) Mouvement social d'inspiration chrétienne.

(2) Ecrivain (1881-1965).

(3) Déporté à Mauthaüsen et Dachau (1898-1993).

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Nicole Douay 26/02/2013 17:44


http://www.vallee-de-l-aisne.com/site/1658/franzstocklaumonierdefresnes.html


 


 


Mon grand-père a été arrêté à Soissons le 25/11/1941 avec ses compagnons du réseau "Vérité Française"....prisonnier à Fresnes il a reçu le secours moral de l'abbé Stock....lui et ses compagnons
ont été fusillés le 27/10/1942.