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Publié par François Gervais

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Jean Moulin, né en 1899 à Béziers (Hérault), où son père est professeur d'Histoire, fait ses études au collège de cette ville jusqu'en 1917. Mobilisé en 1918, démobilisé en 1919, il étudie alors le Droit. Il gravit ensuite les différents échelons de la carrière administrative et devient à 38 ans, le plus jeune préfet de France, à Rodez (Aveyron). Le 21 janvier 1939, il est nommé à Chartres, préfet d'Eure et Loir.

 

moulinC'est la "drôle de guerre". Le 10 mai 1940, l'offensive allemande déclenche l'exode. Jean Moulin fait face au mieux à la panique, alors que Chartres se vide et que les troupes françaises quittent la ville. L'armée allemande y pénètre le 17 juin.

Dans la soirée deux officiers exigent que le préfet signe un "protocole" attestant la mauvaise conduite des troupes françaises. Jean Moulin refuse. Il est bousculé, jeté à terre et frappé sauvagement; les coups pleuvent mais il ne cède pas.

Peu de temps après, craignant de ne pouvoir résister à ses bourreaux, il se tranche la gorge avec un tesson de bouteille. Jusqu'alors, comme préfet, il a fait son devoir; cette fois, il vient d'accomplir son "premier acte de résistant".

Quelques heures seulement avant le message du 18 juin lancé par le Général de Gaulle à la radio britannique, Jean Moulin vient de dire << non >> à l'ennemi. Soigné à temps, il regagne la préfecture.

A cause de son opposition au régime de Vichy, il est relevé de ses fonctions le 2 novembre 1940. Il quitte alors Chartres pour s'installer en zone sud (non occupée). Dans les mois qui suivent, Jean Moulin prend contact avec plusieurs mouvements de Résistance; la rébellion contre les agents du maréchal Pétain se précise.

Il décide de gagner Londres. Obligé de vivre et de se déplacer sous un faux nom pour échapper à la police française, il arrive en Angleterre le 20 octobre 1941.

Au cours de sa première rencontre avec le général de Gaulle, fortement impressionné par ce dernier, il drese un tableau de la Résistance en "zone libre". Parachuté dans les Alpilles le 31 décembre 1941, il est chargé d'une mission capitale: réaliser l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. Il s'agit en fait, d'une tâche à la fois délicate et indispensable.

Délicate, car les mouvements obéissent à des chefs présents sur le territoire et qui, apparemment, s'ignorent; indispensable, car il est nécessaire de coordonner les actions pour les renforcer et les amplifier.

743132-909350.jpgJean Moulin met près d'un an à réaliser cette unité. Par delà les rivalités, il joue tour à tour de persuasion, de diplomatie ou d'autorité, toujours absorbé par la même pensée: le salut du Pays. Le Général de Gaulle qui << tient à lui redire qu'il a son entière confiance >>, le désigne comme président du "Comité de Coordination".

Pour donner une autre ampleur à cette unité, Jean Moulin, toujours animé du souci de placer tous les mouvements de Résistance sous la direction du général de Gaulle, se met en rapport avec les chefs de la "zone nord" et de Pierre Brossolette.

En France occupée, les Allemands, partout présents, aidés souvent par des traitres et des collaborateurs, poursuivent inlassablement et impitoyablement les petits groupes de Résistants qui luttent farouchement, faisant preuve d'un extraordinaire courage.

Jean Moulin, aidé de nombreux amis dont le général Delestraint, parvient au but recherché et constitue le C.N.R. (Conseil National de la Résistance), dont la première réunion se tient à Paris, le 27 mai 1943, au 48 rue du Four. Ainsi, à ce moment, la Résistance extérieure et la Résistance intérieure forment un bloc, sous l'autorité du Général de Gaulle.

Jean Moulin se sait et se sent menacé. Les arrestations se multiplient. Les Résistants changent de nom, de domicile; parfois, ils se cachent. Les proches collaborateurs de Jean Moulin sont pris; mais celui-ci estime sa tâche trop importante pour cesser ses activités.

Le 21 juin, au cours d'une réunion à Caluire (Rhône), il est arrêté avec ses amis par la Gestapo. Il est certain qu'il y a eu trahison, mais jamais les enquêtes ou procès n'ont pu le prouver formellement.

Horriblement torturé, l'ennemi ne peut tirer de lui aucune indication; il ne livre aucun nom. Seuls ceux qui ont été martyrisés peuvent imaginer ce qu'il a dû supporter. Le 8 juillet 1943, au cours de son transfert en Allemagne, Jean Moulin meurt des suites de ses souffrances.

Lors du dépôt de ses cendres au Panthéon, le 19 décembre 1964, André Malraux dans un discours solennel voyait en lui << le visage de la France >>.

 

M. Cornelly

Directeur honoraire (Collège Jean Moulin de Chartres)

Un document vidéo consacré à la mémoire de Jean Moulin. Raymond Aubrac raconte ses souvenirs et les circonstances de l'arrestation de Caluire.

 

 

 

 

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mimi 07/02/2017 10:44

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