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Publié par François Gervais

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La Résistante française Andrée PEEL (née VIROT), créditée d'avoir sauvé la vie d'une centaine de pilotes alliés durant la Seconde Guerre mondiale, s'est éteinte en Grande-Bretagne à l'âge de 105 ans, le 5 mars dernier.

 

a peel3Née en 1905 dans une famille très religieuse et patriotique, rien ne la prédisposait à devenir une héroïne. Andrée-Marthe Virot tenait un salon de coiffure à Brest lorsque les Allemands ont envahi le pays en 1940.

 

Personne ne l'a forcée à devenir une Résistante, et pas n'importe laquelle! Elle est devenue cette jeune femme de 35 ans, qui, sous le nom de code "Agent Rose", s'est chargée pendant des mois de cacher des aviateurs anglais tombés sur le sol français. Mais cela ne suffisait pas. Elle les hébergera clandestinement et les accompagnera pour le retour en Angleterre, sur les terrains d'atterrissage improvisés.

 

Non, elle ne s'était même pas posé la question de savoir s'il fallait entrer en résistance ou non; elle l'a fait naturellement, en pleine conscience des risques qu'elle prenait.

 

Quand le Général de Gaulle prononce son Appel, le 18 juin, elle le recopie sur des feuilles et le distribue dans les boîtes aux lettres de Brest, afin que personne n'ignore l'allocution du futur chef de la France Libre.

 

Elle distribuera des journaux clandestins, puis s'impliquera dans un réseau de Résistance, tout en effectuant un intense travail de renseignements auprès des Alliés. A Brest, avec l'immense base bétonnée des sous-marins allemands (U-Boat), il y avait de quoi faire pour alimenter en informations cruciales les Alliés.

 

Hélas en 1942, la Gestapo de Brest démantèle son réseau. Elle est activement recherchée. Elle prend alors la direction de Paris, pour continuer son activité clandestine. Une semaine après le débarquement de Normandie, elle est arrêtée après des aveux extorqués à un membre de son réseau sous la torture, rue Lauriston.

 

a peel1Elle sera d'abord envoyée à Ravensbrück, puis à Buchenwald pour y être exterminée... et sera sauvée in extremis par l'arrivée des Américains qui libère le camp en avril 1945.

 

Elle racontera dans un ouvrage paru en 1999 sous le titre "Les miracles existent", l'horreur du camp, et que sur place, les cendres des fours crématoires étaient vendues aux fermiers des alentours comme engrais.

 

Quand on l'interrogea sur ses faits de Résistance, elle aura ces mots: << C'était une période terrible, mais rétrospectivement, je suis fière de ce que j'ai fait, et heureuse d'avoir aidé à défendre la liberté pour les générations futures >>.

 

Ces générations sont là aujourd'hui, et ne doivent en aucun cas oublier cette grande dame qui avait choisi la liberté au joug nazi, comme çà, un jour, au beau milieu de son petit salon de coiffure. En pleine conscience du danger encouru, avec la notion du don de soi évident: celui de tous les Résistants. << J'ai rarement pensé à ma sécurité personnelle, j'ai juste agi et fait ce que je croyais être juste >>, dira-t-elle encore. Son courage extraordinaire, elle l'appelait "sa chance". Persuadée que là-haut, quelqu'un l'avait toujours protégée, elle était restée une fervente croyante.

 

Après la guerre, elle s'était installée en Angleterre après avoir rencontré son futur époux, le professeur d'université, John PEEL. Elle l'épousera, et prendra la nationalité britannique. Retirée depuis quelques années dans une maison de retraite des environs de Bristol, elle aura fêté dignement en février dernier, ses 105 ans entourée de ses amis et de diverses personnalités.

 

Merci Madame pour tout ce que vous avez fait. Nous n'oublierons pas ce que nous vous devons aujourd'hui.

 

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