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Publié par François Gervais

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Près de 300 soldats blessés en service pour la seule année 2010 et pour la seule Armée de Terre... L'aide aux militaires blessés a heureusement évolué depuis les grands conflits qui ont marqué le début du XXe siècle. Il n'en demeure pas moins que la solidarité envers ceux qui s'engagent pour servir leur pays est un devoir qui doit s'exercer au-delà des frontières de l'institution. Dans l'intérêt du monde combattant, toutes générations confondues. 

 

logo armee terre 5710On en parle peu, voire pas du tout... Et pourtant. Pour la seule années 2010, et pour la seule armée de Terre (dont les effectifs représentent 86% des hommes et femmes déployés en missions extérieures), 21 soldats sont morts en opérations, 282 autres ont été blessés en service.

Des blessés vis-à-vis desquels << l'absence d'entraide est immorale. Nous avons un devoir de solidarité, a récemment rappelé le général Elrick Irastorza, chef d'état-major de l'armée de Terre. Ma hantise est de croiser, un jour, dans le métro, un type en train de faire la manche et qui me dise: "J'ai été blessé au combat quand j'étais soldat" >>

Pour soutenir les blessés, mais également leur famille, ainsi que les familles des soldats morts en service, l'institution a déployé un dispositif d'entraide et de solidarité qui se met en place... dès les premières minutes.

Depuis plusieurs années, le service de santé des armées a en effet fortement développé la médicalisation de l'avant, l'idée étant de sauver des vies en intégrant cette problématique dès la préparation tactique des opérations. Concrètement, les militaires du service de santé des armées (auxiliaires sanitaires) sont déployés au sein des unités combattantes sur le théâtre d'opération.

blessés1Par ailleurs, tous les soldats projetés reçoivent aujourd'hui un enseignement sur le sauvetage de combat de premier niveau qui leur permet de secourir des camarades immédiatement après la blessure.

Des efforts ont également été portés sur la chirurgicalisation de l'avant, afin de permettre, notamment, le traitement des hémorragies, la stabilisation des fracture et la prévention des infections au sein d'antennes chirurgicales dites "de théâtre".

Aujourd'hui, la chaîne de soutien opérationnel permet au service de santé des armées de médicaliser très rapidement un blessé et de l'évacuer vers la France en 24h en moyenne. Les blessés sont ensuite pris en charge au sein des hôpitaux d'instruction militaire répartis sur le territoire national.

Mais la problématique purement sanitaire n'est pas le seul aspect à envisager, comme l'explique le lieutenant-colonel Thierry Maloux, chef de la CABAT (Cellule d'aide aux blessés de l'armée de Terre): << Le durcissement des opérations ne fait aucun doute, et la prise en charge du blessé et de son environnement familial revêt une importance toute particulière. La blessure, qu'elle soit physique ou celle du coeur pour les familles de décédés, engendre une prise en charge immédiate par le commandement militaire, les partenaires médicaux et sociaux, et les différentes associations d'entraide >>.

blessés2Véritable "tour de contrôle" du dispositif de soutien aux blessés en opérations, la CABAT a vu en 2010 son effectif doubler. Sa mission s'est renforcée du suivi des familles des soldats tués en opérations.

La CABAT assure le soutien des soldats blessés et des familles des soldats décédés dans quatre domaines (juridique, action sociale, réinsertion et ressources humaines). Elle coordonne la mise en oeuvre des différents niveaux de l'accompagnement, qu'il s'agisse de l'intervention du service de santé des armées, du régiment d'affectation du soldat blessé, ou du service social des armées.

C'est grâce à ces différents acteurs que la CABAT assure ainsi le soutien des soldats blessés sur le court, moyen et long terme. Car les blessures les plus vives se réveillent parfois bien longtemps après le choc: << Nous avons aussi des soldats victimes d'importants syndromes post-traumatiques, qui appellent parfois des années après avoir été blessés >>, confirme le médecin en chef Humbert Boisseaux, chef de service psychiatrique à l'hôpital du Val-de-Grâce.

Pour mener à bien son action, la CABAT, clef de voûte institutionnelle du système, peut compter sur la fraternité qui anime le milieu et qui a donné naissance à des associations "satellite" dont l'action est irremplaçable au sein de ce dispositif de la solidarité.

 

Béatrice Gendron

LVC / n° 1765 / 05-11

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