Quand la presse se met au service de la collaboration
20 Septembre 2008
Le gouvernement prend des mesures exceptionnelles pour réprimer les
attentats.
Vichy, le 9 décembre 1941
Le secrétariat général de la vice-présidence du Conseil communique:
Les attentats commis contre les officiers et soldats de l'armée d'occupation constituent, pour la France, un danger national. Le Maréchal n'a cessé de le dire et de le proclamer dans ses
messages comme dans ses télégrammes.
Le gouvernement rend aujourd'hui publique des mesures exceptionnelles de répression qu'il vient d'édicter pour atteindre non seulement les auteurs immédiats des attentats, mais encore les
responsables, directs ou indirects, de cette fièvre de meurtre.
D'incessantes recherches, suivies d'arrestations massives, ont formellement établi que ces responsables étaient à la fois des juifs, des communistes et des étrangers (parachutistes,
détenteurs d'explosifs, hommes de main de l'ancienne tchéka espagnole).
Les mesures décidées par le gouvernement sont les suivantes:
1) Pour les étrangers pris en flagrant délit d'excitation au crime: cour martiale et mort.
2) Pour tous les juifs résidant sur l'ensemble du territoire et entrés en France depuis le 1er janvier 1936: regroupement, selon le cas, dans les compagnies de travailleurs ou dans les
camps.
3) Pour les communistes, 1 850 arrestations sont venues couronner les opérations massives entreprises depuis trois jours dans les grands centres de la zone non occupée, au sein des milieux
communistes et terroristes. Ces arrestations s'ajoutent aux 11 000 arrestations effectuées depuis six semaines dans les mêmes milieux.