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Après le succès de l'opération "Anvill-Dragoon" en Provence, la prise de Toulon et de Marseille, le groupe d'armées B commandée par le général de Lattre de Tassigny, qui deviendra bientôt la 1re Armée française, remonte la vallée du Rhône. Le 12 septembre, à Montbard, la jonction des deux unités prestigieuses de la France Libre, la 1re DFL et la 2e DB illustre la saga des guerriers de Bir Hakeim et des <<raiders>> partis du Fezzan.

 

1. LES GRANDS AXES DE LA LIBERATION

 

La jonction entre les éléments de la 1re Division Française Libre (DFL) venus du sud et des éléments de la 2e Division Blindée venus de l'ouest est un symbole. En effet, les forces armées de la Libération constituent trois grands ensembles qui convergent vers le nord de la Bourgogne. Ce sont: les forces débarquées en Normandie à partir du 6 juin et se déplaçant d'ouest en est; les maquis du sud-ouest remontant vers le nord-est; les forces débarquées en Provence à partir du 15 août, majoritairement française, progressant vers le nord. Ces opérations mettent en oeuvre huit groupes d'acteurs, deux statiques et six mobiles.

 

Les acteurs statiques sont, d'une part, les garnisons allemandes qui attendent, plus ou moins nerveusement, les troupes qui se replient du sud, du sud-ouest et de l'ouest, et d'autre part, les maquis qui ne cessent de se renforcer depuis leur mobilisation, le 6 juin. Les acteurs mobiles interviennent par binômes antagonistes sur chacune des grandes directions d'offensive, les Alliés qui attaquent, et les Allemands qui se replient donnant parfois un spectacle qui serait grotesque si ne planait la menace de représailles sanglantes sur les populations. La jonction est préparée par la manoeuvre des forces mobiles alliées et elle se concrétise par la fermeture de la nasse dans le nord de la Côte d'Or.

 

Les armées débarquées le 6 juin, sont restées bloquées en Normandie pendant deux mois et elles n'ont pu empêcher l'évacuation de la "poche de Falaise". A partir de la percée, elles se déploient en éventail vers la Bretagne, vers l'est et vers le nord. Les Allemands peuvent réagir de deux façons. Ou bien comme Rommel en Libye, ils se replient de cinq à six cent kilomètres et organisent une position à partir de laquelle ils contre-attaqueront. Ce pourrait être la Moselle et la Meurthe ou mieux les Vosges. En fait, le débarquement de Provence du 15 août les contraint à une demi-mesure: pour recueillir les éléments venant du sud et du sud-ouest, ils prévoient une organisation défensive sur la Marne et sur la Meuse. Le général Patton, commandant la 3e Armée américaine dont fait partie la 2e DB du général Leclerc, ne leur en laissera pas le temps...

 

Ces deux généraux sont des cavaliers de très grande classe qui ne cessent de voir au-delà de l'objectif qui leur est assigné. Par-delà la Meuse, objectif qu'Eisenhower lui a fixé, Patton voit le Rhin et pour l'atteindre au plus tôt, il doit empêcher les Allemands de s'installer sur la Marne et sur la Meuse. Il lui faut aller vite, très vite. Et, détail que Rommel a appris aux Alliés, il importe de s'intéresser autant aux blindés de l'ennemi qu'à ses dépôts d'essence. C'est ce que feront Patton en Champagne et Demetz à Autun. Un litre d'essence pris à l'adversaire en vaut deux: c'est un litre de plus dans les soutes alliées et un litre de moins dans les soutes allemandes. Mais qui dit vitesse dit prise de risques.

 

Tandis que les éléments de tête de la 3e Armée se trouvent sur la Meuse et à Contrexéville le 11 septembre, la division d'infanterie qui couvre son flanc sud est encore dans la vallée de la Loire. D'où l'importance de la tâche que Patton confie aux maquis: couvrir son flanc sud dans l'Aube et dans le nord de la Haute-Marne. Les forces franco-américaines débarquées en Provence, le 15 août, ont libéré Marseille et Toulon. Elles poursuivent, dans le sillon rhodanien et dans les Alpes, la 19e Armée allemande du général Wiese. Celle-ci mène une manoeuvre en retraite remarquable alternant coups d'arrêt et repli sans rien abandonner d'important derrière elle.

 

Henri Dutailly

LVDC / n° 1698

 

Fin de la première partie. A suivre: l'aide précieuse des maquis.

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