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Publié par François Gervais

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Installé près de Mourmelon dans la Marne, au nord de Chalons-en-Champagne, le cimetière militaire russe de Saint-Hilaire-le-Grand abrite les sépultures de plus de neuf cent soldats russes, parmi les 4 000 tués sur le front occidental durant la Première Guerre mondiale.

 

stèle russe1Alliée de la France entre septembre 1914 et la fin de 1917, la Russie a perdu 1 700 000 hommes sur le front de l'Est. En vertu des accords franco-russes de décembre 1915, elle a envoyé au début de 1916 quatre brigades en France et en Macédoine, soit un total de 757 officiers et de 43 5747 soldats. Deux brigades ont été dirigées sur le front français tandis que les deux autres ont rejoint le front d'Orient.

Engagée dès juin 1916 à l'est de Reims, la première brigade perd, en avril 1917, 50% de ses effectifs au Mont Sapigneul et au Mont Spin. De son côté, la troisième brigade occupe en octobre 1916 le secteur à l'est de Reims où elle reste jusqu'en mars 1917. A ce titre, elle est engagée dans de nombreux combats, et résiste notamment à une attaque aux gaz le 31 janvier 1917. En avril, elle occupe le secteur situé entre le fort de la Pompelle, près de Reims, et la ferme dite "Les Marquises".

Prenant part aux attaques d'avril 1917, la troisième brigade subit de très lourdes pertes. A la suite du coup d'Etat bolchevik en Russie, les brigades sont dissoutes. Certains soldats, 2 000 environ, voulant poursuivre le combat, sont incorporés dans la Légion russe. En mai 1918, elle perd 85% de ses effectifs devant Soissons et se distingue jusqu'en novembre 1918. Elle est citée deux fois à l'Ordre de l'Armée.

Créé pendant la Grande Guerre, le cimetière de Saint-Hilaire-le-Grand est devenu après la fin des hostilités un lieu de regroupement des sépultures russes(1). De 1922 à 1934, près de 750 corps y sont tranférés, provenant notamment de Loivre, Hermenonville, Cormicy, Suippes, Sézanne. D'une superficie de 3 412 m2, la nécropole rassemble aujourd'hui les corps de 915 soldats russes dont 426 sont regroupés dans un ossuaire.

stèle russeAfin de perpétuer le souvenir des militaires russes tombés en France, un décret du 7 septembre 1935 a autorisé l'edification d'une chapelle orthodoxe à proximité du cimetière militaire.

Inauguré le 16 mai 1937, la chapelle a été construite par l'architecte, et peintre russe Albert Benois dans le style des églises de Novgorod et de Pskov du XVe siècle. Pour des raisons de topographie locale, l'architecte, n'ayant pu respecter l'orientation traditionnelle Est-Ouest, a dû l'orienter suivant l'axe Est/Sud-Est et Ouest/Nord-Ouest.

L'extérieur présente des murs blancs avec un toit peint en vert, symbole de la terre, et une première coupole bleue, symbole du ciel. Une seconde coupole dorée surmonte le clocher et brille au soleil tel un cierge allumé dans le ciel.

Le clocher, avec ses troix arceaux abritant des cloches, est très caractéristique de l'architecture de l'ancien Pskov. Il est l'élément le plus haut de l'ensemble et constitue en fait le Mémorial. Il a été conçu de façon à être vu de loin. Sur sa façade, une inscription "Aux soldats russes morts au champ d'honneurs, 1916-1918" est réalisée en mosaïque dorée vénitienne.

A l'intérieur de l'édifice, les parois et les voûtes sont couvertes de peintures et de motifs décoratifs dans le style du XVe siècle. C'est ainsi que près de l'entrée figurent les armoiries des quatre grandes anciennes principautés russes: Moscou, Kiev, Wladimir et Souzdal. Des plaques, portant les noms des soldats, rappellent le sacrifice des 4 000 officiers , sous-officiers et hommes de troupe tombés au champ d'honneur.

L'iconostase séparant la nef de l'abside est de type très classique et très pur. Cette église constitue un exemple unique, tant en France qu'en Europe occidentale, d'architecture mémorielle russe.

Chaque année, une cérémonie en mémoire des soldats russes tombés en France pendant la Grande Guerre, est organisée le dimanche de Pentecôte. Le ministère de la Défense assure l'entretien du cimetière, effectué par les équipes techniques de la Direction interrégionale des anciens combattants de Lorraine-Champagne-Ardennes. La nécropole a par ailleurs été entièrement restaurée en 1998.

 

Les Chemins de la Mémoire / n° 184 / 06.08

 

(1) 8 000 soldats russes sont morts en France durant les deux guerres mondiales, dont un certain nombre étaient des prisonniers de guerre de la Wehrmacht. Une partie d'entre eux repose à Saint-Hilaire, les autres dans des nécropoles nationales et des cimetières communaux.

 

CONTACT.

Association des Officiers Russes (A.O.R.)

10 square de Châtillon

75014 PARIS

 

 

 

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