La réunion de 6 associations d'anciens combattants de la ville de Bagnolet (93). ACPG, ANACR, ARAC, FNDIRP, FNACA et UNC.
11 Septembre 2008
Le photographe hongrois, témoin de la guerre d'Espagne en 1936, participe à la première vague d'assaut lors du 6 Juin 1944: les seuls clichés de la bataille d'Omaha Beach.
Ses photos du débarquement sont devenues mythiques. Et pourtant, elles ont failli ne jamais paraître. Ils
n'étaient que quatre photographes accrédités pour couvrir l'événement. Deux avaient été envoyés par le magazine américain Life, dont Robert Capa.
A 31 ans, Capa est déjà un reporter de guerre chevronné, et sa photo d'un milicien républicain pendant la guerre civile espagnole, fauché en plein élan, à fait le tour du monde. L'homme est
joueur et a demandé à faire partie de la première vague d'assaut américaine. A 6h 35, le 6 Juin 1944, Capa pose donc le pied avec le 116e régiment d'infanterie sur "Easy Red", une portion
d'Omaha Beach, avec deux appareils de 35 mm Contax et un Rolleiflex dans un sac en toile cirée étanche.
<< J'ai vu des hommes tomber, et j'ai dû me frayer un chemin parmi les cadavres, ce que j'ai fait avec respect, confiera plus tard le photographe, avec cet humour qu'il maniait en
toutes circonstances [...]. J'avais fait de gros efforts d'élégance, avec mon imper Burberry's sur le bras gauche. Et puis, a un certain moment, j'ai senti que je n'aurai pas besoin de cet
imper. Je m'en suis débarrassé et il est parti à la dérive. Ensuite, je me suis caché derrière des chars qui tiraient sur des Allemands. Au bout de vingt minutes, je me suis rendu compte que ce
n'était pas l'endroit idéal. Evidemment, les chars nous protégeaient des tirs d'armes légères, mais c'était sur eux que les Allemands concentraient leurs tirs d'obus ! >>
Transi de froid, dans l'eau, et sur la plage, sous les tirs allemands, Capa parvient à prendre deux bobines de pellicule. Las, la plupart des clichés seront inexploitables. La cause ? Ni le
photographe, ni la guerre. Mais le zèle d'un laborantin de Life à Londres qui, pressé par ses employeurs, a fait sécher les négatifs à une température si élévée qu'ils ont fondu... Seuls
onze clichés seront sauvés in extremis.
Robert Capa fut l'homme de toutes les guerres. Il est né le 22 octobre 1913 à Budapest, un an avant que la Hongrie ne s'engage aux côtés de l'Allemagne dans le premier conflit mondial. Il est
mort le 25 mai 1954, pendant la guerre d'Indochine. Ce juif hongrois aura vécu cinq conflits.
Il collectionnait les femmes, portait un petit doigt supplémentaire à la main gauche, avait une tête de feu, avec sa tignasse et ses grands yeux noirs. Roué, intrépide, drôle, Robert Capa, de son
vrai nom André Friedmann, avait tout pour devenir une légende...
Truculent, extraordinairement dynamique, il avait le don de faire rire, d'attirer les sympathies et de désarmer la mauvaise humeur. << Il était si vivant que longue et pénible est la
journée où il nous faut penser à lui mort >> dira de lui une autre légende, Ernest Hemingway.
J. Cordelier
Le Point / spécial 6 Juin 1944
Pour une information plus complète sur la vie et l'oeuvre de Robert Capa, je vous conseille la lecture de deux ouvrages qui lui sont dédiés.
"Robert Capa, l'homme qui jouait avec la vie" d'Alex Kershaw. Editions Jean-Claude Lattès
"Robert Capa, l'oeil du 6 Juin 1944" de Claude Quétel. Editions Gallimard
Quelques images incontournables de Robert Capa sont visibles sur le blog en suivant ce lien: Images de Robert Capa