Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par François Gervais

liberation

Seconde partie.

 

résistezLa zone sud est divisée en six régions dirigées par le représentant du groupe le plus étoffé. La dureté croissante de la vie clandestine due à la répression qui s'accentue, exige un travail incessant de réorganisation.

La mise sur pied de l'Armée Secrète, qui coïncide avec l'afflux des hommes voulant échapper au Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) institué le 16 février 1943, suscite des débats sur son emploi, sa nature  -Frenay veut une << armée révolutionnaire >> - et les moyens à lui donner qui dépendent du rôle que les états-majors alliés et le Comité français entendent lui faire jouer au jour J.

L'action immédiate, les sabotages et les opérations punitives avaient été jusque-là prisent en charge par des groupes armés des mouvements, appelés les "groupes francs". Le voyage de Jean Moulin et du général Delestraint à Londres a pour but d'obtenir de l'aide pour armer et ravitailler les maquis.

c-pineauL'autre question est la création du Conseil de la Résistance, sorte de parlement clandestin, réintroduisant les partis politiques et les syndicats. Co-fondateur de "Libération-Nord", Christian Pineau, entre autres, militait en faveur de cette idée.

C'est à contrecoeur que les chefs de la Résistance l'acceptent parce que les mouvements créés dans le but de libérer le pays ont, d'une certaine façon, remplacé les partis politiques discrédités par la défaite. Henri Frenay milite pour << France nouvelle >> alliant socialisme et liberté.

Jean Moulin, muni de nouvelles instructions du général de Gaulle et du titre de Commissaire en mission pour l'ensemble de la France, doit mettre sur pied le Conseil de la Résistance. La création est nécessaire pour tenir compte du rôle des communistes (F.T.P.-Front National), des socialistes (comités d'action socialistes) et des syndicalistes (manifeste des douze du 15 novembre 1940) dans la Résistance.

En zone nord, Pierre Brossolette, envoyé par le Bureau Central de Renseignement et d'Action (B.C.R.A.) pour y réaliser ce qui a été fait en zone sud, s'oppose à Jean Moulin pour la création du Conseil National de la Résistance (C.N.R.).

Il est chargé de créer un Comité de coordination des mouvements de zone nord qui regimbent à l'introduction des partis politiques. Sa tâche, accomplie en moins de dix semaines, est remarquable puisque les structures perdureront. Le parti communiste, plus implanté qu'en zone sud, constitue une force majeure, ce qui rend difficile son intégration. Jean Moulin conserve au sein du C.N.R., sorte de parlement clandestin, les huit grands mouvements, les petits s'affiliant aux grands qui les représentent.

brossoletteLe 27 mai 1943, dans l'appartement de René Corbin, au 1er étage du 48 rue du Four à Paris (6e), Jean Moulin réunit et préside la première réunion du Conseil National de la Résistance.

Sont présentes 16 formations:

8 mouvements de Résistance

(5 pour la zone nord)

. Oganisation Civile et Militaire (Jacques-Henri SIMON)

. Libération Nord (Charles LAURENT)

. Ceux de la Résistance (Jacques LECOMPTE-BOINET)

. Ceux de la Libération (Roger COQUOIN)

. Front National (Pierre VILLON)

(3 pour la zone sud)

. Combat (Claude BOURDET) 

. Libération Sud (Pascal COPEAU) 

. Franc-Tireur (Eugène CLAUDIUS-PETIT)

6 tendances politiques

. Parti Communiste (André MERCIER)

. S.F.I.O. (André LE TROQUER)

. Parti Radical (Marc RUCART)

. Démocrates-Chrétiens (Georges BIDAULT)

. Alliance Démocratique (Joseph LANNIEL)

. Fédération Républicaine (Jacques DEBÛ-BRIDEL)

2 syndicats

. C.G.T. (Louis SAILLANT)

. C.F.T.C. (Gaston TESSIER)

Ainsi que les deux collaborateurs directs de Jean Moulin: Pierre MEUNIER et Robert CHAMBEIRON.

 

Toutes les composantes de la Résistance sont ainsi fédérées au sein de cet organisme qui apporte son soutien au général de Gaulle pour << préparer en pleine lucidité et en pleine indépendance, la renaissance de la Patrie détruite, comme des libertés républicaines déchirées >>.

Le général Giraud, qui doit lui être subordonné comme chef militaire, a pris conscience de l'importance de la Résistance et se résout à faire venir, fin mai, le chef de la France Libre à Alger. Une seule France au combat s'impose.

La fusion, qui n'allait pas de soi, est achevée. L'arrestation de Jean Moulin, le 21 juin 1943 à Caluire, ne la remet pas en cause. La France combattante se prépare à l'objectif final: la libération de la Patrie.

 

Christine Levisse-Touzé

Directrice du Mémorial Leclerc et de la Libération de Paris et du Musée Jean Moulin (Ville de Paris), directeur de recherche associé à Montpellier III.

 

Isabelle Rivé

Directrice du Centre de la Résistance et de la Déportation de la ville de Lyon.

 

Les Chemins de la Mémoire n° 127 / 04 03

 

Fin de la seconde partie.

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article