Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par François Gervais

De-Gaulle_articlephoto.jpg

Seconde partie.

 

LES HEURES SOMBRES DE L'ATTENTE.

Sortie dans son ensemble indemne et irréprochable, convoitée par tous, sérieux instrument de marchandages de différentes parts, encore que mutilée de quelque cent mille hommes faits prisonniers, la Marine française va tenir un rôle important jusqu'à la victoire, non seulement dans les sphères gouvernementales où naviguent bon nombre d'amiraux, mais sur les mers mêmes où elle est horriblement éprouvée. En même temps les marins témoignent d'une constante pugnacité.

cuirassé richelieuIl conviendrait ici, en effet, de pouvoir reprendre notamment le récit complet de l'agression de Mers El Kébir, si lourde de conséquence de toute sorte et ayant à elle seule, entraîné la mort d'environ 1 500 marins français. Celle d'Alexandrie ou bien celle de Dakar avec le "Richelieu" (indépendamment des malheureuses et fraticides opérations des sphères gaullistes à ce même Dakar, un peu plus tard, voire des engagements dans l'affaire de Syrie, en juin 1941). 

Mais le grand drame, bien entendu, correspond au sabordage de la Flotte, à Toulon, au moment du débarquement allié en AFN, en novembre 1942. Il n'est pas possible non plus de revenir en détail sur ce désastre maritime. On n'a certes pas fini d"épiloguer à ce sujet, d'autant plus qu'il s'agit d'un des aspects les plus sensibles de la fracture résultant de l'existence concomitante et de plus conflictuelle de Vichy et d'Alger.

On sait d'ailleurs les conditions d'abord sanglantes de ce débarquement allié en AFN, l'intervention de la Marine française, précisément (parmi laquelle se trouve ce fameux "Jean-Bart" dont il a été question dans la première partie), engagent sur les côtes du Maroc un combat dont les Américains, eux-mêmes victimes de cette résistance, salueront le courage et le citeront même en exemple, dit-on, dans les cours de leur Ecole Navale...

Un courage bien désolant, il est vrai, et fort lourd de conséquence: plus de mille marins français étant tués sur ce seul théâtre d'opérations, tandis que d'autres victimes tombent à Oran voire à Alger.

 

croiseur strasbourgLE GRAND RESSAC.

Mais, à partir de là, les choses se clarifient, les questions épineuses d'obédience pouvant être résolues, et la volte-face pour le camp des Alliés pouvant dès lors être proclamée à visage découvert.

Les éléments de notre Marine échappés aux destructions diverses qui viennent d'être évoquées ne seront pas en reste dans la reprise de la lutte contre l'Allemagne.

Ne disposant au départ que de deux navires à peine et d'un peu plus de 2 000 hommes, les Forces Navales Françaises Libres (FNFL) armeront 125 navires de commerce ainsi que 18 bâtiments de guerre à la fin 1941, et compteront alors 5 000 hommes environ dont les fusilliers-marins de Bir-Hakeim.

La fusion avec les marins venus de la Métropole contrôlée par le gouvernement du maréchal Pétain ne sera certes pas facile, mais, compte-tenu aussi des efforts ou des réarmements effectués par les Alliés, la Flotte française dispose finalement de 400 000 tonnes, elle est en surcroît d'effectifs d'équipage, et elle achèvera la guerre avec près de 110 000 hommes présents.

torpilleur la combattanteD'ailleurs, elle sera sur tous les fronts de mer et de... terre (la Tunisie, la Sicile, l'Italie, la Corse), sur la route des convois, ainsi que sur les plages de la Libération de France.

Les plages de Normandie, le 6 Juin 1944, une équipée navale battant pavillon français et composée de trois croiseurs, un torpilleur ("La Combattante"), quatre frégates, quatre corvettes, une flotille de vedettes, un commando de fusilliers-marins (commando Kieffer), se trouve, en compagnie des forces navales Alliées, devant les côtes de France.

Les plages de Provence et ici, je voudrais revenir à un souvenir personnel: tandis que le convoi portant l'Armée d'Afrique fonçait vers les rivages de notre Patrie, émergea de l'horizon une superbe escadre battant tricolore, les flancs couverts d'écume. Et quand elle défila près de nous, les équipages, rangés à la bande, nous saluèrent de leur béret tandis que, par dessus les flots, fantassins et marins échangeaient une vaste clameur d'espérance.

Et, sur chaque navire, luisait en lettres dorées l'admirable devise de la Royale: "Honneur et Patrie, Valeur et Discipline".

 

Edouard Roy

LVDC n° 1608 / 10-95

 

Ci-dessous l'Appel du général de Gaulle du 8 Novembre 1942 à l'occasion du Débarquement allié en AFN.

 

 

Commenter cet article