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Publié par François Gervais

Le général Marcel Bigeard est un drapeau ! Aucun officier n'a été autant affiché, photographié, filmé, des rizières d'Indochine aux djebels d'Algérie. Jamais autant scruté, commenté, raconté en France et à l'étranger. Aimé de ses soldats, adulé de tous les "bérets rouges", respecté de ses ennemis...

 bigeard


Le général Bigeard a aujourd'hui quatre-vingt-quatorze ans, personne pourtant ne le voit vieillir. Depuis quatre ans, il ne court plus, il ne fait plus ses dix longueurs de piscine à six heures du matin. Mais sa longue et souple silhouette, son style de combat, sa veste de saut camouflée col ouvert et sa casquette de l'Afrika Korps retaillée, que tous les régiments paras allaient porter, restent gravées dans les mémoires.

Sa trajectoire de chef de guerre force l'admiration. Employé de banque... à quatorze ans. Chef de groupe d'un corps franc en 1940. Sergent. Sept citations dont trois palmes. Evadé. L'Afrique Noire. Le BCRA. Parachutiste. Jedburgh. La Libération. Le Tonkin et la gloire. Tu-lê, Dien Bien Phu. Cinq fois blessé. Tiré à coups de colt en pleine rue. Toujours récupéré. Jamais hors jeu, toujours en première ligne. Général de corps d'armée, tous ses grades conquis au feu. Secrétaire d'Etat. Député.

Replié à Toul, et touché par l'âge, il constate de sa voix un peu gouailleuse: << Je ne craignais pas la mort, si souvent côtoyée, je ne connaissais pas la vieillesse. Maintenant, j'ai appris à compter mes pas. Souffrir en montant les marches d'un escalier.>> Mais la tête est lucide. Il lit, écrit, s'intéresse aux nouvelles du monde, à l'armée, à la France, sa passion. L'amour immense, charnel qu'il lui porte et ne se désunit pas.

L'ouvrage qu'il vient de publier, Mon dernier round, est un livre clair, accessible, porteur d'idées simples et fortes qui nous changent des analyses empêtrées et hypocrites des "experts" autoproclamés et verbeux qui s'étalent à la télévision et dans les grands médias. Il s'attaque aux problèmes du temps, aux dangers qui menacent notre pays. L'Afghanistan, le terrorisme, la poudrière pakistanaise, Israël et les Palestiniens, la politique africaine. Une analyse réaliste, opérationnelle, sans concession. Dans un style percutant, bref, comme un assaut.

Cet homme qui nous parle et interpelle en même temps la classe politique impose le respect. Il est le soldat le plus décoré de France. Grand Croix de la Légion d'Honneur. Vingt-huit citations. DSO. King's Medal. Il porte inscrit dans son sang la mémoire et la fierté de quarante années de batailles. Le souvenir constant et lumineux de ses compagnons de piste et d'assaut tombés à ses côtés.

Etonnant guerrier qui commandait à la voix avec ses postes radios. Sans porter d'arme. Qui défilait sur les Champs Elysées, à la tête de son régiment, héroïque, superbe, applaudi, ovationné, salué, décoré par le Président de la République.

Les journalistes, le public, la télé, ne l'appellent ni Marcel, ni mon général, seulement Bigeard. Par son nom dont la renommée a fait un prénom.

Pierre Darcourt
LVDC / n° 1751 / 01.10


9782268066738
Mon dernier round
Marcel Bigeard
Editions du Rocher
250 pages

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Bertrand Souquet 26/03/2010 23:36


Bonsoir,
Le général Bigeard, contrairement à ce que vous dites, n'a jamais été Jedburgh. Il n'aurait pas pu l'être pour la bonne raison que les français recrutés étaient soit officier (dans le but d'être
team leader ou adjoint au team leader des équipes parachutées en France), soit radio avec un grade de sous officier ou d'homme du rang ceci pour assurer les transmissions de l'équipe à laquelle il
était affecté. Or Bigeard était sous officier non radio. Il ne rentrait donc pas  dans le cadre établi. Il a été embauché par le BCRA avec un grade fictif d'officier pour participer à une
"mission interalliée" en Ariège. Cette mission n'avait rien à voir avec les missions Jedburghs .  
cordialement
Bertrand Souquet; association des anciens Jedburghs français