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Publié par François Gervais

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Seconde partie: Les Postiers et la Libération de Paris.

 

Evolution Logo PTT (1933)L'organisation.

En 1944, 30 000 agents des PTT travaillent dans la capitale. En Île-de-France et pour ce qui relève de "Libération Nationale PTT", un état-major régional commande à l'ensemble de Paris, de la Seine, de la Seine-et-Oise, de la Seine-et-Marne et de l'Oise. Des agents de liaison assurent les relations et la transmission des ordres avec chaque département.

La ville de Paris fut divisée en trois secteurs opérationnels:

- Le premier, (secteur centre), regroupe les 1er, 2e, 3e, 4e et 6e arrondissements.

- Le second, (secteur nord), couvre les 8e, 9e, 10e, 11e, 17e, 18e, 19e et 20e arrondissements, auquel s'ajoute les communes limitrophes.

- Le troisième, (secteur sud), s'étend sur l'emplacement des 5e, 7e, 12e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements, et des localités de la Seine qui ont une limite commune avec Paris.

Comme dans les départements, dans chacun des secteurs est nommé un commandant qui a toute latitude pour recruter et organiser ses troupes, dirige sur son territoire toutes les opérations de renseignements, programme les attentats et les sabotages, et assure également la distribution du matériel.

A l'échelon inférieur, c'est-à-dire dans tous les bureaux de Postes, les centres de tri, les gares et les centraux téléphoniques, un chef de section entouré d'une équipe de 7 à 8 hommes, est en liaison permanente avec le commandement de son secteur.

 

pétain-pttLes actions marquantes.

Dès le 16 août, les Postiers se mettent à l'unisson des cheminots et des policiers de la capitale en déclarant massivement la grève générale.

Plusieurs centaines de Postiers participent aux barricades qui émergent dans Paris. Il s'agit avant tout de garder les centres téléphoniques et de mettre hors d'état de nuire les collaborateurs notoires.

Le directeur régional de la Poste et le directeur des Chèques Postaux sont arrêtés et enfermés. La "Recette principale" de Paris, qui compte 2 000 agents, entrée en insurrection dès le 17 août, est bombardée par les chars allemands le 22 août.

Les premiers groupes de combat attaquent au début presque sans armes puis s'enhardissent et font prisonnier des soldats allemands. Les Postiers ont ainsi pris une part importante dans le soulèvement parisien qui a mené à la libération de la capitale.

L'action de l'ensemble des résistants parisiens bloque près de 20 000 soldats allemands, ce qui contraint les Alliés à libérer Paris plus tôt que prévu initialement, avec le 24 août, le premier char français d'un détachement de la 2e DB qui entre dans la capitale.

Le 26, le Comité de grève ordonne de reprendre le travail afin que les Américains s'abstiennent de mettre en place en France l'"Allied Military Government for Occupied Territories" (AMGOT). Emmanuel Fleury, facteur promu directeur régional explique: << C'est parce que nous étions des combattants préparés à la victoire que les Français ont pu garder le pouvoir dans leurs administrations >>.

Le 16 octobre 1945, le général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République Française et chef des armées, cite à l'ordre de l'armée "Résistance-PTT", avec attribution de la Croix de Guerre avec palme.

 

almanach 1945ANECDOTES.

Jean-Louis Geoffroy, membre de "Libération Nationale-PTT", participe dès le 21 août à des combats de rue en fabricant des "cocktails Molotov". Il est affecté à la barricade Cambronne. Les premiers blindés de Leclerc arrivent le même jour. Dans les heures suivantes, de violents combats ont lieu pour reprendre le ministère des PTT de l'avenue de Ségur avec l'aide d'éléments de la 2e DB, des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI), et des Francs Tireurs et Partisans (FTP). Trente de ses camarades postiers y laisseront leur vie.

 

Le drapeau tricolore est hissé au Central rue de Grenelle.

Ce bâtiment est occupé par les services du "Telegraph Prufen". Devant l'avancée des Alliés et des Résistants du 19e, les Allemands décident d'évacuer le personnel français et de dresser des chevaux de frise. Nerveux, ils tirent à la mitraillette pour terroriser la population. Un groupe de Postiers résistants, installés à seulement quelques mètres des bureaux allemand, veut s'assurer qu'aucune destruction de matériel n'aura lieu lors de l'évacuation des locaux par les Allemands.

Avec l'aide de résistants policiers, ils sont décidés à attaquer les soldats, -  pourtant mieux armés et plus nombreux-   qui gardent le Central téléphonique. Mais ils sont avertis quelques minutes avant l'attaque que le Commandant allemand s'engage à ne rien détruire. A 15 heures, sans qu'aucune installation ne soit détruite, ni de coup de feu tiré de part et d'autre, les Allemands quittent le bâtiment. Le drapeau tricolore est aussitôt hissé sur le porche du 103 rue de Grenelle, puis sur la tourelle qui domine le "Paris Central Téléphonique".

 

BILANS.

Pertes humaines aux PTT.

Postiers militaires entre 1939 et 1945 511
Agents victimes de bombardements ou d'explosions 450
Morts en déportation 373
Agents fusillés 243
Prisonniers de guerre décédés 162
Volontaires de la Résistance tués au combat 92
Requis au STO décédés en Allemagne 71
Morts en déportation 12
TOTAL DES PERTES 1914

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une administration amputée et sinistrée.

37% du personnel masculin mobilisé à la veille de l'Armistice
70% des bâtiments d'exploitation sont détruits en 1945
25% du parc automobile est hors d'usage
42% des wagons-poste sont inutilisable

 

 

 

 

 

Fin de la seconde partie.

 

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