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Publié par François Gervais

Barbarossa-juin1941-1

Conquérir la Russie d'Europe, jusqu'à l'Oural et la Mer Caspienne... Pour Hitler en quête d'espace vital, l'enjeu est double: idéologique d'une part, mais surtout économique. Occuper la Russie, c'est assurer la survie à long terme du Reich, tant par l'exploitation des ressources (pétrole et minerai) que celles des hommes.

L'offensive "Barbarossa" est lancée le 22 juin 1941.

 

barberousse

Dès la fin de l'année 1940, l'état-major allemand prépare l'opération "Barbarossa". Après la chute de la France, l'Empire britannique résiste de façon inattendue. Dans le même temps, Staline a profité du pacte de non-agression germano-soviétique pour avancer ses pions en Europe. Dans ce contexte, le Führer souhaite lancer une grande offensive décisive afin de conjurer le spectre d'une guerre sur deux fronts, en privant Londres de son dernier allié potentiel sur le continent.

Hitler dispose alors du soutien de la Finlande, de la Hongrie, de la Roumanie et la Slovaquie. L'opération, qui doit être terminée avant l'hiver 1941-1942, commence avec cinq semaines de retard sur les prévisions de l'état-major, à cause de l'invasion de la Grèce et de la Yougoslavie.

"Barbarossa" est déclenchée le 22 juin 1941 sur quatre fronts. Plus de 5,5 millions de soldats sont répartis dans les quatre corps d'armées que rien ne semble pouvoir arrêter.

Sur la frontière finno-soviétique, le maréchal finlandais Mannerheim commande un groupe d'armée de 21 divisions soutenu par la 4e flotte aérienne allemande et l'aviation finlandaise. Le groupe d'armée du nord, dirigé par le maréchal von Leeb, compte 26 divisions dont huit blindées et est appuyée par la 1ere flotte aérienne forte d'un millier d'appareils. Von Leeb s'empare des Pays Baltes et du nord-ouest de l'URSS et, dès la mi-septembre 1941, arrive à Leningrad. Le groupe d'armée du sud, commandé par le maréchal von Rundstedt (59 divisions, dont 18 roumaines et hongroises, et 14 blindées), remporte une grande bataille d'encerclement, s'empare de Kiev le 19 septembre, et envahit la région industrielle du Donetz.

barberousse2Le groupe d'armée du centre est le plus important. Commandé par le maréchal von Bock, il comporte 51 divisions dont 26 blindées et motorisées, et est appuyé par la 2e flotte aérienne (1 670 appareils). Il est chargé de mener l'assaut principal en Biélorussie, en direction de Minsk, Smolensk et Moscou. Il parvient dans la banlieue de Moscou à la mi-octobre.

Epuisée par son effort, gênée par l'extension démesurée de ses lignes de ravitaillement (le front s'étend sur plus de 3 000 km de la Baltique à l'Ukraine), arrivée au bout de ses ressources, la Wehrmacht doit s'arrêter près d'un mois avant de pouvoir reprende l'offensive.

Quand elle se remet en marche, le 16 novemvre 1941, elle est surprise par l'hiver russe, particulièrement précoce et rigoureux, au moment même où l'armée rouge met en ligne des réserves considérables.

Mobilisant toute ses forces et ses ressources, l'URSS a décrété la mobilisation de tous les hommes de plus de 18 ans. Les femmes s'engagent aussi. Entre 1942 et 1945, quelque 800 000 femmes russes ont combattu comme volontaires sur le front. Dès l'automne, 2 000 groupes de partisans s'étaient déjà constitués dans les territoires occupés.

A l'arrière, dans les usines, la journée de travail monte à 12 heures. Entre juillet 1941 et janvier 1942, 17 millions de personnes participent dans des conditions exténuantes au démontage et au transfert de 1 500 grandes entreprises industrielles dans l'Oural, la Volga, ou encore en Sibérie. Au total, 2 600 usines ont été évacuées et converties dans l'industrie de guerre. Plus de dix millions d'ouvriers prennent le chemin de l'Oural.

barberousse3Cet effort de guerre titanesque porte ses fruits. Chef d'état-major général de la Wehrmacht en août 1941, Franz Halder écrira: << Nous avons largement sous-estimé le colosse russe. Chaque fois qu'une douzaine de leurs divisions était détruite, les Russes la remplaçaient par une autre douzaine >>.

Car les pertes de l'armée rouge sont colossales: 1,5 million de tués, 4 millions de prisonniers dont la moitié au moins seront anéantis. Fin 1941, les Allemands estiment avoir détruit plus de 20 000 blindés et 35 000 canons. Les formations soviétiques, malgré une résistance parfois acharnée, sont encerclées par les divisions de panzers avant d'être écrasées par l'infanterie.

Au cours des six premiers mois de l'invasion, les pertes de l'Ostheer (la Wehrmacht sur le front russe), s'élèvent à 750 000 hommes.

L'offensive vers Moscou est menée dans des conditions particulièrement difficiles. Les températures atteignent -30°C, l'armée allemande est à bout de souffle. L'attaque est stoppée. Le 5 décembre 1941, les divisions sibériennes menées par le général Joukov contre-attaquent au nord et au sud de Moscou. Les 15 et 16 décembre, le proche secteur de la capitale russe est définitivement libéré.

Pour la première fois depuis le lancement de l'opération "Barbarossa", la Wehrmacht bat en retraite, reculant de 80 à 100 km. L'effet psychologique en Europe est considérable. Le front se stabilise, le saillant de Rjev ne sera repris qu'en 1943.

Le Führer est désormais contraint de mener ce qu'il s'était promis d'éviter: la guerre sur deux fronts!...

 

B.G.

LVC / n° 1765 / 05.11

 

Voici un documentaire des actualités françaises relatant l'opération "Barbarossa"  

 

 

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