La réunion de 6 associations d'anciens combattants de la ville de Bagnolet (93). ACPG, ANACR, ARAC, FNDIRP, FNACA et UNC.
4 Décembre 2008

LE MASSACRE MECONNU D'ARGENTON-SUR-CREUSE
La retraite de la division SS "Das Reich" à la Libération s'est accompagnée d'atrocités trop souvent oubliées à l'échelle nationale.
Le sanglant périple de la 2. SS panzerdivision "Das Reich", suite au débarquement du 6 Juin 1944, demeure partiellement connu. Partie de
Montauban pour la Normandie, elle avait ordre de semer la terreur sur son passage. Son commandeur le Brigadeführer Heinz Lammerding redoutant la force des maquis des régions à traverser,
notamment du Périgord au Berry, en passant par le Quercy et le Limousin.
Les atrocités ne se limitèrent pas à Tulle et Oradour; elles frappèrent nombre de hameaux sur le trajet Périgueux-Brive ou, dans l'Indre, la ville d'Argenton-sur-Creuse. Un souvenir demeurant ici
une plaie d'autant plus vive qu'il semble oublié à l'échelle nationale.
Ce livre raconte à la fois Mon village à l'heure allemande, pour reprendre un titre célèbre, et contribue à l'histoire de la Libération. Eclairant les relations entre la Résistance et
les forces alliées: un train de carburant était stationné au voisinage de la gare argentonnaise, l'accès à Limoges lui étant interdit par les sabotages; Londres fait savoir que si le convoi n'est
pas neutralisé, l'aviation anglaise s'en chargera. Un parachutage de nuit apporte aux maquisards une partie des moyens leur faisant défaut. Le 9 juin au matin, un groupe commandé par Roland
Despains (chef de la 5e brigade FTP à la Libération) s'empare du train...
Enthousiasme de la population, mais dans les heures suivantes, arrivent les premiers détachements du Régiment "Der Führer" de la 2. SS panzerdivision "Das Reich". Pendant deux jours les prises
d'otages et assassinats au hasard (maisons investies et familles liquidées ou passants ayant eu le malheur de se trouver là) se multiplient. Les SS quittent la ville, emmenant avec eux une
quinzaine d'otages. Leurs corps sont retrouvés, le 12, dans une carrière près de Limoges.
Les dernières exécutions ont donc eu lieu bien après que les Allemands aient récupéré le train et son équipage, un temps prisonnier du maquis. Ce passage par Argenton-sur-Creuse aura fait
soixante-dix victimes innocentes.
Jean Chatain
Argenton-sur-Creuse dans la guerre
de Pierre Brunaud
Editions Alan Sutton
2008 / 224 pages / 23 euros
Pour un développement plus précis et plus fouillé, je vous engage vivement à consulter un site consacré à ce triste épisode de la Seconde Guerre mondiale en France.
En effet, celui-ci raconte les souvenirs de M. Salomé qui avait 11 ans au moment des faits. http://www.parolesdhommesetdefemmes.fr/70-tues-par-les-SS-a-Argenton-sur.html